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 Bob Dylan - Part IV - No Time To Get Away

Bob Dylan - Part IV - No Time To Get Away

par Milner le 25 septembre 2007

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 Le régime lent des mécaniques qui durent

C’est précisément en 2000, année symbolique par excellence, que le barde réapparaît avec Things Have Changed, un titre présent sur la bande originale du film Wonder Boys, qui lui vaudra de nouvelles récompenses de la part des professionnels de l’industrie du spectacle, un Grammy Award et un Oscar. En parallèle, il commence à se pencher sur l’écriture de ses mémoires et sur de nouvelles compositions en vue d’un prochain disque. Et quoi de mieux pour faire patienter les fans que

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cliché promotionnel pour la parution de « Love And Theft » (2001)

de publier une nouvelle compilation avec le doublement The Essential Bob Dylan, rétrospective assez fidèle de quarante années au service de la musique. Après quatre années d’attente, Dylan refait parler de lui, au moment que choisit l’Amérique pour s’engager de plein pied dans la guerre contre le terrorisme religieux au Moyen-Orient. Visionnaire. Prophétique sans aucuns doutes. « Love And Theft », vaste panorama de la musique américaine selon son auteur, est la vision la plus détendue de l’artiste depuis Nashville Skyline paru en 1969. Paradoxalement, c’est en revenant sur le devant de la scène et en cassant les codes qu’il parvint à distancier son art et à se libérer des contraintes dans lesquelles il s’était enfermé dans le passé.

On sent que l’homme n’a plus de comptes à régler avec la société et ses détracteurs et qu’il propose un disque pour plaire à un nouveau public. Et ce mélange de pré-bop jazz, ballades folk, blues du Delta et rockabilly dansant sont de charmantes vignettes qui figent la musique du disque dans une sorte d’hommage à ses amours de jeunesse. Le rock n’est plus depuis bien longtemps un outsider marginal du show-biz, il en est devenu l’un des produits les plus rentables, en Amérique du moins, et qui plus est lorsqu’une légende refait de nouveau parler d’elle. D’ailleurs, le chanteur si discret et méfiant jadis est devenu aimable, causant et disponible comme s’il sentait que la fortune considérable et la notoriété acquise depuis tant de temps n’était que le fruit du hasard et qu’il voulait s’en expliquer. « Je n’ai pas choisi de faire ce que vous me voyez faire, disait-il. J’ai été choisi. Si j’avais été consulté, j’aurai préféré être scientifique, docteur, ingénieur. Des gens que j’admire vraiment. Je n’admire pas les gens du spectacle. »

Au bout de ce long et étrange chemin qui a servi à la maturation de ses deux derniers albums, le propos de Dylan a repris une dimension humaine et l’esprit et le cœur n’en sont que plus palpables. Cela en soi mérite déjà un certain respect car cette constatation prouve qu’il a su évoluer suivant cet esprit original et en assumer les conséquences, au lieu de rester prisonnier de concepts qui n’avaient de sens que dans un contexte précis (l’antagonisme Est/Ouest) et n’est plus aujourd’hui, objectivement, qu’une nouvelle génération de clichés réactionnaires.

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The Never Ending Tour en Australie (2003)

Entre disques commémoratifs et compilations en tout genre, le nouveau millénaire sera régulièrement abreuvé de ces témoignages musicaux rappelant l’importance de Dylan. Il apparaît même à l’affiche de Masked & Anonymous en 2003 au casting incroyable mais qui rebuta les critiques du septième art de l’époque. Le premier volet de son autobiographie Chronicles : Volume One (les autres paraîtront à intervalles réguliers) paraît en 2004 et est un petit bonheur pour tous les dylanophiles de la planète. L’impression de s’immiscer dans le quotidien le plus banal ou fantasque du barde folk, lançant par moment des œillades grivoises à ceux qui l’ont suivi depuis tant d’années est pour beaucoup dans le succès critique de cet ouvrage. Une longue interview est même accordée pour la réalisation du documentaire de Martin Scorsese No Direction Home en 2005, sa première depuis vingt ans. Un regain d’intérêt est de passion ressurgit inévitablement en parallèle à The « Never Ending Tour », la tournée en place depuis la fin des années 80 qui continue de se produire aux quatre coins du monde, dans ces endroits où peu de gens ne s’arrêtent véritablement. Comprenant le bassiste Tony Garnier et le multi-instrumentiste Larry Campbell, la performance est devenue historique puisque depuis le retrait de la scène de B.B. King en 2000, Bob Dylan est probablement le dernier artiste majeure à jouer et chanter en concert à fréquence aussi régulière et importante, bien qu’il s’en défende. Après tout, tant que le public se masse chaque soir pour le voir, il n’y a pas de raisons d’abandonner le cirque Dylan.



[1Sources :

MAGAZINES

  • Rock & Folk

LIVRES

  • Heylin C., Dylan, Behind The Shades, Summit Books, 1991
  • Vanot S., Bob Dylan, Librio, coll. : « Musique », 2001.

SITES WEB

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