Concerts
Danko Jones

Paris (Elysée Montmartre)

Danko Jones

Le 6 novembre 2010

par Sylvain Golvet, Thibault le 9 novembre 2010

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Vas-y Danko, montre-leur aux jeunots.
© Duffman

Aah, ces premières parties ! Ces fameuses premières parties en forme de torture, ces never-has-been qui nous les brisent, ces chansons qui ne ressemblent à rien. L’immense majorité du temps, voici à quoi s’apparentent ces moments durant lesquels le défilement des minutes se dilate. 5 secondes « normales » = 1/2 seconde « première partie ».

Mais parfois, il y a de bonnes surprise. Enfin, non, c’est faux, ne croyez pas les gens qui disent ça, il n’y a JAMAIS de bonne première partie lorsque la tête d’affiche a des allures de bonne première partie d’un vrai bon groupe. Donc, en ce qui nous concerne, le très sympathique Danko Jones étant la première partie idéale pour AC/DC ou Metallica, inutile de dire que sa première partie à lui était... comment faire part de ces instants même pas interminables ? Il y a pire que les piètres formations qu’on jette en pâture dans l’enfer du pré-show, il y a les groupes même pas suffisamment à l’aise dans leur médiocrité pour seulement nous barber.

The Young Guns fait partie de ces groupes. S’il faut absolument écrire quelque chose à leur sujet, c’est parce qu’il serait vraiment bête de se priver d’une des innombrables et délicieuses raisons qui font que, chaque matin, on se lève rassuré sur sa modeste condition d’être humain moyen occidental, pourri gâté et auto-flagellateur : « boarf, il est midi passé, j’ai une vie qui va je ne sais où, je glande à mort, mais bon, les Young Guns sont bien pires que moi !!! » Assister à un de leurs concerts, c’est un peu comme regarder un épisode de Confessions Intimes, ça fait du bien à l’égo.

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Young Guns, rebel-sensible style.
© Duffman

Les Young Guns, ce sont cinq types qui ressembleraient à n’importe quel sous-sous-sous-Good Charlotte (slims, tee shirts sans manches et moulants) s’ils ne montaient pas sur scène en esquissant une chorégraphie très crabcore, tous parés de fines moustaches qui fleurent bon le duvet pubère tout frais. Des emos à moustaches, oui. C’est épouvantable. Enfin, tous ne portent pas la moustache, non, le second guitariste est propre, lui, mais c’est normal, il fête ses douze ans dans quinze jours. Il se distingue néanmoins par une coupe de cheveux unique en son genre, presque rasée sur le côté et avec un dégradé depuis l’arrière du crâne vers le front qui s’achève dans une immense mèche filasse à faire pleurer de jalousie Nicola Sirkis.

La section rythmique, enfin, le type (dont la mèche cache un embarrassant début de calvitie sur le haut du crâne) qui tape comme un sourd sur ses bidons et le poupon barbouillé qui fait semblant de jouer de la basse, sent méchamment la graisse acnéique due à l’abus de Taco Bell et se la joue machos sensibles. Quant au chanteur, mon dieu, le chanteur...

Si l’on était sympa, on lui trouverait un faux air du Gabriel de Six Feet Under... Mais comme on est pas sympa, on penche plutôt pour un petit cousin emo du Hipster Hitler. Souvent, l’affreux jojo chante une main sur le cœur pour montrer que non content d’en avoir une grosse, son college rock a aussi des sentiments. Avec beaucoup de chance, il assurera sa postérité dans quelques années en composant un single pour le générique de Saw 72.

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Yeahhhhh !
© Duffman

Trêves de bêtises, venons en au consistant. Dieu sait s’il n’est pas évident d’occuper le créneau du rock’n’roll crétin mais qui fait du bien, avec son lot d’histoires plus que salaces, de bières bon marché et de sueur sans passer pour un ringard fini qui n’arrivera jamais à la cheville d’AC/DC. Combien de groupes de salles de fêtes qu’on peine à supporter lorsqu’ils animent l’anniversaire d’un copain ? Il est encore moins évident de déterminer ce qui distingue le lourdingue et ses mimiques ennuyeuses du mec adorable que vous appréciez dès qu’il apparait, et encore davantage dès qu’il ouvre la bouche.

A l’instar de Jesse Hughes, Danko Jones séduit par sa bonne tête, par son humour et sa générosité. Bien sur, l’homme est un showman ultra pro qui connait son affaire et sa répartie est le fruit d’un long travail. Et pourtant, c’est tout bête mais ça fonctionne sans aucun accrocs. Le frontman saisit la balle au bond, échange avec son public, fait le pitre sans avoir l’air d’un guignol. Inutile de citer toutes ses vannes, tous ces instants d’hilarité et de plaisir, ils n’ont de force et de sens que dans la beauté de la situation. Il faut aller voir Danko Jones sur scène, passer une très bonne soirée entre potes, se marrer, se défouler, c’est moins cher qu’Airbourne et encore plus jouissif.

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Danko Jones
© Duffman


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