Portraits
Eels, these are not end times

Eels, these are not end times

par Efgé le 1er juin 2010

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

L’album suivant, Souljacker, porte encore les stigmates, certes de moins en moins visibles, du deuil de E. Les premières chansons qui figurent sur cet album ont été écrites en 1998. A l’époque, Mark décide qu’il a besoin de repos et part, tel un moine bouddhiste, en retraite spirituelle pendant 10 jours au fin fond de la forêt. Les règles que doit suivre le groupe auquel E se joint sont strictes : ne pas parler, ne pas lire et ne pas écrire. Bien sûr, Mark abandonne très vite ces préceptes. Durant ses longues plages de méditation, il lui revient en mémoire un fait divers datant du milieu des années 90 : l’arrestation d’un serial killer qui se vantait non seulement de tuer ses victimes, mais aussi de voler leur âme – littéralement, un souljacker, donc. Il explique alors que, de son point de vue, la métaphore s’applique à tout un peuple « privé d’âme » par une société de distractions et de consommation : « It seemed to me that there were just too many distractions and that people were losing heir souls because they had no way of knowing what they had in the first place.” Mark écrit ainsi la chanson qui allait devenir Souljacker Part II, caché dans les toilettes, avec un stylo emprunté on ne sait où et sur… du papier hygiénique.

E avait prévenu : après Daisies…, il ressentirait à nouveau le besoin d’hurler dans un micro. Effectivement, Souljacker est musicalement l’exact contraire de Daisies…. Tantôt se tournant vers des accents hard rock (notons ici l’influence de John Parish, guitariste de PJ Harvey, rencontré par E sur le plateau de Top of the Pops), tantôt vers des expérimentations hip-hop (That’s Not Really Funny, Fresh Feeling), l’album est nettement plus rêche en apparence – un peu comme la longue barbe qu’E aborde désormais. L’album, prévu pour sortir en septembre 2001, sera d’ailleurs repoussé jusqu’au printemps 2002 – les barbus étant assez mal vus à l’époque, particulièrement dans les aéroports. A l’époque, la mort frappe à nouveau l’un de ses proches : sa cousine Jennifer Lewis est hôtesse de l’air dans l’avion qui s’écrase sur le Pentagone, le 11 septembre. Si E se tourmente encore, il préfère tourmenter les autres – comme dans la vidéo du single Souljacker Part I, réalisée par Wim Wenders et dans laquelle apparaît Molly Luft, célèbre prostituée et icône de la culture trash allemande, ici dépeinte en gardienne de prison pas vraiment avenante.

 TIRER UN TRAIT SUR LE PASSE

En 2002, My Beloved Monster, extrait de Beautiful Freak, figure sur la bande originale du premier volet de Shrek. Après une tournée mondiale en compagnie de John Parish, du bassiste Koool G Murder et de Butch, et la sortie d’un nouvel album live, Electro-Shock Blues Show, un nouvel opus parait en 2003 : Shootenanny !, collection de chansons enregistrées en 10 jours dans un studio par E et sa formation. La même année, Butch quitte Eels, pour de sombres histoires d’argent semble-t-il. Il est remplacé aux fûts par Puddin’.

L’année 2004 est consacrée à la gestation de trois œuvres : grâce à celles-ci, Mark compte tirer un trait sur son passé douloureux et sur l’influence de sa vie privée sur son œuvre. Enfermé dans son studio, il n’en sort que pour offrir la chanson I Need Some Sleep au réalisateur du film Shrek 2, et pour participer à l’album hommage à Daniel Johnston, The Late Great Daniel Johnston. Pendant ce temps, son label DreamWorks est vendu à Universal, qui distribuait déjà les albums d’Eels, et le groupe est hébergé par le label Vagrant.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom