Portraits
Eels, these are not end times

Eels, these are not end times

par Efgé le 1er juin 2010

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Au fond de sa cave, Mark met la touche finale à un projet né plusieurs années auparavant : le double album Blinking Lights and Other Revelations, qui sort en avril 2005. Un album de 33 chansons, agrémenté d’un livret rempli de photos de familles, dans lequel E parle de Dieu, de la manière de rebondir après avoir surmonté une épreuve, mais aussi de la vie : « It’s a love letter to life itself, in all its beautiful, horrible glory ».

Quelques années plus tard, les problématiques liées à Electro-Shock Blues reviennent, mais il n’est pas uniquement question de maladie ou de deuil. La veine autobiographique ressurgit : Mark nous conte sa naissance (From Which I Came / A Magic World), ses rêveries de petit garçon (Blinking Lights for Me) ses relations compliquées avec ses parents (Son of a Bitch)… Mais aussi, à l’âge adulte, la difficulté de vivre au quotidien après le décès de ses proches (Suicide Life, Understanding Salesmen, The Stars Shine in the Sky Tonight), l’inadaptation à vivre au milieu de ses semblables (The Other Shoe, To Lick Your Boots), les ruptures amoureuses (Last Time We Spoke, la sublime I’m Going to Stop Pretending that I Didn’t Break Your Heart). En guise d’inspiration, Mark avoue s’être plongé dans la filmographie d’Ingmar Bergman. Le E tantôt bondissant de Beautiful Freak, tantôt menaçant de Souljacker a cédé sa place à un homme ayant atteint la quarantaine : ce n’est plus l’âge des déguisements, maintenant les seules fantaisies que Mark s’accorde sont un cigare et un verre de whisky à l’occasion.

Non, pas besoin de prendre un Valium à l’écoute de ce disque : E façonne aussi quelques-unes de ses meilleurs chansons pour secouer la tête, Old Shit / New Shit et surtout Hey Man (Now You’re Really Living). Il y a même une danse de l’été, concoctée par le cerveau tordu d’E : Going Fetal, bombinette pop portée par les cris de bébés de Tom Waits, l’un des héros d’E (sa contribution à l’album se résumera finalement à ce seul morceau).

Avec la dernière chanson de l’album, Things the Grandchildren Should Know, E conclut l’album à la manière d’un testament : Mark met les points sur les « i », et évoque sa vie d’aujourd’hui, loin des clichés qui le comparent parfois à un asocial ou à un éternel nostalgique :

It’s not all good and it’s not all bad
Don’t believe everything you read
I’m the only one who knows what it’s like
So I thought I’d better tell you
Before I leave
[...]
So in the end I’d like to say
That I’m a very thankful man
I tried to make the most of my situations
And enjoy what I had
I knew true love and I knew passion
And the difference between the two
And I had some regrets
But if I had to do it all again
Well, it’s something I’d like to do

Eels entreprend une tournée mondiale de deux ans, qui engendrera deux albums lives résolument contradictoires, le symphonique et classieux Eels With Strings et le très rock Eels – Live and in Person – No Strings Attached, ainsi qu’un DVD, Live at Town Hall. En 2007, Mark s’enferme à nouveau chez lui, pour mettre la dernière touche à son autobiographie, intitulée elle aussi Things the Grandchildren Should Know, qui paraît en 2008. La musique passe au second plan – E prendra seulement le temps d’écrire la chanson Royal Pain, qui figurera sur la BO de Shrek 3.



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