Portraits
Eels, these are not end times

Eels, these are not end times

par Efgé le 1er juin 2010

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L’écriture du livre est, comme il le confesse dans une interview promotionnelle à Vanity Fair, « la chose la plus difficile que j’ai jamais réalisée ». Un documentaire pour la BBC suivra en octobre de la même année : Parallel Worlds, Parallel Lives, qui lui permettra de replonger dans l’œuvre de son père et de lui pardonner définitivement ses fautes (« No matter how much you try to rebel against your parents, genetically, you are them in a lot of ways. And the older you get, the more you identify with them – in my case certainly”). Dans le film, on peut le voir notamment écouter, les yeux embués, la voix de son père enregistrée sur des cassettes audio, et, en bruit de fond, le bruit de la batterie sur laquelle il s’entraînait enfant. Peter Byrne, le journaliste avec qui E a enquêté, publiera un livre quelques années plus tard, intitulé The many worlds of Hugh Everett III : multiple universes, mutuel assured destruction and the meltdown of a nuclear family.

En 2008, toujours pas de nouvel album à l’horizon, mais un best of, Meet the Eels : Essential Eels Vol. 1, accompagné d’un CD rassemblant faces B et autres raretés, Eels Useless Trinkets. E reprend également la route, accompagné d’un seul autre musicien, The Chet.

 LOVE AND DESIRE

Quatre ans se sont écoulés depuis Blinking Lights and Other Revelations, et Eels ne publie aucun nouvel album. Enfin, le 2 juin 2009, Hombre Lobo déboule dans les bacs. Surprise : on retrouve E gratifié d’une barbe hirsute, comme aux plus belles heures de Souljacker. Mais si, à l’époque, le but d’Everett était de flanquer la trouille à ses congénères, ici, le loup-garou dont E revêt le costume est animé par de plus nobles sentiments (l’amour, encore). Enfin, plus ou moins nobles (le sexe). Huit ans plus tard, explique-t-il, le Dog Faced Boy de Souljacker (qu’on pourrait traduire par « le garçon à visage de chien ») s’est transformé en « un vieux loup-garou excité ». D’ailleurs, selon lui, la barbe, ça rend les filles dingues (« Contrary to popular belief, it drives the ladies wild », interview à spinner.com). L’ambition déclarée d’Everett est de remettre du cul dans le rock : « It occurred to me that something that seems to be lacking from so-called indie rock these days are the elements of danger and sex. I thought, it’s time to bring a litte bit of that back into the mix” (Vanity Fair, août 2009).

Le loup-garou, qu’E décrit comme “une petite fleur delicate sous les poils”, va ainsi, durant les douze pistes de l’album, tenter de séduire l’élue de son cœur, par autant de stratagèmes que l’album compte de chansons. Dans Beginner’s Luck, il lui demande officiellement sa main – on ne sait si la fille accepte, en tout cas l’album se clôt par une ballade plutôt désabusée, No Ordinary Man. Mais la réussite, ou non, de l’entreprise, n’est pas l’objet de l’album : « This album is about wanting the girl – it’s not about getting the girl. We don’t know what happens after the last song”.

Hombre Lobo est, comme à l’accoutumée, encensé par la critique : aux sons parfois élégiaques et aux orchestrations élaborées de Blinking Lights…, succède un bon vieux blues-rock enfiévré que mène un combo guitare-basse-batterie. Back to the basics.



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