Portraits
Eels, these are not end times

Eels, these are not end times

par Efgé le 1er juin 2010

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Changement total d’atmosphère moins d’un an après, quand, en janvier 2010, sort End Times. Durant l’hiver, les critiques préviennent : attention, Everett va sortir un album triste comme un dimanche de pluie dans la banlieue de Maubeuge, car il s’est fait larguer comme une vieille chaussette. E réfute cette hypothèse ; il évoque un album concept, un « album de divorce », dans lequel l’artiste met en parallèle la perte d’un être cher et la déliquescence du monde qui nous entoure – ce que Mark résume plus prosaïquement dans une interview à Mojo en avril dernier : « A shitty romantic time in your life and just a shitty time in the world ». Enregistré en ermite dans sa maison de Los Angeles, l’album prend, encore une fois, le contre-pied de son prédécesseur : Hombre Lobo évoquait ce qu’il se passait « avant » la relation, End Times parle de ce qu’il y a « après » : les souvenirs (The Beginning), la douleur (In My Younger Days), la rancune (Unhinged), la difficulté de fréquenter à nouveau le monde extérieur (Nowadays). L’avant-dernière chanson, Little Bird (Mark est définitivement un ami des bêtes) est juste belle à pleurer ; le message est simple, peu importe à quel point vous êtes en colère contre votre ex, peu importe que vous sachiez que la séparation était la meilleure solution, vous ne pouvez rien faire, car, tout simplement, il (ou elle) vous manque. Mais Mark en a vu d’autres, et, il le promet, il s’en relèvera, comme il le dit dans On My Feet :

I am a man in great pain over great beauty
It’s not easy standing on my feet these days
But you know I’m pretty sure
That I’ve been through worse
And I’m sure I can take the hit

Dans ses interviews promotionnelles, Everett a avoué avoir ressenti de la culpabilité, à cause du silence de quatre ans qui s’est écoulé entre Blinking Lights… et Hombre Lobo. « Je veux rattraper le temps perdu », disait-il. Pourtant, il n’y a pas de quoi : si l’on compte ses albums solos, les lives et les compilations d’Eels, Everett aura publié la bagatelle de 19 albums en 17 ans – et ça n’est pas fini : le successeur de End Times, Tomorrow Morning, est annoncé pour le mois d’août, clôturant la trilogie entamée avec Hombre Lobo. Musicien à temps plein, c’est son job, un boulot d’artisan, sans les affres de la gloire ni les blessures du passé. « Je peux me moquer de tout : des pop stars qui jouent leur rôle, des medias, de moi-même, mais je ne peux pas de moquer de la musique. La musique m’a sauvé la vie ».



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom