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Impayables Inrockeries

Impayables Inrockeries

Revue de presse #1

par Thibault le 7 octobre 2010

« I, play the game ’til I’m dead, or on a magazine. I wanna look like I’m dead, dancing on strings. I eat the food when it’s there, make a mess of things. Get that blood, everywhere. But keep that blood, off my face. » Era Vulgaris - Queens of the Stone Age (2007)

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Superbe. Phénoménale. Grandiose. Extraordinaire. Les superlatifs manquent pour décrire cette foire au lolwut qu’est la campagne de publicité des Inrocks à l’occasion du lancement de leur nouvelle formule. On peut néanmoins la qualifier sans hésiter d’absolument « décomplexée ». Fantastique, les Inrocks 2.0 entérinent la gôche décomplexée, celle qui a pignon sur rue pour exposer sa férocité trop impertinente - genre gueuler au scandale parce qu’il n’y a pas assez de noirs aux Oscars (parlez en avec L’Ouvreuse, elle se fera une joie de vous raconter tout ça).

Cependant, ne comptez pas sur Inside Rock pour faire une crise de Causeurite aigüe [1], à grands coups de citations de Muray lues sans les comprendre et d’homo festivus dans tous les sens. Partant du principe que tout ceci n’est que racolage éhonté, bêtise profonde, qu’il vaut mieux laisser patauger ces petits cochons dans leur boue en riant d’eux, et que seuls quelques élèves en première littéraire mouilleront leurs culottes devant une telle tambouille haute en khûlture, subversion et fibres (ça facilite le transit), nous autres esprits goguenards prenons le parti d’en rire à gorge déployée.

Ainsi, quand les Inrocks vont chercher ce pauvre Rimbaud, qui n’avait rien demandé à personne et était bien tranquille dans son coin, pour cautionner avec une maladresse nonpareille un jeu de mot d’anthologie...

...notre graphiste maison, l’inarrêtable Duffman, confectionne dans la foulée une petite parodie... Nous autres rabelaisiens sommes bien évidemment des experts de la matière humaine, et plutôt que d’utiliser une plume d’oie (ça chatouille cette connerie), nous conseillons aux Inrocks de se pencher sur les différentes vertus de leurs pages incroyablement polyvalentes - mais pas suffisamment pour faire des cocottes en papier, hélas.

« Je te dis pas que c’est pas injuste, je te dis que ça soulage ! » Mais voilà, ces petits gougnafiers en redemandent ! Regardez donc leur dernier forfait, la touche finale, la « noix de coco sur le kebab » (©Pimp My Ride).

C’est que ça s’organise, la Révolution, le Grand Soir ne s’improvise pas. Alors on opte pour une gestion du temps quasi fordienne, aux petits oignons, tout tient à la bonne case. On imagine sans mal les douces mamans servir le petit déjeuner à leurs petiots en leur ébouriffant les cheveux avant qu’ils partent. « Allez, finis ton bol, il faut prendre des forces pour la révolution ! », « Tu as vérifié ton cartable ? La semaine dernière tu avais encore oublié ton cocktail molotov ! », « Ne rentre pas trop tard, et arrête de trainer avec les jeunes palestiniens, tu t’attires toujours des ennuis avec ceux là. »

Et au retour, lorsque le jeune, oh le joli mot, s’installe devant la table familiale où l’attend son Kinder Bueno déjà déballé par sa chère môman : « Comment s’est passée ta journée, mon poussin ? - Comme tous les mardis m’man, on avait atelier barricades à 10h et lecture de Chomsky l’après midi, mais j’ai toujours du mal à comprendre... - Tu t’es inscris au soutien comme je te l’avais demandé ? - Boaah, ça fait trop chier m’man... - Cesse de dire des grossièretés ! - Pfff, de toute façon je sais bien que tes réprimandes sont l’expression de ta frustration petite bourgeoise... - Quoi ??? Tu sais bien que ce genre de rhétorique blanquiste n’a pas droit de cité dans la maison !!! »

Sacrés Inrocks... Comme le disait si bien l’ami Lino dans Cent Mille Dollars au Soleil « je vous foutrai bien mon poing sur la gueule, mais vous iriez encore vous prendre au sérieux ! » Autant se resservir à boire et continuer à se taper sur les cuisses.

La rédac’ d’Inside Rock face à la chute sans fin de la presse française, ça les empêchera pas de finir leurs verres.


[1LE lieu de rencontre de toutes les têtes de neuneus qui jouent aux Don Quichotte anars de droite.

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