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Interview Naive New Beaters

Interview Naive New Beaters

par Emmanuel Chirache le 28 février 2011

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IR : Et c’est quoi une journée de boulot pour David Boring ? tu te lèves à 8h du mat’ ?

DB : (rires) Salaud ! j’avoue que j’ai un problème avec le sommeil et je me lève toujours tôt, autour de 8h30-9h. Si à 10h je suis encore au lit, je culpabilise ! Ma mère est insomniaque, du coup j’ai beaucoup regardé William Leymergie quand j’étais ado... Bon, le matin, chaque membre du groupe fait ses petits trucs de son côté, puis on se retrouve autour de midi, et on se quitte le soir. La journée, on se pose sur le canap’, on écoute nos trucs et on fait « ha ouais pas mal... t’as une autre bière ? » On dirait pas comme ça mais c’est productif quand même.

IR : Wallace a plutôt reçu des bonnes critiques, alors question très importante pour un critique, est-ce que vous lisez ce qu’on écrit sur vous ?

DB : Grave ! Déjà, de 11h30 à midi, on fait un check sur Internet, on googlise notre nom, on regarde tout. Parce qu’on se kiffe, d’abord, et ensuite on aime qu’on parle de nous. C’est vrai qu’on a eu de la chance, on n’a pas eu de critiques trop dures. Parfois on nous a comparé à du PQ, mais c’était quand même une bonne ambiance.

IR : A propos de bonne ambiance, vous êtes passés à Taratata. Ce n’est pas évident d’y être invité, comment vous avez fait ?

DB : Bah Nagui, c’est mon père. Non, mais apparemment Nagui adore notre titre Wow Now et il voulait absolument qu’on joue celui-là. D’ailleurs je me suis planté dans les paroles, je croyais avoir reconnu un pote dans le public et ça m’a déconcentré, j’ai dû refaire une seconde prise. On avait aussi fait un duo avec Yelle, c’était marrant.

IR : Maintenant, on va parler un peu de David Boring...

DB : Ha, bâtard !

IR : Tu es chanteur américain, mais beaucoup de gens s’interrogent sur l’origine de ton accent...

DB : C’est un accent éclectique, c’est vrai. Ma mère est vietnamienne, et elle ne parle pas très bien français. Mon père, lui, vient du Maroc, donc il n’est pas non plus au top. Ayant personnellement grandi aux Etats-Unis, ça n’a pas facilité non plus ma logique linguistique interne. Attention, ça ne veut pas dire que je ne parle pas d’autres langues, j’adore les langues étrangères. Je parle un peu chinois et très bien l’espagnol, parce que j’ai vécu en Argentine. Allez, je vais me dévoiler : la première fois que j’ai chanté, c’était en espagnol, j’ai fait une serenata pour une fille qui m’avait largué. Je suis allé sous son balcon avec des amis habillés en mariachi. J’avais prévu la totale, un bouquet de fleurs, une chorégraphie millimétrée, mais ça n’a pas marché.

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Quand David veut choper, il sait se montrer romantique.

IR : Quel romantique... tu écoutes quoi en ce moment ?

DB : Un peu de tout, j’ai beaucoup écouté Lykke Li récemment, parce qu’elle va bientôt sortir un disque. Je kiffe son premier album, grave. Un peu Lilly Wood & The Prick j’avoue, parce que ma copine adore. Du hip hop aussi, Theophilus London, Tinie Tempah, c’est assez cool. Un groupe de rock un peu seventies qui s’appelle Harlem Hippies. Et puis Crystal Fighters, il y a des très bons morceaux. Ce sont des Anglais qui se la jouent Espagnols, ça part dans tous les sens, electro, world, rock, etc. C’est un groupe que j’aime bien en ce moment. Sinon, j’ai découvert un groupe génial, c’est peut-être la honte de le découvrir aussi tard, c’est The Grass Roots. Quand j’ai entendu leur chanson I’d Wait A Million Years, les paroles m’ont rappelé un morceau qu’on avait laissé tomber, et j’ai trouvé ça vraiment moderne, avec des sons super bizarres, une sorte de synthé au début qui casse la tête. Celle-là, je me dis que ce serait marrant d’essayer de la reprendre, tu valides ?

IR : Ha oui, j’adore les Grass Roots et j’ai écrit un bouquin sur les reprises, donc je ne peux que vous encourager.

DB : J’aime l’idée de donner une lecture plus actuelle à un morceau. Si tu écoutes les Grass Roots, les chansons sont bien, mais l’esprit est très sixties, donc si tu n’aimes pas ça, tu vas dire « oui, c’est un truc de hippie », et tu vas passer à côté de quelque chose. C’est dommage. En tout cas, si t’as une idée de reprise, tu me le dis, hein.

IR : Ok, ça marche. Tout à l’heure, tu m’as dit que tu n’achetais pas beaucoup de disques, j’imagine que tu télécharges... Est-ce que tu as une position vis-à-vis du piratage ?

DB : Avec les Naive New Beaters, on a une position assez claire : il faudrait sectionner la main de ceux qui téléchargent. Comme ça on marque un grand coup, et ensuite on réfléchit à un truc intelligent. Non, sérieusement, on a toujours copié des cassettes pour se les refiler. Aux Etats-Unis, les ventes de disques n’existent presque plus, tout est digital. Et puis il y a des trucs qui m’échappent : pourquoi pourrait-on écouter en streaming, mais pas télécharger ? C’est curieux. De toute façon, il y aura toujours des gens pour faire de la musique, ça c’est sûr. Il va juste falloir trouver d’autres supports, d’autres façons de faire, c’est tout.

Inside Rock remercie chaleureusement David Boring.



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