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Later with Jools Holland... the funniest of

Later with Jools Holland... the funniest of

par Thibault le 15 novembre 2010

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L’émission britannique Later With Jools Holland se distingue de ses concurrentes par, entre autres, son atmosphère cosy et chaleureuse. Ici, pas de grande scène sur laquelle défilent les musiciens depuis les coulisses, tous occupent un emplacement où est disposé leur matériel, depuis lequel ils assistent à l’intégralité des prestations. Ainsi les Klaxons patientent à côté des Red Hot, tandis que Thom Yorke prend le thé. Mis en confiance, certains musiciens se sentent véritablement chez eux, en font des caisses et proposent des prestations complètement improbables. Bref, du caviar pour les gourmets amateurs de junk-web que nous sommes.

Un garçonnet tout guilleret, aussi viril que Daniel Radcliffe dans Harry Potter à l’École des Sorciers, joue un motif de guitare qu’on croyait interdit depuis les publicités Old El Paso et récite sa comptine comme le premier de la classe de CE1. A ses côtés une asperge se trémousse dans son chandail, pour bien montrer que lui la basse, il connait, la preuve il a presque la même que Peter Hook, le groove, c’est son dada, voyez comme il se dandine. De beaux efforts ruinés par un autiste en anorak, probablement débauché afin de toucher les subventions pour aide à la réinsertion d’enfants battus, car vraiment, on a pas idée de mettre un tel ramolli du bulbe devant un clavier, même jouet, pour pianoter quelques notes, même ridicules. Un peu de décence, s’il vous plait.

Ah, Lou Reed. Déjà jeune c’était pas ça, alors vieillissant. Le voici qui enchaine pitrerie sur cagade, avec une régularité qui met au défi la concurrence, pourtant en forme comme l’atteste cet article. Dans cet extrait daté de 2003, la bique acariâtre remet le couvert avec sa vieille soupe Perfect Day, déjà d’une lénifiante pleurnicherie à l’origine. Le traitement en phase terminale relève de l’acharnement thérapeutique ; pour donner un peu de couleurs à ce qui ressemble bel et bien à un cadavre, Lou se la joue Môssieur, grave et respectable, avec violoncelle funéraire et intervention d’Anthony Hegarty en choriste über creepy et chevrotant. Ça ne fait pas un American Recordings, d’autant plus que chassez le naturel il revient au galop ; Lou montre qu’il n’en a absolument rien à secouer dès les premiers mots. Sans compter ce détail hallucinant qui provoque l’hilarité : c’est quoi ce bonze qui fait du TAI CHI sur la gauche de l’écran ?!?!? Sérieux ?!?!

Tiens, en parlant de chèvre, en voici un qui a reçu toute la panoplie à son anniversaire, de l’organe grinçant qui tressaute et tremblote au déguisement entièrement en poil de biquette tibétaine. Devendra Banhart réussit un exploit, rendre insupportable ce qui est d’habitude insignifiant, quoique que tout de même irritant - le folk minaudeur verveine-relaxation. Il y a tout, les bougies anti-odeurs, le crincrin en mineur de la guitare, l’atmosphère enfumée par l’encens, la capuche à fleurs, le recueillement nouille age, la tempête des passions, l’amour, la vie - tro émouvan - et des respirations entre les vers à la Matthew Bellamy pour couronner le tout.

Doux Jésus que ça racole ! Opération Timbaland chez les Kills, « ah vous voulez du groove, hé, cramponnez vous à vos slims, ça va être classe et lascif, je vous le dis ! » Dont acte : une boite à rythmes fait un ramdam de tous les diables, la mécanique ronronne. Voilà qui permet à Hotel et VV de se concentrer sur leur petit numéro. Mademoiselle joue sa féline mystérieuse, saisit le pied de micro (comment ça symbole phallique ?!?!), maitrise le replacement de mèche d’un mouvement suggestif que n’aurait pas renié les mannequins de l’Oréal, et Hotel, alors lui il est vraiment trop. D’un rageur mais néanmoins nonchalant coup de talon du bout de sa chaussure pointue à 300£ conseillée par Kate Moss, il enclenche un bouton qui fait BANG - tro stylé koi, puis se dandine d’avant en arrière et de gauche à droite comme un manchot empereur avec une guitare.

Regardez le, il a les genoux qui se disent bonjour, tout raide, décontracté cool-blasé, l’air de pas y toucher, « ouais, elle te fait fantasmer VV, hein ? Mais tu sais, quand t’es une rock star comme moi, t’en as cinq comme elle tous les soirs, alors bon... » Voyez, il est tellement serré dans son déguisement qu’il ne peut jouer que sur une infime partie du manche, et encore, trois petites notes dont on se demande bien pourquoi elles n’ont pas été programmées sur cette fameuse boite à rythmes, ce machin qui fait tellement de bruit que ce serait bien le diable s’il n’y a pas de fonction cafetière.



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