Interviews
Medi And The Medicine Show

Medi And The Medicine Show

par Arnold, Giom le 20 décembre 2005

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BS : Tu formes avec ton groupe ce qu’on appelle un « power trio », formule où ce sont illustrés de glorieux anciens comme Hendrix ou Clapton avec Cream. Est-ce en référence à ce passé 60’s que tu as opté pour ce genre de formation ?

M : En fait, au début j’avais plus d’instruments sur scène et je ne jouais pas aussi bien de la guitare. Un jour je suis retombé sur des vieux potes, Olivier et Daniel, qui forment une section basse/ batterie depuis dix ans. Je crois qu’ils ont rarement joué avec d’autres dans ce rôle là. Avec eux, je me suis alors senti en confiance et en plus, je me suis dit, en effet, que ça pourrait rappeler tout ça. Le nom du Medicine Show est venu à ce moment là, mais ce n’est pas vraiment un nom de groupe car il est censé englober tous les gens qui m’ont entouré depuis le début et qui sont un peu éparpillés partout. Le Medicine Show est donc une façon de regrouper tout le monde et en plus ça rappelle un peu le blues qui m’influence toujours beaucoup. Mais en ce qui concerne les concerts, je pourrais difficilement jouer sans Olivier et Daniel. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est d’essayer de renouveler le plus possible les choses. Entre le son du disque et le concert, j’essaye de faire les choses différemment. Par exemple, j’ai joué Yeah Yeah [1] au Bataclan avec une guitare accordée différemment. C’est vraiment ce que je recherche toujours et c’est pour ça que j’aime beaucoup des artistes comme Beck ou Bowie qui, à chaque disque, se renouvellent. Je sais aussi que je ne chante pas du tout actuellement comme je le faisais à l’époque où j’ai enregistré le disque et je suis encore loin de ce que je veux atteindre (rire).

BS : Tu sembles vraiment t’éclater en concert, c’est vraiment ce que tu préfères ?

M : Oui, j’espère vraiment une chose, quoi qu’il arrive, c’est de pouvoir continuer à faire des concerts. Ça changera peut-être, un jour j’aurais peut-être un appartement avec un studio dedans et je serais devenu un malade du son mais en ce moment, je vais à l’album par le live.

BS : Ce qui te plait, c’est le côté partage ?

M. : Je sais pas, il se passe tellement de choses imprévues en live. Mais c’est vrai que le côté partage est important et maintenant qu’on se retrouve à faire des plus grands concerts, je suis encore un peu dérangé par le fait de ne pas connaître ceux qui viennent m’écouter. Dans les pubs, tu peux aller boire un coup avec les gens qui t’ont écouté et qui te disent ce qu’ils ont pensé de ta prestation. Par exemple au Bataclan récemment, j’ai joué devant 2000 personnes. C’était une première partie, personne ne me connaissait. Ça s’est super bien passé et après je me suis retrouvé dans une loge. J’ai pas pu tenir, je suis retourné dans la salle pour parler avec des gens. C’est vrai que le côté partage est important et en plus ça te fait évoluer. Enfin, la musique a de nombreux visages que je n’ai pas encore vu, mais celui là, je ne peux pas m’en passer, ça s’est sûr. Et là, en trois mois, comme on faisait autre chose, j’ai dû faire seulement cinq concerts, ça m’ennuie !

BS : Dernière question que l’on pose à chaque personne interviewée par B-Side, tu es plutôt vinyle, CD ou MP3 ?

M : Plutôt vinyle. Je ne suis pas un malade du MP3, j’ai pas encore le réflexe du téléchargement car le son n’est pas encore assez bon. Mais ça fait tellement de progrès, le jour où le son sera meilleur je prendrai du MP3, comme tout le monde. Enfin, jusqu’à maintenant, j’étais plutôt vinyle.

Ensuite Medi a voté pour les fameux B-Side Awards.

Groupe de l’année : Arcade Fire

Album de l’année : Arcade Fire, Funeral

Concert de l’année : Encore Arcade Fire à l’Élysée Montmartre. C’est vraiment la première fois que j’aime à ce point un groupe que tout le monde devrait aimer. Je pense qu’on va vraiment se souvenir d’eux. Et la façon dont ils finissent leur concert dans le public, c’est vraiment un truc qui vient du blues et que j’adore.

Pochette de l’année : Celle de Franz Ferdinand, je l’adore. On sait tout de suite que c’est eux. On voit les mecs qui sortent de leur Art School. C’est juste formidablement class.

Espoir de l’année : Art Brut, ils me font mourir de rire. C’est vraiment la jeunesse anglaise. J’aime beaucoup leur morceau où ils parlent du moment où ils ont fait un groupe. C’est super de parler de ça. Les jeunes devraient faire des groupes (rire)

Film de l’année : Match Point surtout que je commençais à être fatigué de Woody Allen. J’ai trouvé ça bien de s’effacer pendant tout le film sauf à la fin où tu retrouves tout ce que tu aimes en lui.

DVD de l’année : Le coffret Born To Run de Bruce Spingsteen où il y a un DVD d’un concert de ses débuts avec le E Street Band. Dans sa jeunesse, sur scène ça tuait ! Le mec est à bloc pendant deux heures, il se donne vraiment à fond, c’est formidable à voir.

Come Back de l’année : C’est un come back personnel, c’est Bob Dylan qui est revenu dans ma vie quand je l’ai vu en concert cette année. Je ne l’avais pas suivi dans ce qu’il avait fait récemment, j’étais resté bloqué sur quatre ou cinq albums anciens. Mais de le voir là, qu’il était vieux, qu’il en avait marre. Mais il était tellement Bob Dylan... Après, pendant trois semaines, je n’ai écouté que lui.

Événement de l’année : Je pense que ce sont les récentes émeutes en France. Ça n’a fait que confirmer ce que je n’aimais pas chez quelqu’un. C’est vraiment les mots qu’il emploie que je n’aime pas. Je ne suis pas d’une génération politisée, mais je crois qu’on a pris conscience qu’il y avait un réel problème. On ne peut pas continuer comme ça, on ne peut pas dire à quelqu’un « D’où viens-tu ? » alors qu’il est né en France.

Bide de l’année : Ah oui, Brice de Nice, pour moi qui vient de Nice, c’est horrible de voir un truc comme ça. Là dedans, il y a tout sauf Nice.

L’album de Medi And The Medicine Show sera disponible le 18 septembre 2006 (Exclaim)

Le groupe sera en concert gratuit à La Flèche d’Or (Paris, XXe) le 13 janvier.

Plus d’information sur le site www.moremedi.com



[1premier single écrit par Medi et Vasco

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