Concerts
Metallica

Paris (Bercy)

Metallica

Le 1er avril 2009

par Thibault le 6 avril 2009

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Metallica est le plus grand groupe de metal de tous les temps, tout le monde le sait. Metallica est aussi un groupe de scène hallucinant, les innombrables vidéos live de la formation en témoignent (on conseille au passage de jeter un œil au concert à Moscou en 1991, pour avoir une idée du sens du mot performance). Mais malgré tout, peut-on comparer le Metallica des années 80 et du début des années 90 avec celui des années 2000 ? On craignait un groupe pas à la hauteur de sa réputation légendaire ; James n’a plus toute sa voix, Lars peut-il encore jouer One sans erreurs, on se posait ce genre de questions qui font que c’est en appliquant la méthode Coué (« mais si ça va être génial de la mort qui tue, c’est Metallica, mais si ça va être excellent, mais si ça va être super ») que l’on se rend à Bercy le 1er avril. Et le premier constat en arrivant sur place est de voir que le public de Metallica, s’il est en grande majorité trentenaire, brasse une faune de tous poils. Du gros metalleux affreux avec l’ensemble du déguisement (mon dieu, ces tee shirts, je ne m’y ferai jamais), dont certains s’amusent à faire du grunt en rotant leur bière, du père de famille en blouson, du jeune branleur, quelques couples… Soit la preuve que les ambitions de Metallica ont atteint leur but ; imposer le metal sur une longue période à un public bien plus large que le premier cercle de fans chevelus. La première bonne surprise est de constater une fois à l’intérieur l’installation d’une scène centrale grande comme un court de tennis, impeccable pour que chacun puisse profiter du spectacle comme il se doit.

Vers 19h00 arrive le premier groupe de la soirée, The Sword, dont le set est mal desservi par un son tout simplement infect. Difficile de se faire un avis définitif sur la formation, celle-ci semble honnête mais se répète très rapidement. Les riffs se ressemblent énormément (et évoquent en permanence Metallica, tiens !), le batteur fait le même break à chaque chanson, et on n’entend jamais les parties de lead guitar, noyées dans la bouillie que servent les enceintes de Bercy. C’est au tour de Machine Head de jouer, et leur set souffre d’un son encore plus ignoble (c’était donc possible). A l’entracte un fan du groupe nous confie ne pas avoir reconnu les morceaux alors qu’il les écoute depuis plus de quinze ans ! Il faut reconnaître au groupe un set carré et sans bavures, une certaine présence scénique, mais leur registre limité (double pédale - double pédale - double pédale / cris hystériques) offre peu de choses à se mettre sous la dent quand on considère la mélodie comme autre chose qu’une vague légende urbaine. Durant les trente minutes de pause à la fin de leur passage on fait un tour du côté du stand Guitar Hero Metallica, on devise pour savoir quels morceaux les Four Horsemen vont jouer, etc.

Puis LE grand moment arrive, l’éternel The Ecstasy of Gold s’élève majestueusement, et le quatuor envoie coup sur coup les deux premiers titres de Death Magnetic, à savoir That Was Just Your Life et The End Of The Line, qui sont accueillis par le public avec un enthousiasme non feint. Le dernier opus de Metallica était l’une des très bonnes surprises de l’année dernière, et il ne démérite pas en live, ses chansons étant avant tout faîtes pour la scène. En tout le groupe ne jouera pas moins de six morceaux issus de Death Magnetic, dont aucun ne fera tâche par rapport au reste du concert, même The Day That Never Comes qui laissait assez sceptique sur disque passe parfaitement l’épreuve du live. Malgré tout, six morceaux est sûrement too much, on aurait bien remplacé les bons Broken, Beat & Scarred, The Judas Kiss ou Cyanide par l’excellent All Nightmare Long, quitte à piocher dans Death Magnetic, ou par des extraits de Ride The Lighting, album carrément zappé du show ! Or tous les fans en conviennent, un concert de ‘Tallica sans Creeping Death ni For Whom The Bell Tolls ne peut pas être parfait. Mais ne boudons pas notre plaisir car une set list ne peut être exhaustive, surtout quand le groupe doit choisir à peine vingt chansons dans un répertoire qui compte bien le double de grands morceaux !

D’autant plus que le son est enfin de bonne qualité et que le groupe est tout simplement épatant. James, Kirk, Robert et Lars sont étonnants de facilité, de maîtrise et de présence. Jamais ils ne semblent fatigués ni brouillons, le set de deux heures est assuré sans aucun temps mort ni temps faible, les deux guitaristes et le bassiste occupent l’espace avec aisance, professionnalisme et affichent un véritable plaisir. On a affaire à de vrais showmen, qui savent jouer, avec leurs instruments et avec leur public. Lars ne manque pas une occasion de se lever à la fin des morceaux pour aller saluer la fosse, Kirk épate la galerie en changeant de guitare à la moindre occasion, parfois au milieu même de la chanson effectuée. De son côté James parle régulièrement à la salle, et demande l’air goguenard si certains spectateurs étaient « vierges de Metallica » avant le concert. Le groupe peut bien se permettre quelques vantardises car en plus d’assurer un spectacle sans erreurs, il va également offrir quelques très grands moments, dont un One à vous hanter l’esprit jusqu’au Père Lachaise et un Damage, Inc. violentissime. Sans compter ces instants de pure magie que provoquent les classiques Master Of Puppets, Enter Sandman ou le traditionnel final Seek And Destroy. Autant de morceaux restés inégalés, qui déclenchent une frénésie invraisemblable dans le public. On ressort de ce concert totalement euphorique, simplement heureux d’avoir pu assister à une telle démonstration de puissance et de facilité. Aux dernières nouvelles Metallica est toujours le plus grand groupe de metal de tous les temps, et ça risque de continuer encore longtemps !



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Setlist :

That Was Just Your Life
The End Of The Line
Harvester Of Sorrow
Disposable Heroes
One
Broken, Beat And Scarred
Cyanide
Sad But True
The Unforgiven
The Judas Kiss
The Day That Never Comes
Master Of Puppets
Damage, Inc.
Nothing Else Matters
Enter Sandman
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Stone Dead Forever
Phantom Lord
Seek and Destroy