Concerts
Queens of the Stone Age

Olympia (Paris)

Queens of the Stone Age

Le 23 mai 2011

par Thibault le 25 mai 2011

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Allez, on se calme, on respire et on essaie de parler posément d’un concert qui fut personnellement long et pénible. Quelle étrange sensation de sortir dégoûté du rendez vous musical qu’on attendait le plus cette année avec le souvenir encore frémissant de la claque Them Crooked Vultures l’an passé. Que s’est-il passé ?

Du haut de notre perchoir du balcon que l’on avait rejoint dans l’espoir de profiter un maximum de la musique du groupe - hé oui, il existe encore quelques extraterrestres qui vont à des concerts de rock dans l’espoir d’écouter de la musique et qui rechignent à dépenser quarante euros uniquement pour sauter devant des amplis qui sortent de la bouillie - le son était tout simplement infect. Mais vraiment infect. Fort, brouillon, sursaturé, chiant. C’est simple, le seul moment où l’on a profité d’une chanson fut quinze petites secondes sur Hispanic Impressions durant lesquelles, par on ne sait quel miracle ou accident, on a dégusté une ligne de guitare qui sonnait parfaitement bien avec ses aigus ronds et chantants typiques d’Homme.

La fine équipe d’Inside & cie était séparée entre le balcon (team A) et la fosse (team B), où le son était correct quoique quand même pas brillant selon le détachement délégué. C’est à n’y rien comprendre étant donné que la console sonore et les ingénieurs sont situés au balcon de l’Olympia ! Qui a merdé dans l’histoire ? Les roadies du groupe ? La salle ? Probablement les deux. Depuis 2007 la réputation du son des Queens sur scène va de mal en pis et celle de l’Olympia change selon le sens du vent. Total, un son acceptable pour les pogoteurs du dessous et exécrable pour les esthètes avachis de l’étage. Seuls les premiers se sont amusés du coup.

Ceci dit, quand bien même il aurait joui d’un bon son, le groupe de la première partie était mauvais. The Dough Rollers, quatuor de rockabilly/blues à papa dont on ne voudrait même pas dans une MJC. Complètement coincés, raides, sur la même demie mélodie pendant une demie heure et pas fichus de faire leurs douze mesures sans les planter. Quand on pense aux dizaines de bons groupes qui seraient ravis d’ouvrir pour QOTSA, on se demande comment ceux ci sont arrivés là.

Difficile de passer un bon moment quand on n’entend que la basse, qui étonnamment n’était pas un broyeur à cage thoracique et sonnait plutôt bien. Par contre, niveau guitare, chant et batterie, doux Jésus que c’était vilain ! Le jeu de lumières était digne du spectacle de fin d’année d’une école primaire, avec des espèces de tubes lumineux très tunning qui pendaient depuis le plafond, une sacrée mocheté. Et il y a beaucoup à redire sur l’implication du groupe. La team est partagée à ce sujet. Globalement, ceux qui les ont vus en mode « absolument rien à foutre » comme au concert de L’Élysée Montmartre en 2007 maintiennent que les Queens étaient dans un bon soir. Ceux qui les ont vu à Rock en Seine en 2005, ou même sur YouTube (!) avec les concerts de Glastonbury 2002 ou des Eurockéennes 2005, ou ceux qui ont vu Josh Homme avec les Vultures en juin dernier maintiennent que c’était un show mineur, pas à la hauteur du potentiel de tels musiciens.

Seul Castillo, qui avait de la fièvre en plus, mérite des louanges pour sa dépense physique, son énergie de tous les instants qui sauve beaucoup de morceaux du premier album de l’ennui. Le regarder est un petit spectacle, pas moins. Schuman a fait le boulot, sans plus, quelques passages intéressants mais c’est encore timide. En petite forme, Van Leeuwen a complètement planté ses solos à la Jazzmaster sur If Only ou You Would Know. Ses plans étaient tellement laid (des relents de son copinage avec le forcené du feedback Aaron North) qu’ils arrivaient à percer la cacophonie ferrailleuse pour venir nous piquer les tympans. Affublé d’un charmant col romain, Homme était beurré comme un petit Lu, descendait de la vodka en disant des conneries assommantes entre les titres (« it’s only us against the world tonight », oh c’te facepalm). Son chant est passé du « je suis pas au point mais c’est encore juste » à « je dérape, ça glisse, ouh c’est pas facile » puis « merde, je m’en fous, chantons faux » à l’orée du second rappel. Une ou deux impros commencées et finies à la truelle pour donner l’impression au public qu’il en a pour son argent, beaucoup de gueule et de micros renversés pour faire genre, c’est peu dire que le rouquin n’était pas à son avantage.

« I’m not gonna lie : I’m sick of doing the first record. » De l’aveu même de son leader, le groupe s’est désintéressé de ses prestations en cette fin de tournée européenne (autrement dit la corvée). Il y a clairement un problème dans la manière dont les Queens gèrent leurs concerts. Ils sont cinq musiciens pour jouer une majorité de titres qui ont été composés à deux et que l’on peut interpréter en power trio. Du coup, sur quelques morceaux du premier album, on se retrouve avec un trio Homme - Castillo - Schuman qui joue dans son coin et deux électrons libres, Fertita et Van Leeuwen, qui secouent des tambourins un peu plus loin pour ne pas rester les bras ballants. Autant les faire sortir de scène, ce que faisaient Lanegan et Schneider en 2002 et 2005 lorsqu’ils ne jouaient pas.

Et il y a le cas Dean Fertita. Il ne sert à rien sur cette tournée. Quatre musiciens c’est déjà beaucoup pour interpréter le premier album, et il ne fait pratiquement rien sur les autres titres. Devant Dean Fertita, il y a deux claviers, un lap-steel, des maracas, un tambourin et une guitare. Pour vous dire si le garçon s’active avec tous ces jouets, il a presque toujours le regard ailleurs et une main de libre. L’autre appuie vaguement sur des touches, secoue dans le vide un tambourin, bidouille un peu une pédale... Parfois, il utilise ses deux mains pour doubler les parties de guitare de Van Leeuwen, comme sur le second couplet de No One Knows, on n’a pas bien compris pourquoi faire d’ailleurs. En revanche on comprend pourquoi il était destiné à jouer avec The Dead Weather. On sera fixé sur son véritable apport avec le prochain album mais ça fait bizarre de voir quelqu’un aussi inactif.

Et nom d’une pipe, cette setlist de MERDE ! Le groupe organise une tournée pour défendre la réédition de son premier album, on attendait une interprétation vivante de cet album. Il convenait d’éviter la présentation façon Musée Grévin, chiante et figée. On espérait du sang neuf, des versions surprenantes, que les cinq musiciens s’investissent et s’approprient ce disque qu’ils n’ont pas composé, exception faite de Homme bien sur. Nada, que dalle. Aucun effort. On jette les morceaux en pâture aux fans et on se casse. Ce qui nous amène aux rappels.

C’est là qu’on attendait aussi un ton, une humeur, un parti pris. Caramba, encore raté ! Deux premiers titres pris au hasard sans aucune cohérence (une transition Monsters in the Parasol/Turning on the Screw, dans le genre improbable et malfoutu c’est quelque chose), une bonne surprise (enfin !) avec la très belle Into The Hollow, saccagée par un son immonde, puis le jukebox en mode automatique. Make It Wit Chu bâclée, Little Sister avec un solo foireux de chez foireux (il faut vraiment que le groupe arrête de la jouer pendant un petit moment, c’est plus possible), fin du premier rappel.

Retour avec Go With The Flow et No One Knows. Gé-nial. Trop cool. On aurait dit une session promo chez Virgin Radio. Sérieusement, qui vient les voir pour les entendre jouer ça ? Les Queens savent très bien que ça gênera personne de goûter à Someone’s in the Wolf, The Fun Machine Took A Shit & Died, In The Fade, River in the Road ou I Think I Lost My Headache. Le groupe finit avec l’habituel A Song For The Dead qui cogne pas mal grâce à Castillo mais finit de la plus insupportable des manières : les musiciens font une My Bloody Valentine. Et merde. Les voilà qui jettent leurs pieds de micros comme des puceaux à leur premier gig et sortent de scène en laissant leurs instruments faire du feedback. Pfff...

Bref, il est tant que QOTSA rentre au bercail et passe à autre chose. Il faut qu’Alain revienne, je ne vois que ça.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom