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Remember The Night Parties

Remember The Night Parties

Oxford Collapse

par Béatrice le 14 novembre 2006

3

paru le 10 octobre 2006 (Sub Pop/PIAS)

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Non, Oxford Collapse n’est pas un groupe de récents diplômés de Cambridge qui auraient des comptes à régler avec leurs éternels meilleurs ennemis d’Oxford. Leur origine ne met d’ailleurs pas vraiment en lumière le sens profond de leur patronyme assez sibyllin, puisque les trois jeunes hommes dont il est question ici ont leur QG à Brooklyn, et ont glâné leurs diplômes à l’Université de New York, en trouvant le temps de former un groupe. Ils existent depuis 2001, et Remember The Night Parties est leur troisième long format, tout en étant leur premier sur le label Sub Pop où ils ont rejoint cette année leurs amis de The Constantines. Comme tout groupe estudiantin de Brooklyn qui se respecte, le trio s’est orienté vers un post-punk enfiévré remueur de caves surchauffées. Rythmique tressautante, vocaux étranglés et guitares épileptiques au menu.

La pochette, il faut bien le reconnaître, ne fait pas vraiment “troisième opus d’un groupe de post-punk new-yorkais des années 00”. Pour parler net, elle ne ressemble pas à grand chose, laissant entendre que le groupe ne se prend pas plus au sérieux que ça et a pour but essentiel de se payer du bon temps. Le premier contact avec l’album voit donc le futur auditeur confronté à une collection de photos floues et/ou au cadrage bancal représentant de fringants jeunes hommes dans des maillots de bain aux couleurs criardes, en train de vider une bouteille de Coca affalés sur l’herbe, de ramer dans un canot pneumatique, d’allumer un barbecue ou de jouer les abrutis dans une piscine. De là à dire que l’image de marque n’est pas ce qui préoccupe le plus Dan Fetherson, Michael Pace et Adam Prizer, il n’y a qu’un pas (et encore, petit, le pas).

Mais il faut croire que, contrairement à ce que suggère le livret de leur dernière livraison, ils n’ont pas passé tout l’été à flemmarder au bord de leur piscine, puisqu’ils ont consacré une bonne dizaine de jours de juin dans un studio (de Brooklyn, donc, l’histoire ne nous disant pas s’il est équipé d’une piscine et d’un barbecue) à enregistrer les onze morceaux qui composent leur album de souvenirs des fêtes nocturnes.

Tout commence (relativement) doucement, par une chanson qui se déplie avec un rythme assez lent, entêtante et portée par une voix aérienne qui chante quelques phrases ésotériques (pour conclure en prévenant « il peindra pendant que nous jouerons »). Mais on sent bien que tous les instruments, voix comprises, luttent pour contenir leur envie irrépressible de sautiller et rebondir à droite et à gauche. Ils ne se privent donc pas de se syncoper et de se débrider dès le titre suivant, Please Visit Our National Parks, qui est assez réussi dans le genre morceau surexcité qui surexcite (ou suragace, dans l’hypothèse où on rechercherait un peu de calme). La suite est du même tonneau, dans un joyeux fatras de guitares et rythmiques élastiques où vient se mêler une voix dont il est difficile de suivre les paroles, autant parce qu’elles sont très déformées que parce qu’elles sont suffisamment ésotériques et décousues pour paraître choisies en fonction de leur potentiel sonore plutôt que de leur acuité sémantique.

Le problème, c’est que ça a beau être indéniablement efficace, élastique, rebondissant et entraînant, ça n’en est pas moins un peu brouillon, compact et difficile à suivre de bout en bout sans voir sa capacité de concentration sur la musique fléchir. A la fin de la première moitié du disque, on oublie un peu la musique, par contre, la mouche sur le plafond ou le grain de poussière qui s’agite en rythme sont devenu d’incroyables aimants à attention. Heureusement, Lady Lawyers vient secouer les tympans et les réveiller un peu, leur rappelant que, oui, il y a bien un disque qui tourne dans le lecteur, même qu’il va falloir écrire un article dessus, et de préférence avant la fin de la journée. « And on Saturday, we become La-a-ady Lawyers », entonnent-ils à tue-tête, et à partir de là, ça va mieux. Le trio se laisse aller, s’affaire à sculpter plus finement le monolithe qu’il avait taillé à coups de pioches pendant les premières chansons, et s’avère beaucoup plus rigolo. Une trompette déglinguée termine Kenny Can’t Afford It, pendant que le chanteur autorise sa voix à sortir (un peu) du carcan “musique épileptique-chanteur survolté-voix étirée et maltraitée comme une bande de caoutchouc”, une flûte naïve vient scander le refrain de la pittoresque Molasses, et l’album se clôt sur une énumération de chiffre et de mots sans queue ni tête qui achève de convaincre que, si ce groupe n’a pas sorti l’album du siècle, il n’en avait pas non plus la prétention.



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Tracklisting :
 
01. He’ll Paint While We Play (3’21’’)
02. Please Visit Our National Parks (4’08’’)
03. Loser City (3’54’’)
04. For The Khakis And The Sweatshirts (3’12’’)
05. Return /Of Burno (8’06’’)
06. Lady Lawyers (3’14’’)
07. Let’s Vanish (3’18’’)
08. Kenny Can’t Afford It (2’40’’)
09. Molasses (2’57’’)
10. Forgot To Write (3’01’’)
11. In Your Volcano (3’02’’)
 
Durée totale : 40’53’’