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Ringleader Of The Tormentors

Ringleader Of The Tormentors

Morrissey

par Milner le 4 avril 2006

3,5

paru le 3 avril 2006 (Attack / Sanctuary)

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Pour les déficients cardiaques ou les cœurs brisés, Steven Patrick Morrissey a toujours été d’un précieux secours lorsque les premiers peignaient leur quotidien de noir. Sa voix très émotive et expressive comme c’est rarement permis est l’une des principales caractéristiques de l’ancien chanteur de The Smiths qui, bon an, mal an, depuis la séparation du quatuor en 1987, publie un quota assez conséquent d’efforts solo qui rencontre un véritable engouement en Grande-Bretagne voire au-delà du Vieux Continent (Morrissey est devenu depuis une dizaine d’années l’improbable icône de la communauté de chicanos tatoués de Los Angeles). À n’en pas douter, ce dernier album a de fortes chances de connaître le même succès. Enregistré à Rome avec l’aide du précieux producteur Tony Visconti (acteur principal de la création du glam-rock) et d’un nouveau compagnon d’écriture (Jesse Tobias), Ringleader Of The Tormentors ne transpire plus autant la nostalgie de Londres ou l’art de vivre de Los Angeles que les précédents enregistrements.

À ce titre, I Will See You In Far Off Places débute sur quelques notes arabisantes qui laissent augurer un dépaysement imminent. Nullement, Morrissey s’adonne finalement à ce qu’il sait faire de mieux : de la pop pour mélomanes avec la gracieuse You Have Killed Me ou bien un hymne glam comme Visconti savait les concocter pour Bowie et T.Rex (In The Future When All’s Well, sorte de Get It On des années 2000). Parfois, les titres atteignent des sommets de mélancolie et l’on entendrait presque la pluie et les larmes tomber sur Life Is A Pigsty, superbe titre aux accents synthétiques qui peuvent rappeler un New Order sous acide. Parmi cette désolation audible le long des douze pistes (une phrase telle que « j’ai vu le monde et ça m’a donné envie de gerber » est assez révélatrice), un message d’optimisme est quand même décelable en conclusion de l’album. Sur une rythmique qui s’éveille, At Last I Am Born délivre ces quelques mots : « I once thought that I had numerous reasons to cry / And I did but I don’t anymore / Because I am born ». Histoire de rappeler que le vieux lion rugit toujours et qu’il a survécu à ses blessures...

Plus sage et plus vieux, Morrissey livre un album qui a sans aucun doute sa place dans les meilleures galettes de ce début d’année 2006 et même en ressassant de vieux thèmes sans pour autant les retaper en prévision de la prochaine décennie, il arrivera toujours à étonner son public, un public qui lui doit beaucoup. Bref, Ringleader Of The Tormentors a de quoi combler le fan le plus exigeant de l’un des artistes les plus vénérés de la pop anglaise actuelle.



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Tracklisting :

1- I Will See You In Far Off Places (4’13")
2- Dear God, Please Help Me (5’52")
3- You Have Killed Me (3’08")
4- The Youngest Was The Most Loved (3’00")
5- In The Future When All’s Well (3’54")
6- The Father Who Must Be Killed (3’54")
7- Life Is A Pigsty (7’22")
8- I’ll Never Be Anybody’s Hero Now (4’13")
9- On The Streets I Ran (3’51")
10- To Me You Are A Work Of Art (4’02")
11- I Just Want To See The Boy Happy (2’58")
12- At Last I Am Born (3’33")
 
Durée totale : 50’05"