Interviews
Robert Hancock

Robert Hancock

par Le Daim le 17 avril 2007

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 June Frost en France

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Circular, 1996

IR : Le second album de June Frost, Circular, arrive en 1996. C’est cette année-là que j’ai entendu ta musique pour la première fois, au fond de mon lit dans une chambre universitaire à Nancy. J’avais emprunté le CD à la médiathèque et je l’avais lamentablement copié sur une cassette...

RH : Salauuud (rires) ! Le deuxième album, on l’a fait un peu trop vite je pense... C’est un peu gênant d’en parler.

IR : Comment ça ?

RH : Well... Le concert du Printemps de Bourges c’était le dernier que June Frost a fait avec ce line-up. C’était la fin de notre tournée, et on avait un paquet d’argent, en tout cas une somme importante pour nous, assez pour me permettre de partir en Nouvelle-Zélande prendre quelques vacances. L’australien du groupe (Len Constantini) est aussi retourné dans son pays mais le problème c’est qu’il n’est jamais revenu. Il avait des problèmes de passeport, une copine et n’était de toute façon pas certain de vouloir continuer. Rien qu’à cause de cela il fallait repenser June Frost, parce qu’une partie du public -pas forcément celui que je préférais d’ailleurs- nous suivait pour le didjeridoo. Et puis notre violoniste faisait partie de ces rares musiciens qui deviennent de moins en moins bons avec le temps. Plus on avançait moins elle avait confiance en elle. Au début déjà elle jouait peu de notes, à la fin elle se contentait d’une seule ! Ca devenait chiant... Elle est partie et on s’est retrouvés à trois : basse, batterie, guitare comme au début. Mais je préfère la musique quand elle est bien arrangée, avec des orchestrations riches.

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June Frost en 96
© Rick Wirth

IR : On en arrive naturellement à la fin de June Frost. Qu’est-ce qui s’est passé ?

RH : Tant que tu es un musicien étranger tournant dans un pays différent les choses tendent à bien se passer. Mais dès que tu t’installes, que tu deviens un groupe local ou perçu comme tel par les gens c’est différent. L’accueil n’est plus le même, il y a des petites jalousies...

IR : Vous subissiez donc une certaine désillusion... Il y avait aussi des problèmes relationnels au sein du groupe, non ?

RH : On avait décidé de vivre de notre musique, encouragés par le succès de nos tournées. Mais ça n’était pas si facile, il y avait les factures à payer, il fallait que ça suive ! Les premiers mois on dormait dans le salon de mon copain Sylvain (Jeandemange, musicien du groupe) à Nancy avec ma copine et le bassiste. Après on a habité dans un petit appartement sans eau ni électricité... On récupérait du bois pour faire un peu de feu, on se réchauffait avec du rouge à sept francs la bouteille... Mais nous on trouvait ça rigolo, on était assez jeunes pour jouer aux gitans. So... Après... C’est vraiment difficile d’en parler, tu sais, parce que c’est des histoires d’individus qui ne sont pas forcément jolies tu comprends ?

IR : Okay Robert, pas de problème.

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Wish Me Luck, 1998

RH : En 1997 j’ai pris la décision de partir. Sauf qu’on avait de grosses dettes. Et la pire motivation pour un musicien c’est l’argent... Il fallait qu’on refasse un album et c’est ce qu’on a fait en 98 avec Wish Me Luck. Heureusement on avait avec nous un multi-intrumentiste vraiment doué, Sylvain Jeandemange... Anyway, l’album a été enregistré dans des conditions vraiment pourries mais du point de vue de l’écriture c’est selon moi notre meilleur album parce que je savais que ce serait le dernier.

IR : Qu’est-ce qui te poussait à croire cela ?

RH : Ca devenait de plus en plus difficile de communiquer. Kerry avait de graves problèmes de santé, il déprimait... On a joué une dernière fois à Nancy, étrangement ce fut un super concert peut-être parce qu’on savait que c’était la fin, on a tout donné ce soir-là. Après j’ai voulu laisser derrière moi cette expérience européenne, retourner en Nouvelle-Zélande. J’avais dans l’idée de travailler dans une galerie d’art. Mais sur mon CV la dernière référence à un emploi traditionnel date de 1986, tu vois... J’ai aussi prospecté les cinémas et les radios, mais ça n’a rien donné. Je suis finalement revenu en France, j’avais une bonne raison pour ça puisque j’y avais rencontré celle qui est devenue récemment ma femme.



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