Sur nos étagères
Runnin' Wild

Runnin’ Wild

Airbourne

par Thibault le 24 février 2009

3

Paru le 23 juin 2007 en Australie et le 30 mai 2008 en Europe (EMI).

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« C’est AC/DC ça ». Voici la réaction qu’a eu un ami, pourtant pas très porté sur le rock, au bout de 2,57 secondes d’écoute de Too Much Too Young Too Fast d’Airbourne. « Non, non, c’est Airbourne, mais c’est pareil. » lui ai-je donc répondu. « Putain ouais, c’est exactement la même chose, vraiment. » renchérit-il alors. Ces grrrrandes considérations posées, deux possibilités d’approche de cet album s’offrent à nous. La première, que l’on peut observer ici et là sur le web, consiste en moult génuflexions type « Ouah, trop de la balle c’te skeud ! Les dignes successeurs d’AC/DC mec ! Trop du putain de bon vieux gros son, ça envoie, c’est des bêtes de scène, ils sont trop trop trop forts ! Ça c’est rock, et ouais mon pote ! » L’autre un peu plus lucide, s’oriente davantage vers « mais quel est intérêt de ce disque quand on connaît Highway to Hell, High Voltage, Back in Black ou If You Want Blood (You’ve Got It) ??? » Car Airbourne ne s’inspire pas d’AC/DC, Airbourne fait du AC/DC, tout simplement. Riffs, solos, chant, batterie, basse, production et paroles, TOUT est pompé note par note, mot pour mot, sur l’œuvre des frères Young. Forcément l’intérêt d’un tel album est très limité. Ce qui en agacera certains, qui s’énerveront contre ces passéistes/suiveurs/pilleurs éhontés sans aucune originalité ni personnalité.

Et pourtant, paradoxalement, c’est parce qu’Airbourne pousse cette logique à l’extrême, celle de faire du AC/DC 100% pur jus, et ce sans le cacher le moins du monde, qu’on écoute ce Runnin’ Wild avec un plaisir imbécile, comme celui qu’on aurait en regardant au second degré un blockbuster de super héro qui exploiterait sans honte tous les clichés du genre (le petit gars pas bien dans sa peau, maltraité, qui est élu / se découvre des pouvoirs, affronte son destin, etc.) Runnin’ Wild n’est rien d’autre qu’un blockbuster de hard rock, on connaît tout à l’avance, le refrain en chœur lancé à tel moment, le solo-plus-prévisible-tu-meurs, les paroles tellement éculées que l’on peut finir une phrase rien qu’en connaissant le début. Dès le premier titre, Stand Up For Rock & Roll (rien que le nom ! D’ailleurs, il faut jeter un œil au tracklisting, qui en lui même est une bonne tranche de grosse marade), tout est là, on connaît déjà la fin, et c’est ça qui est drôle ! Oui, drôle, tout simplement. Airbourne assume tellement tous ces clichés qu’on écoute cet album en se marrant d’un bout à l’autre, tout en secouant gracieusement sa masse capillaire. Un album complètement con, sans la moindre once d’originalité ni d’inventivité, mais c’est ça qui est marrant, et raaaah, que c’est bon ! En somme le vrai mérite d’Airbourne est de réussir à rendre fun ce qui est d’habitude plutôt exaspérant, à savoir une musique qui se contente bêtement d’appliquer une formule toute prête et totalement impersonnelle. Alors que la plupart des groupes qui se prêtent à cet exercice virent au ridicule et sont difficilement écoutables plus de trois minutes (exemple typique ; pratiquement tous les groupes de punk pop californien), les prolos d’Airbourne vont encore plus loin qu’eux dans le vrai-faux plagiat, ne cherchent pas à dire « ouais ça c’est notre album, notre son, notre truc » et pondent des trucs crétins irrésistibles comme Too Much Too Young Too Fast ou Diamond in the Rough. Moralité de l’histoire : quitte à faire du « have a good time » copier/coller forcené, autant le faire directement sur les grands groupes (forcément, copier AC/DC ou Bad Religion ne donne pas le même résultat…), et tout leur voler sans vergogne !



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Tracklisting :
 
1. Stand Up for Rock ’N’ Roll (4’01")
2. Runnin’ Wild (3’38")
3. Too Much, Too Young, Too Fast (3’42")
4. Diamond in the Rough (2’54")
5. Fat City (3’26")
6. Blackjack (2’42")
7. What’s Eatin’ You (3’36")
8. Girls in Black (3’16")
9. Cheap Wine & Cheaper Women (3’10")
10. Heartbreaker (3’56")
11. Let’s Ride (3’28")
 
Durée totale : 36’40"