Portraits
Sa Majesté : Queen

Sa Majesté : Queen

par Psychedd, Our Kid, Milner le 23 mai 2006

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

 Smile, Ibex and Co.

L’histoire est en marche mais Queen est bien loin d’exister. L’étape Smile est très importante dans l’évolution des choses, non seulement pour Freddie qui, grâce à Staffell, se lie d’amitié avec leur batteur, Roger Taylor, mais aussi découvre le jeu puissant de Brian May et commence à lui vouer une sorte d’admiration. Il faut dire que ce petit groupe a un potentiel énorme... Bien que semi-professionnel (nos jeunes étudiants ne sont pas encore prêts à franchir le cap), Smile a de l’ambition et un enthousiasme à l’épreuve des balles. Chéri par Brian May, qui met tout son cœur dans ce projet, porté par l’énergie communicative de Roger Taylor, toujours prompt à faire la chouille et dirigé par Tim Staffell qui a des idées très précises quant à son évolution, le groupe va d’abord faire sensation dans le milieu estudiantin. À l’Imperial College bien sûr, puisque c’est là que tout a commencé et qu’en plus May s’y est fait suffisamment de contacts pour permettre à la petite bande d’assurer des premières parties de groupes aussi prestigieux que Pink Floyd, Family ou Yes. Dès la fin de 1968, les membres de Smile s’entourent d’une équipe presque digne de professionnels.

En premier lieu, ils se trouvent un manager, Peter Abbey, un élève dentiste que connaissait Roger, suivi par un ami de Brian, Pete Edmunds, qui les rejoint dans le rôle de roadie. Puis Tim décide de mettre à profit ses études d’art pour créer un logo pour le groupe : un sourire presque carnassier qui n’a rien à envier au futur logo des Stones (vous savez, celui avec la langue...).

JPEG - 37.1 ko
Taylor et le logo de Smile

Selon eux, l’une des plus belles réussite de Smile. Après tout, après avoir envoyé une démo au label Apple des Beatles, la seule réponse qu’ils ont obtenue fut que Paul McCartney aimait leur logo. Est-ce qu’il a aimé leur musique ? L’histoire ne le dit pas... Mais avant les compos, Smile fait surtout des reprises, qu’ils jouent fort et longtemps (parfois plus de 20 minutes). Après tout, l’ambition de Staffell était d’être puissants et intelligents dans la maîtrise de cette puissance (en gros, pas la peine de faire saigner les tympans des pauvres auditeurs). Smile a de l’énergie et le fait savoir : à la suite d’un concert donné le 27 février 1969 (avec Joe Cocker ou encore le Bonzo Dog Dooh Dah Band), une critique du Times (rien que ça !), les qualifie de « groupe le plus bruyant en Occident ». Autant dire que ça en jette pas mal... Les contrats de concerts s’enchaînent et le 19 avril 1969, ils se produisent au Speakeasy. C’est là qu’ils vont être repérés par Lou Reizner, représentant de la maison de disque Mercury (un présage ?). Ce dernier leur propose d’enregistrer un single qui pourrait les lancer sur le marché. Premier problème : le groupe ne fait que des reprises. Mais Staffel a quelques morceaux en stock, dont un appelé Earth et un autre, Step On Me, qu’il a écrit avec Brian à l’époque de leur groupe 1984.

L’enregistrement va se faire aux Trident Studios à Londres, avec une troisième chanson, Doin’ Alright, le tout dirigé par un certain John Anthony, connu pour avoir produit bons nombre d’artistes du label Charisma (Genesis ou Van Der Graaf Generator). Arrive le second problème : les membres du groupes ont signé trop vite un contrat ne concernant que les États-Unis (Mercury n’ayant pas de succursale en Angleterre). Leur single ne paraît donc que de l’autre côté de l’Atlantique, sans pub ni promotion. Une pratique étrange, certes, mais qui avait réussi pour Deep Purple, d’abord édité chez l’Oncle Sam avant de connaître le succès en Angleterre. Un gros coup dans l’eau qui les déprime un peu tout de même. Mais le label ne perd pas le nord et pensant que le format single n’est pas fait pour Smile, il leur propose de faire d’autres chansons en vue d’enregistrer un album. Projet avorté dans un temps record : les démos, enregistrées en septembre 1969 aux studios De Lane Lea, ne semblent pas plaire à la maison de disque qui ne donne pas suite à l’aventure (bien que depuis, une réédition de l’ « œuvre » de Smile ait vu le jour). Profondément écœuré, Staffell annonce sa décision de quitter le groupe, affirmant que l’orientation rock qui a été prise ne lui convient pas. Début 1970, Smile a officiellement splitté et Freddie Mercury se joint à Roger et Brian pour monter leur propre groupe.

JPEG - 17.1 ko
Smile au complet (de gauche à droite : Staffell, Taylor et May)

Il faut dire que Freddie n’a pas eu le temps de chômer pendant que Smile tentait de nager au milieu des requins de la musique. Sorti du Ealing College, un diplôme en poche, il décide d’emménager chez Roger Taylor devenu son grand pote. Tous les deux décident même d’avoir un étal au Kensington Market. Freddie y vend tout d’abord ses œuvres ainsi que celles de ses camarades de fac, mais très vite, ils décident tous les deux de faire de la récupération et de la vente de fringues. Plan qui ne marche pas à tous les coup : un jour que les clients ne se précipitent pas vraiment, Freddie décide de vendre la veste de Roger pour 20 livres, histoire de se payer un ticket de bus. Heureusement qu’on ne se brouille pas définitivement pour une veste... À côté de cela, il prend plus d’assurance et commence même à donner son avis aux membres de Smile quand il va les voir en concert. Et comme il a des idées, il décide de les appliquer pou lui même. Le 13 août 1969, on lui présente un groupe de Liverpool appelé Ibex, venu à Londres, histoire de percer. Il est tellement content de pouvoir enfin mettre en pratique sa conception d’un show qu’il se jette tout de suite dans l’aventure. Le groupe voyage donc jusque dans le Lancashire et donne quelques concerts. Le contraste est fulgurant, Freddie (encore appelé Bulsara) possède un sens inné du spectacle et un charisme, qui, bien que brouillon et naissant, scotchent assez vite ses partenaires et les spectateurs quand il est sur scène. Alors que quand il revient dans les coulisses, il est à nouveau ce gentil gars introverti qui ne moufte pas...

Il existe des bandes sonores d’un des concerts d’Ibex, qui montrent que Freddie à la voix suffisamment puissante pour assurer un répertoire rock à vous arracher la tête : le groupe qui ne fait que des reprises, joue du Cream, du Hendrix (bien sûr) et surtout la dernière sensation qui va bientôt devenir l’une des plus grandes références de Freddie et de ses futurs compagnons de Queen : Led Zeppelin, dont le son de guitare fascine le chanteur en herbe... Tristesse chez les fans : ces bandes sont coupées au moment où Ibex est rejoint sur scène par Brian et Roger. Prenant toujours plus confiance en lui, Freddie décide d’effectuer quelques remaniements dans son groupe. En octobre 1969, il décide de changer le nom d’Ibex et choisit Wreckage au moment où leur batteur s’en va et est remplacé par Richard Thompson qui a officié au sein de 1984. Mais le changement ne porte pas bonheur et le groupe splitte très vite. Décidé à ne pas abandonner, Freddie repère une annonce dans le Melody Maker, où l’on demande un chanteur. Il va passer les auditions et fait un tel carton qu’il est pris sur le chant. Désormais plus sûr de lui, il fait des prouesses avec sa voix puissante et assure des prestations théâtrales qui ne laissent pas indifférents, d’autant plus qu’il possède déjà un jeu de scène qui lui est propre (dont son fameux micro sans pied, résultat d’un « accident » qui se produisit lors d’un des derniers concerts de Wreckage). Ce groupe s’appelle Sour Milk Sea et va très vite commencer les répétitions et se produire à Oxford. À peine deux mois après le début de l’aventure, Jeremy “Rubber” Gallop, le guitariste rythmique, à qui appartient tout le matos, décide de tout remballer.

La boucle est bouclée, en avril 1970, Freddie change son nom de famille en Mercury, nom qu’il trouve de bon présage, et rejoint Brian et Roger, qu’il aide à remonter la pente après le désastre de Smile. Porté par une fabuleuse confiance en l’avenir, d’une joie et d’une motivation communicatives, il redonne l’envie de faire quelque chose de sérieux à ses deux nouveaux compagnons... Également persuadé qu’un groupe doit avoir, en plus de la musique, un aspect visuel non négligeable, il impose peu à peu une image forte et toujours plus théâtrale. Pour achever le tableau il propose un nom pour le groupe : Queen.



[1Sources :

LIVRES

  • Queen, Benjamin Cuq, guides musicbook, 2004
  • Queen la reine du spectacle, Arturo Blay, collection images du rock, La Mascara, 1996
  • Queen l’opéra rock, Stan Cuesta, Albin Michel/Rock & Folk, 1996
  • Queen, Mick St.Michael, Hors Collection, 1995
  • Le Mythe de Freddie Mercury, Simon Boyce, éd. Gremèse, 1997

VIDEOS

  • Freddie Mercury, The Untold Story
  • Music Planet vol 1 et 2, diffusés sur Arte en 1997
  • Champions Of The World, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production for Queen Films, 1995
  • Greatest Flix 1 et 2
  • Magic Years vol. 1, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production, 1987

Vos commentaires

  • Le 21 janvier 2012 à 17:26, par Margaret En réponse à : Sa Majesté : Queen

    J’aime Queen depuis de nombreuses années.J’ai peine pour ce pauvre Freddie, il était jeune pour partir... Bryan, Roger et John chacun dans leur discipline sont sublimes !!!!Ils formaient un groupe hors du commun. J’ai lu beaucoup de livres sur l’un et l’autre, ils restent de grands musiciens. Certes ils ont beaucoup travaillé mais le résultat est là. Je déplore le décès de notre Freddie.

    Queen ts les 4 sont des GRANDS !!!!!!!

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom