Portraits
Sa Majesté : Queen

Sa Majesté : Queen

par Psychedd, Our Kid, Milner le 23 mai 2006

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 As It Began

Queen... Nom presque magique qui provoque pourtant une crise de fou rire pour Brian May et Roger Taylor, puis une étrange sensation un peu inquiétante. Non pas que ça sonne mal, mais il fallait tout de même avoir le cran pour un groupe de garçons de se faire appeler « Les Reines ». Notion déjà homosexuelle, mais aussi trop grandiloquente et exubérante pour Brian qui, une fois sa stupeur passée, se fâche pour de bon. Mais Freddie a des arguments : « J’ai eu l’idée de Queen il y a des années. Ce n’était qu’un nom, mais évidemment, il était royal et résonnait magnifiquement..., c’était un nom fort, très universel et immédiat. Il avait un fort potentiel visuel et il était ouvert à tous types d’interprétations. Bien sûr que j’étais conscient de sa connotation homosexuelle, mais ce n’en était qu’une facette » . Et à cette époque, ce n’est réellement qu’une facette peu importante, car en 1970, Freddie rencontre Mary Austin dont il va tomber éperdument amoureux et qui, comble de la chance, est l’heureuse propriétaire d’une boutique de fringues à la mode... Une fois la tempête passée et le nom de Queen adopté, il est temps de passer aux choses sérieuses. Tout d’abord, trouver un bassiste, ce qui, on va le voir, ne fut pas une chose facile pour nos trois amis. Le premier, Mike Grose, était un ami de Roger (avec qui il avait joué dans les Reaction), qui, non content de posséder un énorme ampli Marshall™, était aussi l’heureux propriétaire d’un van Volkswagen™.

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Queen avec Mike Grose

Ils se produisirent rapidement en concert, à Truro, pour une date originellement prévue pour Smile, le tout pour cinquante livres. Preuve que le courant passe plutôt bien, ils commencent déjà à créer leurs propres compositions, si bien qu’à la date suivante, à l’Imperial College, ils jouent Stone Cold Crazy et Liar. Pour ce concert, Freddie décide de pousser le perfectionnisme jusqu’à dessiner les tickets lui-même, tickets où apparaissait la première mouture de leur logo désormais célèbre. Et même si tout semble bien rouler, Mike Grose préfère quitter l’aventure après le troisième concert...

Durant l’été 1970, Barry Mitchell est recruté pour tenir la quatre cordes. Il va rester environ 6 mois dans Queen avant de lui aussi lâcher l’affaire. Décidément... Ils n’auront pas plus de chance avec le troisième, un certain Doug, qui lui, tient juste le temps de se produire deux fois dans le groupe.
Au milieu de ces problèmes logistiques, le groupe trouve tout de même le moyen d’élaborer des spectacles de plus en plus grandiloquents : les vêtements sont de plus en plus élaborés et ils se ruinent dans les éclairages (leur jeu de lumière est même plutôt bon pour un petit groupe amateur). Plus le temps avance, et plus ils ont l’envie commune de totalement trancher avec la mode chez les musiciens de l’époque : jouer en jeans/T-shirts, tout en regardant ses chaussures, puis quitter la scène sans rien dire. Non, eux, ils veulent du spectacle total et donner des concerts d’où les spectateurs ressortiraient ravis et sur les rotules.

Le 18 décembre, quand on leur annonce la mort de Jimi Hendrix, leur idole à tous, ils lui rendent hommage en jouant Voodoo Chile pendant les répétitions. Roger et Freddie ferment même leur étal à Kensington en signe de deuil. Ces deux-là d’ailleurs, ont besoin de changement : ils habitent dans un appartement avec dix autres personnes et la vie en communauté commence à gravement les gonfler. Freddie cherche et trouve un appart’ à Shepherd’s Bush et, comble du bonheur, la vieille dame à qui il appartient y a laissé son piano. De quoi passer de bons moments entre musiciens. À la fin du mois, leur réputation a tellement grandi qu’ils vont jouer à Liverpool, dans la désormais mythique Cavern.

Fin janvier 1971, dans la boîte du Maria Assumpta Teacher Training College, on présente Brian et Roger à un jeune gars qui joue de la basse dans un petit groupe. Mis au courant de leur détresse face au manque de bassiste, il se décide pour aller passer une audition quelques jours plus tard (savait-il que c’était les membres du groupe médiocre qu’il avait vu quelques mois avant ?). Audition positive qui voit l’arrivée définitive de John Deacon au sein de Queen. Il était temps... Ce dernier, deux mois plus tard, rencontre sa future femme dans la même boîte. À croire que les astres protègent le groupe. Il n’a pas le temps de roucouler, car dès le 2 juillet, il commence les concerts avec Queen. Le tout premier se passe dans une fac du Surrey. John est tout content de pouvoir monter sur scène avec ce groupe qui a l’air rôdé, mais il fait la faute ultime : il porte l’une de ses chemises préférées, tellement simple que Freddie en fait une syncope et lui propose illico de se changer et d’enfiler quelque chose de plus « visuel ». S’ensuit une engueulade (pour une première, c’est tout de même pas mal !) qui au final n’aura pas vraiment d’issue. John est John, dans sa plus grande simplicité, il va falloir faire avec. Pour la peine, le concert ne se passe pas trop mal et le bassiste reste tout de même. Le 17 juillet, ils entament une tournée du côté des Cornouailles, ce qui va permettre aux quatre jeunes gens de pouvoir faire plus ample connaissance.

Mais ce n’est pas pour autant que le groupe devient pro. Non, John et Brian sont toujours dans leurs études, un filet de sécurité, et quitte à vivre de la musique, autant être parfaitement au point. Philosophie appliquée à la lettre par Queen qui multiplie les concerts gratuits, les répétitions et qui compose le plus possible. Cet « entraînement » intensif dure pendant près de deux ans. Deux ans durant lesquels ils doivent affronter bon nombre de situations embarrassantes. Le 28 janvier 1972, par exemple, ils donnent un concert au Bedford College devant six personnes. Dur...
Heureusement que tout n’est pas négatif. Par le plus grand des hasards, le groupe décroche un contrat d’un genre un peu spécial, mais qui va être déterminant pour la suite des évènements. Les studios Trident à De Lane Lea (ceux-là même où Smile avait enregistré sa deuxième démo) leur propose d’être des « démonstrateurs », c’est-à-dire qu’ils doivent faire une démonstration de la qualité sonore et des nouveaux équipements, pour les clients potentiels. En échange de quoi, ils peuvent utiliser plus ou moins librement ces studios pour répéter leurs propres compositions (généralement la nuit, quand il n’y a personne). Ils rencontrent à ce moment un personnage décisif pour leur histoire : le producteur Roy Thomas Baker, qui se lance à peine dans le métier (même s’il a eu une expérience avec Ten Years After) et qui, en novembre 1972, accompagné de John Anthony (déjà rencontré lors de l’épisode Smile), propose à Queen de passer une audition, apparemment réussie, puisqu’à partir de celle-ci, Trident accepte de financer l’enregistrement de ce qui va être le tout premier album du groupe. Mais il ne faut pas pour autant croire qu’à partir de ce moment, ils ont droit à tous les honneurs. Loin de là même, puisqu’ils doivent encore utiliser les studios seulement pendant les heures creuses, attendant patiemment que les artistes plus importants aient enfin quitté les lieux. Une autre erreur d’aiguillage se fait : on confie le groupe à Jack Nelson, un manager américain, qui préfère essayer de vendre tout un stock d’artistes Trident, plutôt que de se concentrer seulement sur Queen. Heureusement que ce Nelson n’a pas que des mauvais côtés : il est celui qui a persuadé EMI de les prendre sous son aile. Vaguement intéressés, les patrons du label acceptent de garder ce petit groupe et leur verse une avance de deux mille livres.

Mais l’affaire n’est pas claire : la maison de disque se demande s’il n’y a pas plus à tirer de ce chanteur à la voix incroyable que de son groupe bruyant et trop rock. Une expérience est tentée : on fait enregistrer deux reprises à Freddie seul : I Can Hear Music de Phil Spector mais popularisée par les Beach Boys et Goin’ Back de Goffin/King, le tout sous le nom de Larry Lurex, parodie de Gary Glitter. Heureusement pour Queen et malheureusement pour EMI, ce single est un bide monumental. Larry Lurex disparaît aussi vite qu’il est apparu...



[1Sources :

LIVRES

  • Queen, Benjamin Cuq, guides musicbook, 2004
  • Queen la reine du spectacle, Arturo Blay, collection images du rock, La Mascara, 1996
  • Queen l’opéra rock, Stan Cuesta, Albin Michel/Rock & Folk, 1996
  • Queen, Mick St.Michael, Hors Collection, 1995
  • Le Mythe de Freddie Mercury, Simon Boyce, éd. Gremèse, 1997

VIDEOS

  • Freddie Mercury, The Untold Story
  • Music Planet vol 1 et 2, diffusés sur Arte en 1997
  • Champions Of The World, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production for Queen Films, 1995
  • Greatest Flix 1 et 2
  • Magic Years vol. 1, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production, 1987

Vos commentaires

  • Le 21 janvier 2012 à 17:26, par Margaret En réponse à : Sa Majesté : Queen

    J’aime Queen depuis de nombreuses années.J’ai peine pour ce pauvre Freddie, il était jeune pour partir... Bryan, Roger et John chacun dans leur discipline sont sublimes !!!!Ils formaient un groupe hors du commun. J’ai lu beaucoup de livres sur l’un et l’autre, ils restent de grands musiciens. Certes ils ont beaucoup travaillé mais le résultat est là. Je déplore le décès de notre Freddie.

    Queen ts les 4 sont des GRANDS !!!!!!!

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