Concerts
Slash + AC/DC

Saint Denis (Stade de France)

Slash + AC/DC

Le 18 juin 2010

par Thibault le 22 juin 2010

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Oh, la belle soirée régressive. De la vulgarité, des guitar heroes, de la bière, un stade... Une bonne injection de crétinisme de temps en temps, c’est tellement bon. Quand même, Slash ET AC/DC en une seule journée, ça augure du meilleur. On va en ressortir tout couvert de sueur, dégoutant, gavé de décibels et de poses ringardes, rassasié pour au moins six mois. Et en fait pas tant que cela... Le show en lui même n’était pas décevant. Au contraire, un concert d’AC/DC c’est prévisible de A à Z, codifié au poil de mollet près et, comme l’avait déjà dit NonooStar dans sa review du concert de l’année dernière, invariablement satisfaisant malgré tout cela.

On savait exactement ce qui allait se passer, c’était totalement idiot et pourtant c’était un vrai plaisir. On peut même dire que le plaisir de voir AC/DC sur scène, c’est d’assister à cette incroyable mécanique qui n’a pas bougé depuis... allez 1992 et le Live At Donington. 20 ans que la cérémonie ne change pas d’un iota, exception faite de quelques mises à jour, comme la vidéo d’animation qui précède l’arrivée sur scène des musiciens sur Rock ’n’ Roll Train. Quelle vidéo soit dit en passant... Deux groupies caressent leurs lèvres avec leurs langues pour attirer l’attention d’un diablotin (Angus, évidemment) qui tente de faire exploser le train du rock ’n’ roll en poussant la chaudière dans ses derniers retranchements comme dans Lucky Luke. Évidemment les demoiselles s’échinent et suent en tirant lascivement sur le levier qui actionne la marche du train...

De la pure poésie, surtout avec le rituel sur She’s Got The Jack. Pendant le refrain, qui signifie rappelons le, « elle a la chtouille », la caméra pointait au hasard dans le public des filles qui passaient sur écran géant et étaient bien priées de jouer le jeu, c’est à dire de relever leurs hauts pour dévoiler au grand jour leurs poitrines, faute de se faire copieusement siffler par les mâââââââles de l’assistance. Après cela, dans cet atmosphère détendue et bon enfant, Angus, qui ressemble incroyablement à Gollum d’ailleurs, effectuait un strip tease et montrait son caleçon. Méga classe, isn’t it ?

Et qu’il n’y ait aucune chance que le groupe ne joue Riff Raff, Live Wire, Gone Shootin’, Touch Too Much, Girls Got The Rhythm ou Let Me Put My Love Into You (encore un titre très classe, oui) fait partie du jeu. La setlist était, à deux chansons d’écart, la même que l’année précédente au Stade de France. Les chansons du dernier album se fondaient bien dans l’homogénéité du tout même si on les reconnaissait immédiatement grâce à leurs refrains strictement composés de deux mots : « Biiig Jaaack », « Waaaar Maachiiiiine », « Blaaack Iiiice », « Rock ’n’ Roll Traaain » (rock ’n’ roll ne compte que pour un mot, faut pas abuser).

Bref, la seule surprise fut de voir sur le grand écran le bassiste utiliser, et par deux fois s’il vous plait, sa corde de la. Si si si !!!

Oui, il n’était pas au Stade de France pour cette photo, mais bon, il fait tout le temps la même chose.

Alors qu’a-t-il manqué pour que la fête soit totale ? Un véritable public, en fait. Oh bien sur, les gens ont applaudis, manifesté leur enthousiasme pour l’introduction de Thunderstruck ou le refrain de You Shook Me All Night Long... Mais bon sang, ce fut mou du genou, tout de même. La seule démonstration collective fut un « pogo de graisse » organisé par des fans de la première heure, qui sont restés les mêmes (tatouages, blousons, la panoplie habituelle...) mais avec le ventre à bière en plus. Ces quelques marginaux rebondissaient donc les uns sur les autres comme des culbutos, leurs bourrelets entraient en résonance en ondulant tels ceux d’Homer Simpson lorsque celui se frappe la couenne avec une duff sur le canapé.

A côté de cela, beaucoup de quadras et cinquas probablement venus parce qu’ils entendent régulièrement Highway to Hell et Back in Black entre deux sketchs sur Rire et Chansons. Résultat, une ambiance assez plan-plan, pas assez primaire ni assez enthousiaste. Et encore, pendant le set d’AC/DC, c’était juste limite. Mais pendant Slash, quelle catastrophe... Mince, Slash ! Dès la première chanson le voilà qui écarte ses jambes bottées de cuir pour dresser sa Les Paul à la verticale et faire flotter sa chevelure grâce aux ventilateurs judicieusement placés sous ses pieds (véridique !). Et pourtant aucune réaction du public... Avec quelques autres aficionados disséminés au hasard, mon frère, un ami et moi étions les seuls de notre carré de pelouse à applaudir, taper des mains, chanter (ce qui nous a valu quelques regards en coin, d’ailleurs...) lorsque le groupe balançait coup sur coup les bombes Nightrain et Rocket Queen.

Oui, il n’était pas au Stade de France pour cette photo, mais bon, il fait tout le temps la même chose.

Certains se regardaient même les ongles et les pompes par moments... Un phénomène assez incompréhensible, AC/DC et les Guns ’N Roses évoluant tout de même dans un registre similaire. Et qu’on ne vienne pas me dire « ouais mais tu comprends, c’est pas la même génération AC/DC et Guns N’ Roses ». Mes petits camarades et moi n’étions même pas nés lorsqu’est sorti Appetite for Destruction (1987). Rien n’y faisait, le seul instant où le public daigna manifester un « ouaaaais » de contentement fut pour l’introduction de Sweet Child O’ Mine et dans une moindre mesure pour Paradise City. Pourtant, quel concert ! Une set list tout à fait honnête, avec son lot de moyennes chansons issues de l’album solo de Slash mais ces impératifs promotionnels furent rapidement expédiés pour se concentrer sur des Civil War à tout casser, des Slither tonitruants...

Parcourant la scène avec la démarche de Robocop, le chanteur Myles Kennedy s’en sortait vraiment bien avec les titres des Guns N’ Roses et du Velvet Revolver, le backing band jouait sans écueils, rien à redire. On aurait bien aimé Welcome to the Jungle ou It’s So Easy, mais première partie oblige, le concert n’a duré qu’une petite heure et n’a même pas eu droit aux écrans géants. Là, carton rouge pour les organisateurs. Déjà qu’il est impossible de rentrer avec une bouteille d’eau, des fois qu’on tenterait de la lancer sur la scène située à 50 mètres, ou avec un appareil photo, des fois qu’on tenterait de le lancer ou de photographier la scène située à 50 mètres, avoir Slash au Stade de France le même soir qu’AC/DC et le faire jouer comme une quelconque formation de troisième zone, c’est franchement pas terrible.

En somme une soirée bien plaisante, même si tous les combos crasse / puanteur / intensité / ringardise n’ont pas été poussé au maximum, hélas.



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Set-list :
 
Slash :
 
Ghost
Back from Cali
Nightrain
Rocket Queen
Sucker Train Blues
Starlight
By The Sword
Civil War
Slither
Sweet Child O’ Mine
Paradise City
 
AC/DC :
 
Rock N’ Roll Train
Hell Ain’t a Bad Place to Be
Back in Black
Big Jack
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Shot Down in Flames
Thunderstruck
Black Ice
The Jack
Hells Bells
Shoot to Thrill
War Machine
High Voltage
You Shook Me All Night Long
T.N.T.
Whole Lotta Rosie
Let There Be Rock
 
Highway to Hell
For Those About to Rock (We Salute You)