Portraits
The Stone Roses : une légende taillée XL

The Stone Roses : une légende taillée XL

par Our Kid le 25 octobre 2005

Alors que Manchester et l’Angleterre sont orphelins de The Smiths, un groupe va réussir en une année à redonner la joie de vivre au royaume et à créer une nouvelle scène musicale, la scène baggy.

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 Une formule musicale enfin trouvée

Cependant, en dépit de « l’embargo » qui frappait toujours The Stone Roses, un deuxième single parut en mai 1987, un petit bijou intitulé Sally Cinnamon qui constitue à la fois une ballade pop parfaite et une indication du son que le groupe développera l’année suivante. Sally Cinnamon fut un autre échec commercial, du fait d’un engagement peu inspiré conclu l’année précédente avec une petite maison de disques, FM-Revolver mais enrichit néanmoins des millions de discos locales et apaisa les esprits les plus pessimistes à propos du groupe.

L’Angleterre découvre The Stone Roses à travers une chronique de Dave Haslam faite dans l’hebdomadaire musical NME, à propos d’un concert au Manchester International, le 1er août 1987. Haslam s’enthousiasme : « La musique en elle-même est un combat de styles ; une lutte entre le bien et l’affreux [...] Ils ont le frontman le plus magnifique, un vainqueur né, le chanteur le plus mobile et excitant vu cette année.[...] Ils ont le meilleur jeune batteur de tout Manchester, une obsession (j’imagine) pour les années 60 et, (à en juger par le public de ce soir) une capacité, au moins, à vous faire enlever votre chemise ».

C’est à cette époque que le guitariste Andy Couzens quitta le navire, à la suite d’une violente altercation avec Evans, immité rapidement par le bassiste Pete Garner. Pour le remplacer à la basse, on recrute Gary Mounfield en provenance du combo mancunien The Mill. Il participa à son premier concert le 13 novembre 1987 à l’International One de Manchester avec Inspiral Carpets en première partie. Mounfield joua tout le concert dos au public et ressemblait à un enfant terrifié. Qui pouvait se douter ce soir-là qu’il allait devenir dans les mois qui suivirent l’homme sauvage du rock que nous voyons aujourd’hui à l’occasion ? Désormais, The Stone Roses comprenait dans ses rangs, Ian Brown, John Squire, Gary Mounfield - qui reçut le surnom de ’Mani’ - et Alan ’Reni’ Wren.

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de gauche à droite : Mani, Reni, Brown et Squire

L’étape suivante consistait à trouver un label sérieux qui se dévouerait tout entier aux Stone Roses. Suite à un faux départ avec Rough Trade, le groupe signa avec Jive/Zomba pour publier ses disques auprès de sa ramification Silvertone. « Jive Records est un label de dance mais avait besoin d’un groupe de rock blanc. On est celui-ci », précise simplement Brown.

Tout justes signés, les quatre entrent en studio et enregistrent en octobre 1988 leur premier single pour le label, Elephant Stone, qui est, d’après un mystérieux Ian, « à propos d’une fille... que je ne ne revois plus ». Produit par Peter Hook de New Order, groupe mancunien le plus connu et influent de l’époque, le single semble définitivement contenir les éléments que recherchait le groupe durant des années : un côté pop qui contient des éléments spatiaux, des sonorités réalisées avec des bandes inversées, une mélodie et des relents psychédéliques dignes de la grande époque des années 1960. Les ventes du single sont phénoménales dans le nord de l’Angleterre et le disque se comporte également bien dans les charts nationaux.

C’est à ce moment-là que la presse s’intéresse au groupe et, bien que peu expansifs, elle découvre progressivement le passé de chacun de ses membres ainsi que ses influences musicales. Les quatre communiquent peu mais font preuve, toutefois, de sagesse, de lucidité et parfois même d’humour. De fait, Brown, qui a déjà 25 ans mais s’entête à affirmer qu’il n’en a que 22, raconte qu’il avait l’habitude, à 17 ans, d’aller danser dans des boîtes Northern Soul à Manchester et Blackpool même si sa véritable passion résidait dans la boxe. Côté musique, il révèle qu’il avait un oncle qui essayait de l’imprégner de Led Zeppelin durant sa grande enfance. En grandissant, il découvre le reggae et la dub à travers des artistes comme Augustus Pablo, Sly And Robbie, influences que l’on retrouve également chez Mani. Squire, quant à lui, a été bercé par des compilations d’Elvis Presley, des Beatles ou encore de Peggy Lee. Il va même plus loin en affirmant qu’il « n’[a] pas écouté de mauvaises chansons avant de quitter la maison de [ses] parents ». Ce côté rock est partagé par Reni qui n’écoute pratiquement que du heavy rock alors que ses compères sont plus réceptifs à la house ou la dance.

En ce qui concerne les motivations qui les ont poussés à se réunir, la réponse est sans appel : « On voulait en finir avec des groupes comme U2 à l’époque. Ils étaient pompeux et si énormes. Pourtant, ils n’avaient rien à dire. », se rappelle Brown. Et Mani de renchérir : « La musique s’engouffrait alors dans une mauvaise passe. OK, on avait New Order et The Smiths. Mais on devait également endurer Kajagoogoo et toute cette merde. Quelque chose devait arriver ». D’autre part, cette année-là, le groupe décrivait son histoire comme deux ans passés dans l’ombre et deux ans à Manchester, ce qui semble parfaitement résumer leur lente ascension.



[1Références bibliographiques :

  • Magazines : Q Magazine, Loaded, New Musical Express
  • Ouvrage : From Joy Division To New Order : The True Story Of Anthony H Wilson And Factory Records de Mick Middles, ISBN 0 7535 0638 6

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