Portraits
The Stone Roses : une légende taillée XL

The Stone Roses : une légende taillée XL

par Our Kid le 25 octobre 2005

Alors que Manchester et l’Angleterre sont orphelins de The Smiths, un groupe va réussir en une année à redonner la joie de vivre au royaume et à créer une nouvelle scène musicale, la scène baggy.

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Commence ainsi la tournée des clubs anglais où l’île est traversée de long en large. Dans le bus de tournée, le temps est occupé à écouter PiL, Burning Spear, Jimi Hendrix et The Rolling Stones, même si à l’écoute de Sympathy For The Devil, Brown peste : « On nous a dit qu’on avait des possibilités de percer au Canada avec les Stones si on les voulait. Mais bordel, on n’ouvre pas pour eux. Ils devraient ouvrir pour nous. Ça en est même obscène qu’ils puissent encore tourner. C’est une honte qu’ils n’aient pas d’amis qui aient envie de leur dire d’arrêter tout ça ». La même attitude s’applique aussi bien à l’encontre de Bon Jovi et de Guns’N’Roses.

Cette assurance teintée d’arrogance constitue la force du groupe qui n’hésite plus, lors d’interviews à aborder le sujet des drogues qui inquiète les journalistes étrangers à la scène baggy et qui n’ont jamais mis les pieds dans des clubs comme la Hacienda à Manchester ou encore qui refusent de croire en la réalité de « la génération Ecstasy », même si les quatre ne font pas partie de cette scène-là. Brown admit : « On vient peut-être de Manchester mais on ne se voit pas comme une continuité d’une quelconque scène mancunienne. Le monde ne commence pas et ne se termine pas plus à l’Hacienda et ce qui nous intéresse, c’est conquérir le reste du monde ». Il est vrai qu’à l’écoute de leur album, une certaine lysergie flotte dans la production ainsi que dans certaines images concoctées par Brown au niveau des paroles. Le retour à l’abstrait et les esquisses que réalisent Squire en guise de pochettes, procurent au groupe une notoriété de groupe intello, au même titre que The Smiths, autre fierté de Manchester, qui ont récemment splittés.

En juillet 1989, sort un nouveau single, She Bangs The Drums, extrait de l’album, qui sert à capitaliser le succès du groupe et à ne pas relâcher la pression, voire amplifier la hype. Atteignant le top 40 des charts, le single paraît durant la tournée d’été sur l’île qui empêche de fait le groupe d’enregistrer, même si au mois d’août, ils rapportent qu’ils ont un single de prêt pour septembre et dont la pochette sera sûrement ornée d’un dauphin peint par Squire, en rapport avec les paroles du morceau. Tous comptes faits, cette annonce ne se réalisera pas puisque pendant un séjour du groupe en France en novembre, Silvertone publie un imposant single, une double face A, What The World Is Waiting For/Fools Gold qui connaît immédiatement un succès foudroyant en raison, notamment de Fools Gold, un morceau funky à souhait, dans la tradition de Sly & The Family Stone, et qui concrétise à merveille cette volonté de briser les barrières entre le rock et la dance music. Maintes fois remixés dans les années qui allaient suivre, ce morceau est le plus dansant du répertoire des quatre et reste emblématique de la musique de cette année, décidément riche pour The Stone Roses et c’est sans surprises que le single atteint le top 10.

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The Stone Roses et Cressa

La fin de l’année permet au groupe de se produire sur le continent, notamment en Scandinavie et aux Pays-Bas mais également de remplir le London Alexandra Palace de 7,000 places et confirme ainsi de la plus belle des façons que 1989 restera définitivement l’année des Stone Roses. Se sentant sans rivaux, Brown, un brin titilleur, précise, qu’à l’approche de Noël, il « aime bien voir [ses] disques grimper dans les charts et voir ceux de Kylie (nda : Minogue) et Phil Collins descendre.(...) Parce que [il] croit que [le groupe] a plus de valeur. » Il ajoute également que faire partie d’un groupe, « c’est juste pour les drogues gratos et les filles »...

 1990 : l’apogée de The Stone Roses

Si 1989 s’était avérée une année extraordinaire pour le groupe, 1990 commença plutôt mal. Pour être précis, les ennuis commencèrent même en décembre 1989 avec la parution du single Sally Cinnamon. Second single du groupe et paru en 1987 chez FM-Revolver, le single avait atteint deux ans plus tard le sommet des charts indépendants en raison de la popularité du groupe.

C’est ainsi que, voulant profiter du succès de la bande à Brown, le label ressortit le single et l’accompagna même d’un clip, le tout, sans que les Mancuniens n’aient eu leur mot à dire. Pour promouvoir Sally Cinnamon, la direction de FM-Revolver prétendit qu’elle avait eu un entretien avec Gareth Evans pour lui demander que le groupe apparaisse dans le clip mais que ce dernier et leur manager avaient catégoriquement refusé. Le clip fut diffusé sur MTV et il est apparu qu’il a précisément posé problème au groupe. « On a décidé d’aller dans le bureau de FM-Revolver tout de suite après avoir vu le clip », raconte Ian. « On devait s’envoler au Midem (nda : réunion européenne de l’industrie musicale) à l’origine, parce qu’on avait entendu dire qu’ils (nda : le patron et sa petite amie) étaient là-bas. On devait s’y rendre et lui balancer la peinture en pleine face mais on a appelé et on a réalisé qu’il s’était barré de Cannes un jour plus tôt donc on a dû attendre. Ce n’est pas vraiment à cause du disque mais plutôt du clip vidéo. Filmé à Manchester, il y a ce type assis dans Piccadilly Station en train de lire The Face...c’est putain d’insultant. »



[1Références bibliographiques :

  • Magazines : Q Magazine, Loaded, New Musical Express
  • Ouvrage : From Joy Division To New Order : The True Story Of Anthony H Wilson And Factory Records de Mick Middles, ISBN 0 7535 0638 6

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