Portraits
The Stone Roses : une légende taillée XL

The Stone Roses : une légende taillée XL

par Our Kid le 25 octobre 2005

Alors que Manchester et l’Angleterre sont orphelins de The Smiths, un groupe va réussir en une année à redonner la joie de vivre au royaume et à créer une nouvelle scène musicale, la scène baggy.

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Extrêmement remontés, les quatre se rendirent le 30 janvier au siège du label et ravagèrent le bureau du boss, Paul Birch, après l’avoir littéralement insulté, lui et sa petite amie, pour le clip de Sally Cinnamon. Ils aspergèrent tout l’intérieur du batiment de peinture et firent des photocopies de leurs séants qu’ils placèrent dans chaque pièce. En sortant des bureaux, ils brisèrent la vitre arrière de la Mercedes series 200 de Birch et la « redécorèrent » avec les restes de peintures, ainsi que deux autres voitures, une Datsun Sunny et une Metro MG, des dégâts d’un montant estimé à £22,000 (soit 33.000 €). La bande retourna aux studios Rockfield au Pays de Galles mais fut arrêtée dans la nuit par la police qui les ammena passer une nuit au poste.

Cet acte constituait une pure vengeance à l’égard de Paul Birch mais le groupe était conscient des risques encourus et notamment judiciaires. John, ironiquement, déclara : « Je ne savais pas que l’expressionisme abstrait était un délit criminel ».
Alors que le groupe était occupé à boucler leur prochain single, One Love, la justice reconnut en mars les quatre coupables - comment pouvait-il en être autrement puisque la police avait réveillé Squire le soir de l’événement et découvert des vêtements couverts de peintures près de son lit ? - et condamna, en octobre, chaque membre à une amende de £3,000 (soit 4.500 €) mais prévint que si le groupe n’avait pas eu une telle notoriété, ses membres auraient été emprisonnés.

Cette première « tracasserie » judiciaire fut suivie d’une autre concernant toujours FM-Revolver qui affirmait que le groupe était toujours sous contrat avec elle et réclamait des indemnités sur les royalties qu’elle aurait due percevoir, à moins que The Stone Roses ne s’engagea à régler les £22,000 de dégats occasionnés le 30 janvier.
Tandis que la sortie de One Love était repoussée du fait de la durée du procès, Silvertone mis sur le marché en mars une réédition de She Bang The Drums, histoire de maintenir la hype autour de ses protégés.
En mai, le groupe participe au festival de Spike Island où la prestation du groupe est plutôt bonne, en dépit des ennuis judiciaires que connaissent les quatre. Les peintures de Squire étaient pour la première fois diffusées derrière le groupe pendant son passage et le concert se termine même sur un feu d’artifice qui ravit les 40.000 festivaliers, d’autant plus que ceux-ci ont pû découvrir le prochain single, One Love.

Prévu de longue date (le groupe en parlait comme pouvant sortir en septembre 1989), One Love paraît finalement en juillet 1990 et était, du fait des annonces à son sujet et des déboires du groupe, particulièrement attendu car c’était la première production originale de l’année pour les quatre et que tout le monde se demandait comment il était possible de faire mieux que l’étourdissant Fools Gold. À l’origine, le morceau durait huit minutes mais a vite retrouvé un format plus « diffusable » sans pour autant satisfaire les attentes énormes qu’il occasionnait, même si la télépathie musicale qui lie le groupe est toujours présente (la virtuosité de Squire faisant toujours merveille) et que le morceau ne constitue pas une pop évidente. Le single se comporta bien dans les charts, néanmoins, appuyé pour cela par un clip mettant en scène le groupe jouant au milieu des flammes et qui le montre plutôt en forme. Après cette parution, The Stone Roses s’envola pour sa seconde visite au Japon pour quelques dates mais n’est toujours pas pressé de tourner aux États-Unis car, d’après ses membres, il est impossible de faire 40 dates et d’assurer tous les soirs, ce qui les avait amené à annuler deux passages au Madison Square Garden de New York et au Forum de Los Angeles.

Avec le verdict final du procès qui se tint en octobre, le groupe avait perdu quasiment une année complète et sa seule réalisation se résumait à One Love et des concerts. Malgré tout, il n’est pas inexact de considérer 1990 comme l’année de la reconnaissance internationale, l’année où le groupe a traduit sur scène le succès de 1989, l’année où tous les grands festivals anglais et européens reclament The Stone Roses en tête d’affiche, l’année où Stone Roses = Manchester = Grande Bretagne et que, en dépit d’une production moindre et de quelques nuages qui assombrissent l’avenir du groupe, le succès et la frénésie sont toujours présents.



[1Références bibliographiques :

  • Magazines : Q Magazine, Loaded, New Musical Express
  • Ouvrage : From Joy Division To New Order : The True Story Of Anthony H Wilson And Factory Records de Mick Middles, ISBN 0 7535 0638 6

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