Portraits
The Stone Roses : une légende taillée XL

The Stone Roses : une légende taillée XL

par Our Kid le 25 octobre 2005

Alors que Manchester et l’Angleterre sont orphelins de The Smiths, un groupe va réussir en une année à redonner la joie de vivre au royaume et à créer une nouvelle scène musicale, la scène baggy.

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 Péripéties judiciaires et retraite

Alors qu’en décembre on pouvait lire dans la presse que le prochain album des Mancuniens serait disponible au printemps 1991, on apprend dans les premiers jours de l’année que les quatre retournent en procès contre, cette fois, leur actuelle maison de disque Silvertone et que, de fait, l’album ne sera pas en rayon « avant au moins une année ». Le litige entre les deux parties porte sur le contrat qui les lient, le groupe assurant disposer d’une clause lui permettant de signer pour un autre label à tout moment mais, bien que convoité par plusieurs majors, la décision ne sera pas prise avant novembre, compromettant la réalisation d’un second album.

En mai 1991, Silvertone libère de son contrat le groupe, désormais en mesure de signer avec la toute puissante Geffen Records (Nirvana, Sonic Youth...) qui courtisait avidement The Stone Roses. Le deal a été conclu par le manager Evans qui se traduit par un contrat de cinq albums et une avance de 2 millions de livres (soit 3 millions €), même si une rumeur persistante affirme que cette dernière s’élèverait à £20 millions... Histoire de ne pas sortir trop perdante de l’affaire, Silvertone fait paraître en septembre dans les bacs un single, le seul pour l’année, I Wanna Be Adored, extrait de The Stone Roses, ce qui satisfait les fans, bien que le matériel ne soit pas original. L’ex-label du groupe récidive quatre mois plus tard en publiant Waterfall.

À cette même période, en janvier 1992, une source proche du groupe affirme que l’album ne sortira pas avant l’automne car le procès de l’année passée aurait affecté la créativité du groupe. « À la fin du procès, John Squire a montré au groupe ce qu’il avait écrit - et les autres se sont retournés et ont dit que ce n’était pas suffisant. Plutôt que de filer en studio, le groupe souhaite bien faire les choses. Ils réalisent qu’ils ne peuvent pas compter sur la hype ». Une rencontre au sommet est prévue durant l’été entre les quatre, Evans et le nouveau label Geffen pour fixer les stratégies pour 1992 même s’il n’existe pas de plans immédiats pour voir le groupe en concert. « Ils sont devenus riches d’un coup. C’est comme gagner aux courses. »

Cependant, en février, une nouvelle étape dans la carrière du groupe est franchie avec l’éviction d’Evans en tant que manager. Pièce centrale de la réussite de la bande à Squire, figure emblématique du manager qui se démène pour ses protégés, Evans entre, lui aussi, dans la machine judiciaire en exigeant du groupe une compensation financière de l’ordre « d’au moins un million de livres », rappelant qu’il est l’auteur de la signature du faramineux contrat avec Geffen et reclame sa part pour le rôle qu’il a joué. Bien évidemment, ces actions en justice qui se succèdent à la vitesse de la lumière, les fortunes mises en jeu et l’absence « musicale » des idoles font les choux gras de la presse mais exaspèrent les fans qui se demandent si The Stone Roses est bien le groupe qu’il a connu trois années plus tôt. Les seuls signes de vie des quatre sur disque résident dans la parution de I Am The Resurrection sur Silvertone en avril, pratique qui cesse car l’ex-label a quasiment sorti en single tous les titres de The Stone Roses. Il faut dire que face à l’inertie du groupe et de son label, Silvertone parvient à faire croire qu’il est toujours dépositaire du catalogue des Mancuniens grâce à des rééditions de singles ou encore via la parution de la compilation Turn To Stone en juin de cette même année qui regroupe tous les enregistrements parus sur singles, hors album.

Désertant les plateaux de télévision, les ondes, les concerts et les charts, le groupe entre alors dans une retraite qui rend difficile toute reconstitution précise de son emploi du temps, le plus juste étant de laisser les intéressés en parler eux-mêmes. Juste après avoir signé chez Geffen, les Roses ont eu ce que Brown appelle « une année de vie » qui comprend « des voyages, la paternité, passer plus de temps avec [sa] famille - vivre un peu quoi ! Il y a toujours des choses à faire, n’est-ce pas ? Sexe, football, n’importe quoi. Il y a un monde entier là, en dehors du studio ». À savoir si Squire ressentait une pression avant de se remettre à enregistrer, le guitariste répond que « Oui. Ca n’avait rien à voir avec la pression extérieure. Je pensais juste à ce moment que le temps tournait et qu’on devait s’y remettre. Je me souviens avoir sérieusement pensé à ne plus jamais faire d’autres disques et juste faire des concerts. »



[1Références bibliographiques :

  • Magazines : Q Magazine, Loaded, New Musical Express
  • Ouvrage : From Joy Division To New Order : The True Story Of Anthony H Wilson And Factory Records de Mick Middles, ISBN 0 7535 0638 6

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