Portraits
Velvet Veins

Velvet Veins

par Thibault le 13 octobre 2013

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Ce n’est peut être plus la peine d’avertir les lecteurs qui suivent encore l’inactivité d’Inside Rock : désormais, quand on écrit un article, c’est presque toujours un article partisan sur un sujet qui nous tient à coeur. Donc, pour ceux qui pouvaient trouver qu’on en faisait beaucoup sur Josh Homme, Mike Patton, Bjorn Berge, Last Bärons ou The Inspector Cluzo - alors que nous ne faisons que le strict minimum, et bien, sachez qu’on va en faire beaucoup sur un nouveau groupe, les Velvet Veins !

Déjà, ne vous attardez pas trop sur le nom du groupe. Un blase qui « sonne » mais qui évoque aussi des choses moins réjouissantes. Forcément, « Velvet » renvoie à l’Underground, à Loulou, à Andy Warhol, bref, à de la merde. Plus « Veins », cela évoque un patchouli bas de gamme sex-drug-ragnagna. Merci mon Dieu, Velvet Veins n’est pas un groupe de garage-psyché-débile-junkie qui aurait trop tripé en lisant Patrick Eudeline. C’est donc le seul reproche que l’on peut faire à ce jeune groupe : il a un nom assez pourri qui ne reflète pas sa musique.

Velvet Veins est en effet un groupe parisien de blues-rock musclé comme il en fleurit partout dans le monde aujourd’hui. Graveyard, Radio Moscow, Rival Sons, Glowsun... si ces noms vous sont familiers, il y a 99% de chances pour que Velvet Veins vous plaise également. Néanmoins, le groupe se démarque du gros de la troupe « revival fuzzy 70’s » sur plusieurs points. D’abord, alors que beaucoup de groupes vont dans la surenchère d’effets de distorsion en tout genres, ici le son est épuré. Les habituelles giclées de wah-wah sont placées avec beaucoup de parcimonie, ceci pour une raison que le guitariste Félix nous dévoile avec fracas : « j’ai pas envie de me faire chier à tripoter des pédales en concert ». Les idées de feignasse sont souvent les bonnes, encourageons-les.

Ensuite, le groupe porte un soin particulier aux structures des chansons. Les instrumentistes trouvent l’équilibre entre le fil narratif et le plaisir du jam, un peu à la manière de ce que pouvaient faire les musiciens de Led Zeppelin ou Rory Gallagher. C’est d’ailleurs le nom de Gallagher qui vient le plus à l’esprit à l’écoute de la voix du tout jeune chanteur (17 ans selon sa carte d’identité, mais plus probablement 14, voire 13...). Les mélodies sont claires, posées, sans effets de voix, hoquets, « babybabybabyoououhouhhhhhhhyeaaah » ou autres borborygmes. De plus on sent que le groupe a une forte marge de progression et une carte à jouer dans différents registres. Au fil des morceaux, on entend ici un solo aux accents un peu jazzy, ici de la slide et de l’harmonica plus roots, ici un break heavy, là un pont final qui monte en puissance façon guitar-hero. Ces jeunes gens semblent avoir de la ressource, les quelques titres entendus en concert esquissent une palette de styles qui ne demande qu’à s’étendre.

Bref, autant de raisons pour aller les voir en live dans l’attente de leur premier EP qui devrait sortir à l’automne. Car, on le répète, les musiciens affichent une aisance et un professionnalisme bluffant pour un groupe qui n’a encore rien publié. Les chansons n’ont aucun temps faible ou défauts, l’artisanat est irréprochable, le quatuor assure sur scène. Une telle formation demande du soutien car il ne faut pas se voiler la face, le blues-rock est un genre très peu populaire au pays de Sébastien Tellier et de l’inculture musicale (coïncidence ? bien sûr que non). Il faut dire que Velvet Veins n’appâte pas le chaland : chant en anglais sans manières ni racolage, bottleneck, reprises de Captain Feelgood et Dr Beefheart (euh, attendez...), ce n’est pas demain la veille qu’on les verra en showcase à la Fnac ou à Rock en Seine, sauf miracle. L’avenir de ce groupe repose ainsi essentiellement sur l’enthousiasme et le bouche à oreilles au sein du petit monde musicophage francophone qui passe du temps sur Internet. Voici donc notre pierre à l’édifice, en souhaitant tout le courage nécessaire aux Velvet Veins.

Velvet Veins sur Facebook.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom