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Clips kitschs, part. I

Clips kitschs, part. I

par Thibault le 29 septembre 2009

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Rien que le titre est alléchant : Knights of Cydonia. Comme un parfum de folklore médiéval et de trip spationaute. Qui d’autre que Muse pour fomenter un coup pareil ? Le trio dégoulinait déjà du kitsch le plus invraisemblable (et allez la guitare transparente rose fluo, les aigues poussées dans leurs retranchements, les cheveux rouges et le haut de forme blanc par-dessus le marché !), mais c’est avec le clip de cette chanson que les trois aliens parachèvent leur quête esthétique, qu’ils entrent véritablement dans la légende.

Le pitch ? Une sorte de simili Daniel Day-Lewis (cette moustache ! à faire pâlir celle de Jesse Hughes !) dans le rôle d’un cowboy romantique qui protège sa blonde bien aimée -qui chevauche une licorne, soit dit en passant- contre un shériff corrompu encore plus flippant que Chuck Norris et qui fait régner la terreur dans la petite bourgade de Cydonîa, cent quarante trois âmes au dernier recensement (et avec un accent circonflexe le i, s’il vous plait). C’est énormousse.

On croise dans cette épopée des réminiscences de Kill Bill, de Star Wars (le saloon ! Une transposition de la taverne de Tatooïne !), de Sergio Leone, du Ku Klux Klan et même de Sailormoon (les lasers auraient été primés au club Dorothée, sans aucun doute). Et la musique n’est pas en reste, harmonies de castra, cavalcades de guitare (on ne pouvait y couper), trompette de circonstance… Du fluo, du western spaghetti, un faucon de mauvais augure, du kung fu, de la SF à se relever la nuit… Bref, un patchwork à faire chialer Quentin Tarantino. C’est indépassable, unique, il faut avoir vu cela au moins une fois dans sa vie.


Muse - Knights of Cydonia
envoyé par superfluens. - Regardez plus de clips, en HD !

Les poches remplies de biftons suite au carton d’Appetite for Destruction (une petite vingtaine de millions d’exemplaires vendus) les Guns N’ Roses s’accordent un trip romantique, tellement glamour qu’il ferait passer Sweet Child O’Mine pour du lo-fi. C’est un massacre, un génocide, une noyade de chatons dans la fontaine publique ! November Rain est une histoire d’amour digne d’un feuilleton du dimanche après midi, balourde, ronflante, écrite avec les pieds (vers choisis : « So never mind the darkness / We still can find a way / ’Cause nothin’ lasts forever / Even cold November rain » c’est-y pas beau, ça ?) Cela méritait bien un traitement orchestral : solos de guitares d’une laideur absolue, cordes plus-vulgaires-tu-meurs, flûtiaux Fisher Price inutiles… Ce n’est même plus du Hard FM, c’est au-delà. A côté de cela Still Loving You et Bohemian Rhapsody sonnent comme du Guided by Voices.

Et ce n’est pas fini, pour compléter le tableau et graver dans le marbre cette horreur, Axl, qui radine rarement sur la boursouflure, envisage un clip qui défie l’entendement. Budget : 1,5 millions de dollars, une bagatelle. Avec plongées filmés depuis un hélicoptère et tout le saint frusquin ! Le résultat est à la hauteur des moyens déployés ; un sommet de kitsch, de ridicule et de clichés à se rouler par terre. C’est simple, chaque détail est une monstruosité sur laquelle il faut se jeter au plus vite ! Du verre posé sur le piano d’Axl au sosie de Karl Lagerfeld lors de l’enterrement (oui les Guns font les choses en grand, façon tragédie, avec pleins de catastrophes, de pleurs et de cadavres) en passant par le jeu de jambes de Slash debout sur ledit piano, ou en train de jouer son solo cheveux au vent dans le désert, parce qu’il fait ça aussi, c’est neuf minutes de pur rêve.

Sans oublier toutes ces merveilles comme le chef d’orchestre qui headbangue comme un fan de Sepultura, le plongeon dans le gâteau de mariage, Jésus sur sa croix qui pleure du sang (ne me demandez surtout pas pourquoi, je cherche encore) ou le flash back dans le bar so eighties où Izzy, Duff et leurs copains se tapent dans la poigne et trinquent aux amoureux. Après ça, le déluge !


GUNS N ROSES - November Rain
envoyé par GunsnRoses. - Regardez la dernière sélection musicale.

Oui, on triche un peu, je vous l’admets. Dénicher des clips kitschs en piochant dans cette manne qu’est la synth-pop 80’s, ce n’est pas très honnête, c’est comme faire un devoir de maths avec les formules écrites dans la paume de la main. Que voulez vous, nous sommes des bénévoles, donc des fainéants. Mais c’est quand même du brutal que l’on vous propose, du premier choix, pas du tout venant quelconque, non, du trié sur le volet, le haut du panier ma brave dame ! Déjà, c’est du Tears for Fears. Ah, ça moufte plus là, tout de suite. Ça pétocherait même. Vous avez de quoi, car c’est vraiment le pire des années 80. La pop neuneu, les refrains à la Gold, et surtout le décorum. Les couleurs violettes, les tronches de garçons coiffeurs, les fleurs… Bref un gloubiboulga 100% pure guimauve qui mélange tout ce qui passe à portée de main (oh tiens, une pyramide ! mais que vient-elle faire ici ?).

Cadeau de la maison, une petite astuce pas piquée des vers : après un premier visionnage vous pouvez poussez le vice et en faire un deuxième, de visionnage (si vous n’avez pas eu de crise d’épilepsie lors de la poussée finale du tournesol façon Jack et le Haricot Magique, évidemment). Pour celui-ci stoppez la vidéo à 24 secondes, coupez le son du clip, et relancez la vidéo en même temps que la chanson In Like The Rose de Black Rebel Motorcycle Club, de manière à synchroniser les deux. Savourez bien, il y a quelques des passages qui collent impeccablement. Ce qui est très effrayant d’ailleurs, car c’est the Dark Side of Tears for Fears qui s’offre à nous, huhu.


Tears For Fears-Sowing The Seeds Of Love
envoyé par Stuka. - Regardez plus de clips, en HD !



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