Interviews
H-Burns

H-Burns

par Brice Tollemer le 10 novembre 2009

C’est la semaine prochaine que sort We Go Way Back, le troisième effort studio d’H-Burns. Rencontre avec l’un des songwriters les plus doués de sa génération….

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Inside Rock : De quelle façon s’est passé l’enregistrement de l’album ?

H-Burns : Les choses se sont merveilleusement enchainées. La rencontre avec Jp Maillard et Seb Riou du studio a été très importante dans ce processus. Mais c’est aussi la première fois qu’on avait fait un vrai travail de préproduction, plutôt que de privilégier la spontanéité, et je savais vraiment où je voulais aller avec ces morceaux avant de rentrer en studio. Moralement l’enregistrement a été un peu éprouvant mais ça fait partie du jeu quand on se lance dans un projet comme celui-là.


Comment Tony Drekker des Great Lake Swimmers s’est retrouvé dessus ?

Phil Klygo, qui est leur manager et label, nous a programmés deux fois à Toronto lors de la Canadian Music Week. Il a toujours aimé ce qu’on faisait. Moi, ayant été vraiment conquis notamment par Ongiara, leur troisième album, j’ai eu l’idée de lui proposer ce titre (« Lonely Nights On Queen St. ») qui parle justement de Toronto. Il a accepté très vite l’invitation sur ce duo et nous a envoyé sa prise voix la veille d’attaquer le mixage du disque.

Peux-tu nous parler de tes liens avec Jonathan Morali des Syd Matters ?

Jonathan était déjà co-producteur du précédent album (How Strange It Is To Be Anything At All). Sur We Go Way Back, il vient amener sa touche personnelle, avec des pianos, des guitares, de l’orgue et de la scie musicale. Cela a été délicat en terme d’emploi du temps de trouver un créneau de libre, mais je ne concevais pas le disque sans lui. Il est musicien dans le groupe et partie intégrante du projet. On échange pas mal lors de la composition de nos morceaux respectifs, du genre « il est bien pourri ton texte là », ce genre de choses.

Quelle est la signification de We Go Way Back ?

Cela veut dire, en gros, nous deux ça remonte à loin. On se connait depuis bien longtemps. C’est une expression dans le sens « on a fait la guerre et le tour du monde ensemble il y a 20 ans. » Cela peut aussi dire que parfois on rencontre quelqu’un qu’on croit avoir toujours connu… Le disque raconte un an de ma vie et d’une figure féminine. C’est un album autobiographique sur une relation passionnelle, qui se veut également universel dans le propos, car j’ai vraiment envie que les gens puissent retrouver un peu de leur vécu personnel dans ce disque. J’ai voulu opposer la passion au quotidien.

C’est déjà ton troisième album : qu’est ce qui a changé depuis tes débuts ?

J’ai un meilleur accent ? Plus sérieusement, dorénavant, je ne suis plus tout seul à l’acoustique. Je ne fais plus seulement de la folk intimiste. J’ai une formation avec qui on s’entend à merveille. Malgré notre changement de batteur (Thousand qui se consacre à ses projets solo), on est retombé sur la perle rare avec Patrice. Et on a toujours notre guitariste, Antoine. Mes compositions ont changé de nature également. J’écris des textes autobiographiques sur une histoire dont je n’aurais pas soupçonné l’existence à mes débuts. C’est toujours en mouvement.

We Go Way Back est donc différent musicalement de ton précédent album…

Oui, effectivement, il était crucial pour moi de ne pas refaire le même disque à chaque fois. Sans se renier pour autant mais essayer de se réinventer à chaque album. Je suis dans une période où j’ai moins envie de choses intimistes seul à la guitare, ce qui ne veut pas dire que je n’y reviendrais pas. Le changement doit continuer à chaque disque et c’est aussi bizarre que jubilatoire de se dire qu’un nouveau disque c’est une nouvelle vie en quelque sorte.

Une nouvelle vie, le Nouveau Continent : comment décrirais-tu ta tournée en Amérique du Nord ?

Elle m’a fortement influencée car j’ai joué avec pleins de groupes intéressants. L’approche de la scène est différente, pas de balances interminables, un simple line-check et c’est parti. Jouer chaque concert comme le meilleur parce que sinon tu ne gagnes pas un dollar en fin de soirée et tu ne peux pas mettre d’essence dans le camion. En France, à l’inverse, on a un système rassurant pour ça. Là-bas ce n’est pas du tout le même principe, par conséquent on tend plus vers l’urgence, tout en gardant en tête une exigence musicale certaine.

Quels sont tes projets actuels ?

Je travaille actuellement sur un EP assez sombre, un concept autour d’une ville malsaine où grouillent des rumeurs, des non-dits et des messes basses. J’ai également un projet à deux avec Jonathan Morali, mais il faut juste que je mette un grand coup de correcteur dans son agenda pour qu’il trouve le temps ! Sinon on a beaucoup de dates pour cet album, finale des Printemps de Bourges à Vienne le 28 novembre, un concert au New Morning à Paris le 2 décembre, les Bars en Trans à Rennes le lendemain, etc… Pas mal de promo à assurer donc et je souhaite vraiment me jeter corps et âme dans la défense de ce disque. J’ai envie d’en découdre.



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