Concerts
Yeah Yeah Yeahs

Le Bataclan (Paris)

Yeah Yeah Yeahs

Le 30 avril 2009

par Oh ! Deborah le 5 mai 2009

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Les Eps et le premier album des Yeah Yeah Yeahs comportaient quelques qualités récréatives. Un son sérieusement décapant ainsi que des mélodies très (trop ?) accrocheuses. La guitare foudroyante et créative de Nick Zinner contribuait à l’envergure du groupe. Karen O, elle, braillait dans les aigus quelques insanités et se la jouait comble du mauvait goût en concert. Mais déjà en 2002 y’avait anguille sous rock : le trio présentait un artwork assez crado ainsi qu’un Fever To Tell hyper garage et déstructuré, tandis que l’album était déjà signé chez Universal et vendu chez Leclerc. Hmmm..

On s’attendait donc à ce que les Yyys cessent de casser les oreilles de Pascal Nègre comme celles des critiques de Télérama. Ce qui sera chose faite avec leur deuxième album (Show Your Bones) et leur nouvel album (It’s Blitz !) qui baissent en saturation, en rythme, tendant vers une pop électronique plus convenue. Le Bataclan se voit ainsi complet et blindé à la fois de jeunes revivalistes aux panoplies fluo (imitant la chanteuse) et de gens d’horizons différents. Cette chanteuse dont tout le monde attend le spectacle -Emmanuel (de Inside Rock) me faisant remarquer à juste titre que les deux autres à la guitare et batterie, sont insignifiants, tout comme par la même occasion le claviériste constamment dans l’ombre- arriva dans une tenue farfelue et multicolore, masquée par un tube rose fluorescent assez surprenant. Très vite, elle fait preuve de ses habituels fous-rires et de ses poses de rockstar. Mais désormais ce ne sont plus celles de la hard-rockeuse décadente qu’on avait pu voir au Trabendo en 2003. Les temps changent, la bière et le champagne crachés dans le ciel par Karen O ont été remplacés par de l’eau minérale.

Le concert se déroule normalement. Les morceaux sont majoritairement des singles. Seuls quatre morceaux issus de Fever To Tell, dont deux qui font une différence indéniable et efficace (Date With The Night, Black Tongue). Le reste, alternant ballades et électro-pop boostée sous des jets de confettis, est issu des deux albums suivants, et on découvre que It’s Blitz est beaucoup plus tempéré et lancinant que les autres, avec une guitare de plus en plus remplacée par un clavier pas franchement utilisé de façon originale... Total : J’ai par moment l’impression d’être à un concert de Superbus. Et en plus, le batteur se la coule douce tout au long du concert et Nick Zinner pratique des sons beaucoup moins intéressants qu’avant. On dirait qu’ils « font leur boulot », ce qui est mauvais signe pour un groupe relativement jeune. Pour cacher la misère, Karen sourit, change de tenue, nous fait chanter « Happy Birthday » (mais personne ne sait pour qui), et continue de façon systématique ses attitudes rebelles mais sans excès. A part ça, l’énergie est là, le décor où domine un oeil géant est soigné et l’ambiance est bonne, compensant ainsi un set assez court (1h + un rappel vite fait). Ni marquant ni mauvais.

CREDITS PHOTOS : Robert Gil.



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