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A Place To Hide

A Place To Hide

Object

par one minute in the dream world le 29 septembre 2009

4

2009 (Str8line Records)

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Trio parisien œuvrant dans une cold-wave bien maitrisée, redevable avant tout à Joy Division mais ayant le mérite de ne s’y tenir de façon exclusive, Object, formé par Stéphane Pigneul (chant, basse, guitares), Jean-Christian Levé (batterie, claviers) et Benoît Perraudeau (guitares, claviers), signe ici dix titres de belle facture, aidé en cela par Amaury Cambuzat (Ulan Bator, grosse référence hexagonale et termes de rock écorché). On pense dès l’intro de Broken Window à la formation de Ian Curtis ; chant obscur, basse vivace et rythmique saccadée s’accouplent pour accoucher d’un morceau sans failles, alerte et attrayant.

Cependant, les parisiens ont l’intelligence de se démarquer de cette influence directe et sur Friend Of Mine, c’est le fantôme de Virago, autre trio, grenoblois celui-ci, s’étant illustré dans les 90’s, qui se profile. Cela se confirme sur Lamer, et ce d’autant plus que sur ce morceau, Stéphane Pigneul use du chant en Français et fait preuve de la même verve verbale qu’ Olivier Depardon, chanteur-guitariste de Virago. Retour ensuite à une filiation plus ouvertement cold sur A Place To Hide, autre morceau solide de ce premier long-jet, avant que The Fire Line ne vienne faire le pont entre les deux tendances, cold et noise, avec maestria. Ceci en offrant en « surplus » des riffs énormes, sur un tempo à la fois direct et saccadé. C’est d’ailleurs ce juste dosage qui prévaut sur la totalité de A Place To Hide, à l’image du bien-nommé High, aux « backing vocals » remarquables, tant par le juste milieu trouvé par les musiciens que du point de vue du chant, sobre, sombre et racé.
Dans un registre plus pesant, White Dress surprend également agréablement, apportant de surcroît la diversité nécessaire à ce que ce disque s’impose non pas comme un bon disque, mais comme une réalisation aboutie et incontournable. Ce que vient confirmer Supersonic Years, direct et orné des gimmicks sonores irrésistibles pondus par le trio, auquel succède un Reach The End, Miss The Point plus intense encore, colérique et dynamité par des guitares de feu et une section rythmique bien en place et porteuse d’un groove appréciable. Ce morceau repartant de plus belle après un break bref et bien amené, sur les « Get out » répétés par Stéphane et qui créent un sentiment obsédant.
Enfin, c’est un Six Days lancinant, assez noise, qui ferme la marche en imposant un climat encore une fois prenant à souhait, parfait reflet de la capacité qu’a Object à allier des éléments différents pour obtenir quelque chose de personnel et d’abouti, parvenant ainsi à se démarquer d’influences déjà bien digérées.

Le résultat est donc excellent et si l’on exigera à l’avenir du trio qu’il creuse plus en avant cette démarche de personnalisation, on peut pour l’heure profiter pleinement de cet album et de l’avènement d’un groupe dont on entendra à coup sur reparler dans un futur proche, à l’image de ce que peut produire le label Str8line Records, dans le créneau post-punk notamment.



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Tracklisting :
 
1. Broken Window (3:33)
2. Friend Of Mine (3:33)
3. Lamer (3:24)
4. A Place To Hide (4:10)
5. The Fire Line (3:42)
6. High (3:58)
7. White Dress (3:58)
8. Supersonic Years (3:07)
9. Reach The End, Miss The Point (4:08)
10. Six Days (4:03)
 
Durée totale : (37:36)