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The Patriotic Sunday

par one minute in the dream world le 27 octobre 2009

4

paru le 26 octobre 2009 (Effervescence)

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Eric Pasquereau, membre de l’excellent trio nantais Papier Tigre, œuvre également sur ce side-project savoureux, aussi peu commun que son autre groupe, mais plus basé sur une trame folk aux influences multiples et loin d’être ennuyeuse.

Après un premier album datant déjà de 2005, Eric, fort d’expériences scéniques auprès d’artistes tels que The National ou Animal Collective, s’entoure ici de musiciens ; Jonathan Seilman (This Melodramatic Sauna), Pierre Antoine Parois et Arthur de la Grandière (Papier Tigre), transfigurant ainsi des chansons d’abord écrites seul à la guitare, dans lesquelles il évoque, comme suite au premier opus, les thèmes suivants : le dégoût de soi, les relations de couple et d’amitié, de vieillissement et de mort imminente. Ce procédé semble l’inspirer à un point tel que ce nouvel album revêt de multiples apparats, très souvent chatoyants, savamment élaborés et aux influences allant, en résumé, de Beck à Pinback en passant par Grandaddy ou encore les Flaming Lips. Cette pluralité augure d’ailleurs du contenu, riche et impossible à catégoriser, ce qui constitue l’un de ses nombreux atouts.

Avec Capital Letters, on se rend compte d’emblée de ce côté éclaté et pourtant cohérent ; de superbes mélodies posées sur des plages folk entrent en collision avec de soudaines explosions noisy, et il en ressort un titre introductif tout à fait représentatif de l’aisance qu’a The Patriotic Sunday à assembler ces tendances pour se démarquer de la production actuelle et offrir, c’est une constante chez Effervescence et ça mérite d’être souligné, des composition de caractère et de toute beauté. La pop du label Anticon a aussi été évoquée en tant qu’influence et cela s’entend, le groupe en reprenant à son compte le côté « bricolé » et hors-normes, comme sur 10 Years, doté de cuivres aussi élégants que la plupart des structures bâties sur le disque.

Cependant, et en dépit de cette liste sensée influer sur ses compositions, The Patriotic Sunday est doué des qualités nécessaires à la conception d’un univers entièrement personnel, et l’on ne retrouve ces influences que par bribes, au détour des onze chansons, avenantes, délicates (The Italian Post Takes Too Long, Outside It Was Still Coming Down), parfois plus tourmentées (Cops & Robbers). L’intensité posée de ces morceaux surprend et quand The Patriotic Sunday calme semble t-il définitivement le jeu (The Cat), c’est pour repartir de plus belle, l’instant d’après, dans des sonorités plus énervées. Une tension retenue donne du coffre à l’opus (Jonas), tout en se drapant dans des sons distingués, finement conçus, et sur Spinning Blades, un fond noisy timoré semble se retenir de souiller une enveloppe sonore racée. C’est d’ailleurs, entre autres, de cela qu’est fait Characters ; une finesse étonnante, posée ou un peu plus saccadée (People Have No Tolerance for Your Hardship Unless You Know How To Entertain Them With It), timidement « abimée » par des élans rock, attrayante quelle que soit l’option musicale choisie, celle-ci changeant en outre au fil des morceaux et se voulant, au sein de ces morceaux eux-mêmes, l’exact reflet de l’univers des nantais. Pop, folk, rock, pop orchestrale et j’en passe ; à l’arrivée, on ne sait plus très bien où on en est et peu importe que l’on s’y retrouve, captivé que l’on est par l’ambiance unique de ce Characters qui sait aussi hausser le rythme (Morning Theft) et monter en intensité sans se départir d’une certaine pureté.

Pour conclure, on tient donc avec ce disque une œuvre particulière, pas forcément facile d’accès, qui exige un certain effort d’acclimatation. Mais passé ce cap, on découvre, au gré d’écoutes passionnées, les mille et une richesses, et toute la profondeur, de ce disque qui fait grandement honneur au label nantais le plus recommandable avec, bien sur, Kythibong et ses productions elles aussi décalées.



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Tracklisting :
 
1. Capital Letters (03:39)
2. Jonas (03:34)
3. 10 Years (04:01)
4. Spinning Blades (03:40)
5. People Have No Tolerance for Your Hardship Unless You Know How To Entertain Them With It (04:13)
6. The Italian Post Takes Too Long (04:51)
7. Morning Theft (04:26)
8. Outside, It Was Still Coming Down (04:33)
9. Cops & Robbers (04:52)
10. Ageing Child (04:55)
11. The Cat (04:05)
 
Durée totale : 46:49