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Nonbreakable Stereo

Nonbreakable Stereo

Leon Rousseau

par Fino le 18 mars 2008

3,5

Paru en décembre 2007 (Chuck’s Records)

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Leon Rousseau cache bien son jeu, derrière un nom sexy comme une vieille éponge humide. Remarqué en 2006 avec un premier album solo, « Old School », l’homme à tout faire anglophone revient avec un opus qui respire les Etats-Unis. Une guitare bien épaisse brandie en guise de drapeau, et notre bonhomme revisite la musique américaine sans fioriture mais en sachant où il nous amène. Les solos sont directs, droits, quatre coups de sabot comme on les aime.

Quelques glissements vers le sucré et l’utilisation d’un banjo (Comfort) finissent d’ajouter la teinte country au diptyque blues-folk qui entame l’album avec brio (à l’exception notoire du cahot Freaking Pictures, passage par la case finesse qui négocie assez mal avec des partenaires peu enclins à la raffinerie). Kicking DJs, morceau qui cavale derrière un riff qui laisse peu de place à l’imagination la plus lyrique, fait sans ambages ce qu’il annonce. L’alternance acoustique-électrique se mélange avec harmonie sur la palette du musicien, tel cette mini reprise de Cocaine Blues qui vient donner une légère bouffée d’air avant de retourner dans l’univers enfumé de My Old Man.

Leon Rousseau n’apporte rien de neuf serait-on tenter de modérer, exception faite d’un retour à une musique terrestre, à des instruments qui semblent avoir du répondant à une époque où les productions se débarrassent de ce genre d’effets collatéraux non souhaités. Certes, il n’est pas le premier à y penser, mais cela suffit néanmoins à apporter un caractère à un disque qui tient sans la moindre difficulté la distance, du haut de ses quatorze pistes courtes.

Finissant le tour de ses influences émerveillées, dans le même rayon dénué du moindre surplus de finesse, le surf Riding West (La Baule), si ce n’était cet occasionnel éclat de voix auquel l’artiste n’a pu résister, remplit le contrat à merveille pour tout fan de westerns spaghetti et de leurs interminables plan séquence de chevauchées. Les instruments, tous assurés par l’auteur-compositeur, s’entremêlent parfaitement et sans prétention, effaçant souvent une voix reléguée à l’accompagnement de longues promenades.

Cette collection de clins d’œil d’une époque bénie des dieux ne revient jamais sur ses pas, et se déroule avec une facilité qui force le sourire. Un sourire béat pour le nostalgique de base, auquel s’ajoute les effets de morceaux parodiques des plus réussis (Black Cat Blues). Si cela n’en fera pas l’album de l’année, cela lui permettra de rentrer dans le club très restreint des nouveautés sur lesquelles, après découverte, on reviendra à l’occasion avec plaisir.



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Tracklisting :
 
1. Stories (2’40)
2. Freaking Pictures (2’57)
3. Sit Back, Ramona (2’29)
4. Comfort (2’29)
5. Kicking DJs (2’46)
6. Cocoine Blues (1’40)
7. My Old Man (4’05)
8. Riding West (La Baule) (2’16)
9. Salmon Song (2’37)
10. Grown (2’35)
11. Square (2’23)
12. Finger (2’07)
13. Black Cat Blues (3’44)
14. The Box (2’01)
 
Durée totale : 36’56