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Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

Nuggets, the grandchildren : digging in the new psychedelic era

par Fino le 17 avril 2007

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Prélude inutile

18 novembre 2006 : je m’apprête à enfin recevoir ma tant attendue rasade de musique de drogués, alors que le Brian Jonestown Massacre se prépare à envahir la scène London Astoria. Plus tard - on ne sait même plus quand exactement ni comment tant toute notion du temps s’est distordue, au gré des vols planés et frasques beaucoup plus terre-à-terre des membres du groupes -, plus tard donc, ce qui s’avérera être la ravissante Aimee Nash mais n’est alors qu’une ravissante anonyme vient faire resplendir Anemone. Anton Newcombe embrasse et présente la chanteuse et musicienne des Morning After Girls. Le nom est attrapé au vol ; il vient remémorer les souvenirs d’une compilation téléchargeable sur le site du BJM. Il ne sera pas relâché de si tôt.

Une petite dizaine plus tard, le groupe australien passe en catimini à la Carling Academy, en plein Angel. Un peu tiré par les cheveux, mais on n’aurait imaginé meilleure coïncidence pour leur apparition. Le temps pour se décider à y foncer correspond à celui nécessaire pour trouver l’adresse et le chemin le plus bref. L’effet sera radical : il est grand temps de creuser tout ça et que l’on parle d’une telle formation, qui n’est malheureusement pas la seule plongé dans un assourdissant anonymat en France ou ailleurs. Les frontières sont aujourd’hui plus poreuses que jamais de toute façon. Eh oui, que c’est prétentieux. Maintenant que ceci est dit, autant entrer dans le vif du sujet.

Ça commence enfin

Ils sont jeunes ou moins jeunes, mais pour la plupart pas éclos de la dernière pluie. Et ceux qui le sont ont indubitablement scruté ce et ceux qui étaient tombé avant eux.

Rien à voir ici avec la « scène du Gibus ». Pas de scène, pas de pseudo mouvement, peu de boutons d’acné. Logiquement, pas non plus de couverture mensuelle par un quelconque média. Ils ne sont plus ados, ne sautent certainement pas partout, et sont peut-être moins stylés que les Strokes et photocopies. Si cela n’était empreint d’un horripilant surdimensionnement de mon ego, je vous les présenterai, à une exception près, comme LE rock underground actuel.

Ils sont la queue de la comète Brian Jonestown Massacre - pour laquelle tout le monde a finalement pris son télescope en allant voir Dig ! - : resplendissante et trop peu remarquée. Frères du désormais célèbrement ignoré puis découvert groupe de San Francisco à la limite, enfants ou héritiers certainement pas. Point de copie, cela s’entend. Tous rejettent l’appartenance à un quelconque « mouvement » inspiré d’un revival psychédélique et/ou sixties, expression qui veut dire et peut inclure absolument tout ce que l’on souhaite, dans la mesure où les Beatles ont tout fait, et où Cale et Reed ont soigneusement tout défait. Et pourtant, quelques scènes émergent, semant des ponts entre elles. Ici à Melbourne, là à Londres, Philadelphie ou Portland... Certains se sont rencontrés, d’autres ont des connaissances communes, d’autres enfin absolument pas, et, pour ainsi dire puisque l’on en parle, n’en ont rien à faire.

Pour beaucoup, ils ont croisés la trajectoire d’Anton Newcombe, homme orchestre et ombre planante dont ils reconnaissent volontiers le génie. On apprend d’ailleurs en filigrane de leurs interviews une partie de ce que le film a (refusé de ?) capturer, et que l’avenir de celui-ci n’est pas des plus dégagés... Anciens membres ou amis pour certains, on devine instantanément quelques sources d’inspirations communes qui se sont répandues comme une traînée de poudre... de la décennie 1960 à la réplique psychédélique des années 80. Les petits enfants des Nuggets originaux pour aller au plus simple. Métissage oblige, ces rejetons ont parfois peu en commun, si ce ne sont ces lointaines origines planquées sur un brin d’ADN, et un goût prononcé pour les noms qui tuent. Autant de point commun donc entre The Morning After Girls et Sarabeth Tucek qu’entre The Castaways et Human Expression à l’époque.

Ils ont pour la plupart bien trop écouté Lou Reed pour être demeurés sains d’esprit, et à la question « quelle a été la plus grande révolution dans l’histoire du rock ? », répondraient volontiers le Velvet Underground, l’utilisation de six guitares en même temps, l’écriture sous drogue ou l’Epiphone Casino.

Lecteurs qui détestez déjà ce ton, ne méprenez pas le but de ce dossier : ces groupes sont bons, le génie d’Asteroid #4 vous éblouira vous aussi. Il s’agit uniquement de les faire connaître. La génération zapping et Myspace a hissé le pavillon noir ne laisse aucun répit ; on ploie sous l’atmosphère de plomb de certains, on se promène au bord d’une eau trouble avec Leigh Gregory, on se laisse emporter dans les plaines sirupeuses de Mellow Drunk. Le jeu de ces pages est biaisé dès le départ, alors oubliez le recul, de toute façon c’est has been, et comme on dit à l’école et malheureusement trop peu ensuite : ouvrez grand vos oreilles.

Infinis remerciements à Ankita pour son aide précieuse.



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