Playlist
Pépites du moment

Pépites du moment

par Oh ! Deborah, Parano, Emmanuel Chirache, Yuri-G, Sylvain Golvet le 6 avril 2009

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Des morceaux adorés, éclectiques, fraîchement découverts ou non, et que la rédaction écoute beaucoup en ce moment.

The Low End Theory
Butter - A Tribe Called Quest (The Low End Theory, 1991)

En 1991, les Tribe Called Quest réalisaient le disque de hip hop parfait avec Low End Theory, mélange de rap et de jazz à l’élégance cool inégalée depuis. Issu de ce chef-d’œuvre, Butter plaque un flow envoûtant sur un beat hypnotique rehaussé par des sonorités prêtes à magnétiser les foules. A chaque seconde, aigus et basses se croisent et se répondent pour donner au morceau un climat tout simplement unique.

Born A Lion
Play The Blues - Danko Jones (Born a Lion, 2003)

Danko Jones, en digne émule de Motörhead (ils ont d’ailleurs joué ensemble) n’a bien sûr que deux sujets de prédilections : la musique et les femmes. Parfois le trio mixe les deux avec cet hommage au blues, avec un superbe refrain : « If you wanna know how to play the blues... get yourself a woman ! ». Le tout emballé avec ce qu’il faut de riffs puissants, de rythmique qui claque et la puissante voix sexy et éraillée du Danko.

The Soft Bulletin
Race For The Prize - The Flaming Lips (The Soft Bulletin, 1999)

Une production rétro, quelque part entre les sixties et Abba, un synthé scintillant, des lapins magiques, un rythme percutant, des choeurs angéliques, des créatures de contes pour enfants, un piano merveilleux, des paysages enchanteurs, de multiples mélodies irrésistibles. Les Flaming Lips faisaient de leurs chansons des épopées romanesques et psychédéliques.

16 Lovers Lane
Love Goes On ! - The Go-Betweens (16 Lovers Lane, 1988)

Les Go-Betweens avaient alors signé certaines des plus belles chansons pop de tous les temps, la preuve avec Love Goes On ! à l’évidence jubilatoire immédiate, non sans rappeler les sommets de Love en leurs temps. Guitare sèche aux airs hispaniques, voix lumineuse, cordes et arrangements subtiles, production éclatante, fluide. Que de génie mélodique.

Miami
Carry Home - The Gun Club (Miami, 1982)

Située en ouverture de l’album, Carry Home suffit amplement à créer l’identité intimiste de Miami. Dès les premiers mots, un frisson suivi de mille et une passions, de mille et une raisons d’aimer Jeffrey Lee Pierce et les palmiers desséchés ornant cette pochette mythique. Retraçant les sentiments et les doutes d’un homme endurci qui revient au pays, Carry Home est à la fois pop et country, une chanson simple et un hymne magnifique. A l’inverse des autres, son refrain marque un break : I have returned through so many highways and so many tears, d’où les couplets repartent à chaque fois plus beaux. Avec, toujours, une guitare slide étourdissante ainsi qu’une voix inondée de bravoure et de mélancolie.

Anna Karina
Sous Le Soleil Exactement - Anna Karina (Anna, 1967)

Qu’elle était charmante, l’égérie de Godard. Ses cheveux corbeaux, son regard dévorant sur visage de nacre : dans des manifestes parfois pénibles, elle était la raison de tomber amoureux, par un sourire, une élocution coulante. En 1967, Anna partage l’affiche d’Anna, une comédie musicale, avec Serge Gainsbourg. Pour les besoins du film, il lui écrit une chanson. C’est l’occasion de précipiter sa voix, déjà fameuse, sur un pur écrin de pop française. Indolence de la basse, instrumentation panoramique, la mélodie va et vient pour finalement culminer dans une haute vocalise. Anna chante à la perfection. C’est très émouvant et très innocent. Chanson d’été pour l’éternité.

Inches
The Sweat Descends - Les Savy Fav (Inches, 2004)

Voila probablement le meilleur titre des stars de l’underground américain. Si vous ne connaissez pas les Savy Fav, foncez sur Internet (Deezer, Lastfm, Youtube…) en priant les dieux du rock d’épargner votre misérable carcasse. Toujours sur la brèche, entre groove impeccable, folie furieuse et sophistication bruitiste, les New-yorkais terrassent la concurrence en 4 minutes 15. K-O debout. Ça commence par un riff simpliste, qui enfle et mute sous les coups de boutoir d’une rythmique orgasmique, tandis qu’une voix hallucinée éructe des cochonneries (My mouth will water where the sweat descends). Puis ça explose sans crier gare. Un refrain aux allures d’hymne, qu’on voudrait hurler dans les oreilles du surgé, du DRH, de tous les peine à jouir qui peuplent nos journées. Imaginez Gang Of Four sous amphét. Fugazi sur le dancefloor. Un truc à vous faire lâcher la playstation, vivement déconseillé aux épileptiques.

Do Dallas
Lightsabre Cocksucking Blues – mclusky (Do Dallas, 2002)

Autre trio, mclusky ne restera sûrement pas dans les annales. Pratiquant lui aussi le riff énervé, mais cette fois au service du n’importe quoi, comme une version plus radicale des Pixies. Quelques fois c’est sans intérêt, parfois ils trouvent le truc, comme lors de la minute et 51 secondes complètement folle de ce Lightsabre Cocksucking Blues (ce titre !), une merveille de surenchère punk.

Master Of Puppets
Damage, Inc. - Metallica (Master Of Puppets, 1986)

Dernier titre de Master Of Puppets, Damage, Inc. est une méchante bombe thrash metal comme les Four Horsemen en pondait tous les jours dans les années quatre-vingts. Moins fameux que les autres hymnes du disque, le morceau rivalise pourtant d’efficacité et de puissance. Le riff avance plus vite que la lumière, tandis que le groupe nous gratifie d’un break terrifiant suivi d’un solo qui tourbillonne. Ceux qui étaient à Bercy mercredi 1er avril ont eu la chance d’entendre la chanson en live. Un grand moment.

Lust Lust Lust
Sad Transmission - The Raveonettes (Lust Lust Lust, 2007)

Imaginons... C’était les années 50. Au bal de fin d’année, Stuart porte son plus beau costume et sa cavalière, Nancy, une robe délicate, surmontée d’un sourire rouge et d’une blondeur captivante. Stuart et Nancy sont amoureux et ils dansent pour retarder le moment où ils s’embrasseront pour la première fois. Il y a une grande scène encadrée de velours, sur laquelle un groupe de crooner prend des poses candides. On voit bien le tableau. Et quand on écoute Sad Transmission, c’est comme si, brusquement, les Raveonettes débarquaient au bal, viraient les musiciens gominés, et commençaient à jouer une rengaine a la mode avec des guitares hurlantes. Rythmique squelette, crachin noise, le chaos s’abat sur l’assistance, mais les harmonies restent délicieusement bondissantes et la basse de Sharin s’amuse sur le motif de Stand By Me. Ce jour-là, dans les années 50, Stuart et Nancy ont le choc de leur vie. C’est un brouillard électrique qui fond sur eux mais la fête continue. Ils dansent et plus tard, ils s’embrasseront. Leurs enfants s’appelleront Jim et William Reid. Ils leur raconteront le jour de leur rencontre, quand ils dansèrent au bal sur « ce » morceau, Sad Transmission.

41
Is That Important ? - Swell (41, 1993)

Boredom, décennie 90. Les Swell pourraient franchement nous emmerder avec leur morceaux détachés, un peu mous, « alternatifs ». On devine sans peine que le chanteur David Freel avait les cheveux luisants, le no-look et l’air blasé. Mais voilà, c’était un songwriter parfaitement capable. Ses mélodies arides avaient une patte indéniable, dont la guitare folk était le noyau central, supportée par du plomb dans la batterie et quelques gravitations électriques (mi grunge, mi Pavement). Le tout assez finement disposé pour qu’on adhère à leur évidence. Dans l’inaugural Is That Important ?, d’entrée les accords sont simples mais transportent avec d’autant plus de permanence. Ils seront répétés tout du long, pendant que batterie et guitare électrique iront de leurs apparitions claquantes et sales. Exaltant à sa façon. Swell signera même un des grands albums de l’époque (Too Many Days Without Thinking), alors non, ils ne nous emmerdaient franchement pas.

Dark Was The Night
You Are The Blood - Sufjan Stevens (Dark Was The Night - Compilation, 2009)

Ici, la dernière chanson en date du songwriter - toujours aussi tristement discret pour ce qui est de la parution d’un vrai nouvel album. Pourtant, il n’a rien perdu : même s’il s’agit d’une reprise (des Castanets... quelqu’un connaît ?), You Are The Blood, longue de dix minutes, est un patchwork grandiose dont la beauté semble peu courante. Parce qu’il y a de la folie dans cette hénaurme ascension orchestrale ornée d’arrangements electro et de saturations parasites. Pour schématiser, on irait du côté de Ravel et d’Aphex Twin. C’est un peu difficile à suivre, c’est saisissant, on veut la suite.

Hope & Sorrow
Positively Inclined - Wax Tailor (Hope & Sorrow, 2007)

Contrairement à ce que son nom indique, Wax Tailor est un petit frenchie qui monte, qui monte. Avec l’insolence de la jeunesse, le garçon mixe du hip hop, de la soul et de l’électro pour un résultat ultra séduisant. La preuve : Positively Inclined est une grosse baffe, un beat irrésistible rythmé s’il vous plaît par un violoncelle sexy et ornementé de flûte aérienne. Un coup de génie qui ridiculise tous les Justice de l’hexagone.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom