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Si Vis Pacem

Si Vis Pacem

Parabellum

par Sylvain Golvet le 9 octobre 2007

2

paru le 10 septembre 2007 (Enragé Production/Discograph)

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Tiens Parabellum existe encore ? Ancienne gloire du rock alternatif des années 80, le groupe parisien en est à plus de 20 ans de carrière, malgré quelques aléas (séparation ou mort d’un batteur) et reformations, et peut se targuer d’en être un des survivants, contrairement à Bérurier Noir, Ludwig Von 88 et autre Mano Negra. Et en cette année 2007, Parabellum revient aux sources, du moins en apparence en rappelant avec le titre de l’album sa raison d’être : « Si vis pacem, parabellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre). Étant toujours engagé à gauche, Parabellum se propose depuis ses débuts de commenter la politique ou les mœurs de ses contemporains avec une ironie mordante, accompagnée de sonorités de power Rock’n’Roll. Enfin dans l’idéal.

Autant L’Intégrale Volume 1 retraçant le début de carrière ou le Bordel Inside de 1999 retranscrivaient plutôt bien ce mélange, autant là le début du disque laisse un peu de marbre. Entre un Comme Un Héros semblant parler de Spiderman, bien qu’on se demande encore où cela va, un Tant Qu’il y Aura des Watts en hommage timide aux Stooges ou à Elvis et un Noir Sur Bleu au romantisme qui leur va si mal au teint, on a du mal à retrouver nos petits. Peut-être qu’une petite reprise pourra remettre le tout sur les bons rails ? Malheureusement, même si la version est loin d’être honteuse, ce n’est pas le Bang Bang repris à Nancy Sinatra qui nous fera nous pâmer, celle-ci souffrant d’une raideur bien loin de l’interprétation récente faîte par les Raconteurs.

Ensuite ça s’arrange un peu, Parabellum se concentre sur ses fondamentaux et propose deux ou trois ruades rock lorgnant toujours entre le rockabilly et le punk (Le Boxon, Mission Demago). Pourtant on s’attendrait à plus fin dans le commentaire social, d’autant que Reuno de Lofofora s’est chargé de certains textes. Sanseverino vient prêter main-forte sur C’est Pas Gagné, qui se transforme donc en morceau de Sanseverino. Mais le plus dommage est ce son affadi que se traîne l’album. Les guitares se veulent tranchantes, mais tout est lissé par une production qui se veut sûrement fine mais qui n’est que molle. En même temps enregistrer en pleine campagne, avec Bruno Preynat l’ingé-son de Mickey 3D, n’aide sûrement pas à être hargneux. Le plus convaincant reste ce Rock n’ Roll Class Affair final qui retrouve une morgue sympathique et une envie d’en découdre qui fait d’autant plaisir qu’elle était absente du reste. La voix de Schultz se fait d’ailleurs beaucoup plus vivante, plus naturelle. On se dit que ce titre aurait du être le point de départ et non une arrivée.

Avec un titre plutôt en forme de déclaration de guerre, cet album se révèle au final plutôt pantouflard pour un Parabellum qu’on a connu plus incisif. Car passé l’indulgence nostalgique, force est de constater que ce n’est pas cet album qui redonnera vie à une scène française à la fois rock et engagée. Comme si le groupe préfère faire son petit bonhomme de chemin pépère. Pas vraiment de quoi choquer le bourgeois, en attendant le prochain.



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Tracklisting :
 
01. Comme Un Héros (3’04’’)
02. Tant Qu’il Y Aura Des Watts (4’54’’)
03. Noir Sur Bleu (3’32’’)
04. Bang Bang (3’17’’)
05. Le Boxon (3’05’’)
06. J’Ai Ramassé (2’51’’)
07. Mission Démago (4’08’’)
08. C’est Pas Gagné (2’48’’)
09. Pourquoi Tu T’Inquiétes ? (2’55’’)
10. Sale Gueule (3’49’’)
11. Rock’n’Roll Class Affair (4’28’’)
 
Durée totale : 38’42’’