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Drive With A Dead Girl

par one minute in the dream world le 15 septembre 2009

4

2009 (Autoproduit)

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Quatuor lillois noisy et affichant ouvertement des influences qu’il maitrise assez pour les laisser transparaitre, Drive With A Dead Girl, prolifique et performant, éloigné des schémas conventionnels (ce qui ne constitue guère une surprise au vu des leurs goûts), signe avec ce nouvel album une nouvelle épopée sonique remarquable. Après un dernier album qui ne date que de quelques mois, la formation nordiste signe en effet sept titres -il ne lui en faut pas plus pour convaincre et imposer sa marque de fabrique- grinçants et sans concessions, dignes des écoutes prioritaires de leurs géniteurs.

Dès le début de Car Crash, une ambiance proche de celle des early Sonic Youth, à la fois narrative et dérangée, malsaine et sereine, emprisonne l’auditeur et ne lui laisse aucune alternative, si ce n’est le renoncement (mais celui-ci, ouvert et avide de sonorités décalées, ne lâchera pas prise), et le calme trompeur de ce titre, suivi d’une envolée noisy digne d’un Evol, rafle les suffrages. Et sur M.E.C.A.N.O., plus vif mais toutefois assez lancinant, l’effet se perpétue et la voix de A., efficacement secondée par des complices tout aussi perturbés, s’associe avec à-propos à la trame noisy concoctée par ceux-ci. Sur Amerloques, le rythme s’affirme et permet d’instaurer une variété certes appréciable, mais à laquelle on s’attendait vu le potentiel affiché, tout en faisant alterner, avec un bonheur certain, des climats parfaitement imbriqués.
Arrive alors Raining On Me, digne des titres les plus contemplatifs chantés par Kim Gordon, et ses successions bienvenues entre tranquillité apparente et envolées bruitistes jouissives et jamais excessives.
(R)ubik confirme,après cela, l’habileté de Drive With A Dead Girl à réitérer ces saccades vocales et instrumentales pour s’affirmer comme l’un des pendants hexagonaux les plus crédibles à cette vague noisy rarement égalée (même si, il faut souligner, il ne s’agit aucunement de la prétention première du groupe, loin s’en faut), puis No Flowers_Botched Body fait dans le plus vivace, peut-être légèrement moins déstructuré, ce qui permet non seulement un petit « break » dans le cheminement de DWADG, mais aussi l’affirmation de la diversité des vignettes musicales incluses dans ce disque de belle facture.

Enfin, When We End A Rubik, qui outrepasse les quinze minutes, s’avère être le « résumé », voulu ou pas, de ce que les lillois savent faire, et offre des sautes d’humeur dignes, et ce n’est pas un jeu de mots, de la plus parfaite « Schizophrenia ».

A l’arrivée et à la suite d’essais déjà plus que concluants, aussi bricolés que maitrisés et aboutis, on tient donc là la conséquence discographique, sans failles et sans fioritures, porteuse d’une identité assumée et revendiquée, du talent d’un groupe qui gagnerait à être plus connu et qui, s’il lui est offert de percer, pourrait très vite trouver une place privilégiée et damer le pion de nombreuses autres formations évoluant dans un créneau similaire, que ce soit ici ou à l’extérieur de nos frontières.



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Tracklisting :
 
1.Car Crash (6:51)
2. Myster Enters Covered And Nude Over All (2:54)
3. Amerloques (3:09)
4. Raining on me (5:23)
5. (R)ubik (3:40)
6. No Flowers / Botched Body (5:02)
7. When we end a rubik (16:24)
 
Durée totale : 45:03