Pochettes
The Man Machine

The Man Machine

Kraftwerk

par Milner le 5 avril 2011

paru le 13 mai 1978 (EMI)

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Les mauvaises langues qui ont longtemps décrit Kraftwerk comme un « sous-Pop Corn » (composition-gimmick de Hot Butter datant du début des années 70 mais néanmoins tube mondial) ne purent que se rendre à l’évidence : le très homogène album The Man Machine représente la perfection du style Kraftwerk selon l’idée que Ralf Hütter et Florian Schneider, les deux alchimistes du quatuor, se faisaient du groupe. Poésie et abstraction musicale, son propre et efficace, aspect robotique, communion parfaite entre l’homme et la machine, tel en est leur théorie.

Sur la pochette de l’album fortement inspirée du graphisme bauhaus et des ballets mécanistes d’Oskar Schlemmer, la posture des musikarbeiter accentuent les diagonales dynamiques du graphisme, les vêtements sont de couleurs rouge et noire « révolutionnaires », les cheveux sont courts ! Cette apparence, et cette vision nostalgique du futur (vision que les hommes se faisaient du futur dans les années vingt à cinquante) séduira une partie du public voyant chez Kraftwerk une alternative ironique au courant « baba cool », toujours majoritaire à l’époque. L’esthétique constructiviste russe de la couverture, directement inspirée des travaux de Lissitski et Rodchenko, est à prendre au second degré : l’idéologie n’est guère présente dans la musique des Fab Four du Kling Klang Studio de Cologne.

Ces derniers avaient une vision et pensaient que la culture vivante centrale européenne avait été coupée dans les années 30 puisque tous les intellectuels teutons étaient partis aux États-Unis, en France, ou bien ils avaient été éliminés. Ils comptaient reprendre cette culture des années trente où elle avait été laissée. Si bien que, lorsqu’on voudra connaître à quoi ressemblait l’Europe en 1978, on écoutera The Man Machine. Adorant laisser planer le doute, les membres de Kraftwerk se sont publiquement dépeints comme des automates lors de la sortie de l’album, cette image étant consolidée par les titres The Robots ou le morceau éponyme The Man Machine.

Cette pochette résume bien l’histoire de ce qu’a fait Kraftwerk depuis ses débuts, ce qui correspond à l’envers du décor, à son cheminement psychologique, tout un tas de notions quasi-intellectuelles en ces périodes de crêtes iroquoises...

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