Films, DVD
The Rocky Horror Picture Show

The Rocky Horror Picture Show

Jim Sharman et Richard O’Brien

par Psychedd le 5 septembre 2005

4,5

Sorti en salles en 1975 / Dernière édition DVD en 2000, pour les 25 ans du film / Réalisé par Jim Sharman et Richard O’Brien / avec Tim Curry (Frank N. Furter) Susan Sarandon (Janet Weiss), Barry Bostwick (Brad Majors)...

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Londres, 1973.

En pleine période glam-rock, musique décadente et ambivalence sexuelle sont au goût du jour, surtout pour les anglais qui aiment bien ce genre d’excentricités.
Dans un petit théâtre de King’s Road, Richard O’Brien a monté sa comédie musicale : The Rocky Horror Picture Show. Ayant un succès certains chez les jeunes, la troupe, composée déjà de Tim Curry, Richard O’Brien, Little Nell, Patricia Quinn et Jonathan Adams décide d’aller tenter sa chance du côté de Los Angeles, où ça fonctionne aussi bien, en 1974. L’opportunité est trop belle, O’Brien décide de transposer son oeuvre sur grand écran.

Le tournage dure 6 semaines avec les acteurs de la troupe originale, plus le rocker Meat Loaf (qui les a rejoint à Los Angeles) et deux nouvelles têtes, des petits jeunes qui montent paraît-il : Barry Bostwick (le maire dans Spin City) et Susan Sarandon (est-il besoin de la présenter ?) dans les rôles de Brad Majors et Janet Weiss.
6 semaines de tournage donc, dans un château à l’abandon, fournissant rhumes et grippes à toute l’équipe, ainsi que des cours de slalom entre les seaux qui se remplissent de l’eau tombant du toit. Comme tout film culte, The Rocky Horror Picture Show n’a pas été un franc succès commercial lors de sa sortie en salles et la version de la pièce montée pour Broadway s’achève au bout de 45 représentations.
Ca semble mal barré pour marquer les esprits.

Il faut dire que le film est un véritable OVNI mélangeant les genres. Pour tenter de le définir, disons qu’il s’agit d’une comédie musicale glam-rock science-fictionnesque d’horreur érotique. Pas très parlant donc.

Le scénario est tout aussi simple : Brad et Janet, jeunes fiancés parfaitement niais (entendez par là vierges) veulent rendre visite à leur ancien professeur et ami, le docteur Everett Scott. Ils tombent en panne en chemin, dans un bois, une nuit d’orage. C’est mieux pour l’ambiance. Ils trouvent refuge dans un château où se réunissent les Transylvanniens, sortis tout droit d’un casting d’un remake de Freaks après avoir rencontré un valet bossu et une femme de chambre vraiment bizarre. Ambiance on vous dit... A l’apparition de Frank N. Furter, maître de maison, scientifique un peu fou et accessoirement un « gentil travesti de Transexuel, Transylvanie », platform-shoes, porte-jarretelles et collier de perles, on commence à vraiment s’inquiéter pour la santé mentale de Richard O’Brien. Frank N. Furter, mi-Frankenstein, mi-Dracula qui a crée Rocky, jeune éphèbe qui n’a qu’une moitié de cerveau, créature utile pour « libérer sa tension » (ah le coquin !). Autant dire que ça part en sucette et que Brad et Janet ne restent pas niais très longtemps. On ne racontera pas la suite, parce qu’une chose est sûre : il faut voir ce film !

En plus du scénario de série B sous hallucinogènes, le jeu des acteurs est absolument génial. Comme tout bon vrai film rock’n’roll, la musique est omniprésente et l’on ne peut que saluer le bel organe de Tim Curry (juste pour l’anecdote, il chante lors de la présentation par Roger Waters de The Wall à Berlin, ça en jette non ?)qui se ballade sur des talons hauts avec une aisance totalement incroyable. L’humour est au rendez-vous et musicalement, on a droit à un glam-rock d’excellente qualité, du rock qui bouge, des chansons plus posées à fendre le coeur. C’est tellement bon que la B.O se suffit à elle-même. Richard O’Brien a écrit presque tous les textes, manie les mots avec talent et possède un panel de références assez imposant (surtout quand il s’agit de vieux films d’horreur des années 50, voire plus vieux). Pas de temps mort, on n’a pas l’occasion de s’ennuyer devant TRHPS. Autre détail hautement rock’n’roll, le maquilleur du film n’est personne d’autre que Pierre Laroche, maquilleur officiel d’un certain David Bowie.

L’occasion pour beaucoup de (re)sortir le boa à plumes et de remuer son petit corps au son du Time Warp. D’ailleurs, le culte grandissant, c’est ce que font nombre de fans qui poussent le vice jusqu’à rejouer les scènes en costumes, avec jet de riz, de flotte et gants de caoutchouc roses qui claquent. C’est un peu extrême, on vous l’accorde et il vaut mieux commencer par un visionnage du DVD (édition de l’anniversaire des 25 ans du film), rien que pour s’innoculer le virus Rocky. Les bonus permettent d’ailleurs de constater l’étendue du phénomène et l’espèce d’hystérie collective que ce film provoque. Sans oublier l’inévitable karaoké, une galerie de photos et quelques scènes inédites (pas très palpitantes, il faut bien l’avouer). De quoi ravir les passionnés et attirer les néophytes.

Un seul avertissement : The Rocky Horror Picture Show peut être hautement addictif, mais en aucun cas mauvais pour la santé. Don’t Dream It, Be It !



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