Sur nos étagères
Another Melody... Another Cigarette

Another Melody... Another Cigarette

King Size

par one minute in the dream world le 12 mai 2009

4

paru en 2004 (On The Corner/Nocturne)

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Pour ceux qui auraient eu l’honneur et le privilège, humain et musical, de connaître King Size, et plus encore pour ceux qui seraient passés à côté de ce groupe picard à la discographie conséquente et sans failles, il convient, deux ans après la séparation, de revenir sur tout ou partie de son œuvre.

C’est ce qui motive mon choix, porté sur ce disque dans le sens où celui-ci allie live, domaine dans lequel les collègues de Philippe Nicole étaient parfaitement dans leur élément, et studio, lieu de gestation de leurs superbes morceaux.

Ici, outre la superbe pochette due à l’esprit singulier et au côté débrouillard du groupe, ces deux facettes de King Size trouvent en ces deux disques une représentation fidèle et parfaite, une fois de plus magnifiquement mise en son.

Sur les Hometown Sessions, le trio managé par Annie Bossut fait étalage d’un savoir-faire à l’évidence désormais reconnue, et nous régale de treize titres porteurs de l’identité King Size tout en évoquant des influences bien assimilées. Il y a du Neil Young dans cet album, on pense aussi aux Pixies, et par extension à toute une cohorte de groupes alliant mélodies enjôleuses et rudesse rock. En outre, l’utilisation d’instruments à vent, ou encore d’un harmonica, d’une flûte et d’un orgue hammond, apporte un plus et permet aux ressortissants de Crevecoeur Le Grand d’étoffer leur répertoire sans le dénaturer.

Dès Chocolate Girl, digne d’un point de vue mélodique des Beatles les plus en verve, l’alchimie King Size captive et il en sera ainsi jusqu’au terme de ce premier disque. Le groupe convainc également avec une grande facilité dès lors qu’il s’agit de faire donner la poudre (Can’t Stand The Weather) et la formule trio laisse à chacun le terrain nécessaire à son expression, ce dont résulte une cohésion époustouflante. Le pop-rock « made in King Size », bien positionné entre délicatesse, énergie rock’n’roll et intonations sollicitant les deux penchants, n’offre aucune prise à l’ennui ou la faiblesse, et sur la totalité des morceaux constituant ces Hometown Sessions, aucun ne peut être détaché ou valorisé plus qu’un autre. Et si j’avoue pour ma part une préférence allant à I’ve Got Time ou Mrs Much (sur lequel l’orgue de Jocelyn Godard fait merveille), ou plus loin, Possession, l’écoute de cet opus, ou de tout autre disque de la formation, se fait d’une traite. Le trio a l’art d’élaborer des titres doux-amers ou plus directs, à l’image de Nobody Told Me ou GI Joe, tout en modérant son propos par le bais d’un Christopher Walken’s Smile riche et majestueux.

La fin de disque est elle aussi royale, entre For Nothing et son superbe harmonica, O Brother et ses envolées magistrales, et en fin de parcours, ce Somewhere (Outside Looking In) rageur et entraînant, dont la fin débouche sur un titre caché presque noisy. Avec le son fignolé par Peter Deimel, on a droit, c’est une constante chez King Size, à un album en tout point remarquable.

Quoi de mieux, pour mettre en valeur un tel contenu et un tel groupe, qu’un live sans fioritures ? Ce Live and Uncensored est en effet l’exercice idéal pour restituer la puissance et l’énergie des picards sur scène, et sur les neuf titres qu’il inclut, dont un bon tiers de reprises, ce second disque imite le premier dans le sens où là encore, la tension, l’inspiration et l’intensité sont omniprésentes. De Mr Skin à I Got A Line On You en passant par un I Need You So (clin d’œil aux Thugs fréquentés par le trio) survolté et un Hey You révolté, King Size écrase tout sur son passage. Les titres studio sont joués avec une énergie renouvelée, un allant exemplaire ; en atteste Peace Of Mind, ou July dont les mélodies baignent dans un océan de guitares à la hauteur de celles jalonnant le Ragged Glory de Neil Young, tandis qu’une reprise comme I Got A Line On You, fonceuse et incoercible, achève ce live dans un esprit rock’n’roll caractéristique du groupe en présence.

Ce disque issu des planches s’écoute d’ailleurs, c’est à souligner, de la même façon que son pendant studio : fort, et de façon répétitive et passionnée. Le seul reproche que l’on pourrait formuler étant qu’il ne contient que neuf morceaux, cependant tellement bons qu’on oublie rapidement ce petit inconvénient.

Pour conclure, un « double » dont l’écoute ou la découverte ne fera qu’aiguiser nos regrets liés à la disparition de King Size, et nous poussera à explorer leur discographie, ou encore à s’intéresser aux différents projets actuels de ses anciens membres.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom



Tracklisting :
 
Hometown Sessions
 
1. Chocolate Girl (Louise Song) (2:46)
2. Can’t Stand The Weather (2:35)
3. Don’t Cry (4:16)
4. I’ve Got Time (3:35)
5. Elvis Paisley (4:20)
6. Mrs Much (2:05)
7. Nobody Told Me (3:21)
8. Christopher Walken’s Smile (6:04)
9. GI Joe (3:48)
10. Possession (2:55)
11. For Nothing (3:07)
12. O Brother (4:11)
13. Somewhere (Outside Looking In) (10:25)
 
Live And Uncensored
 
1. Mr Skin (2:57)
2. I Need You So (2:26)
3. Hey You (3:20)
4. Peace Of Mind (3:00)
5. Don’t Give It Up Now (7:55)
6. Leslie West (4:39)
7. Devil’s Secret Garden (3:16)
8. July (8:51)
9. I Got A Line On You (4:06)
 
Durée totale : (94:28)