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Assis Là

Assis Là

Batlik

par Frédéric Rieunier le 24 juin 2008

4

Paru en mai 2005 (À Brûle Pourpoint...)

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Tout ce qui est or ne brille pas. Ainsi en est-il de Batlik, qui parcourt les scènes françaises depuis quelques années et sort un disque tous les ans depuis 2004, sans pour l’instant se trouver sous la lumière des projecteurs. Il réunit pourtant un certain nombre de qualités : une voix de charmeur au timbre peu ordinaire, un jeu de guitare habile et entraînant et – surtout – une écriture travaillée qui offre des textes tour à tour touchants, drôles et engagés.

Mais l’homme ne semble pas intéressé par le strass et les paillettes. Il a d’ailleurs esquivé les propositions des majors pour signer chez un label indépendant : À Brûle Pourpoint... Cette réserve ne l’a pas empêché de participer à plusieurs festivals de renom comme le Printemps de Bourges et les Francofolies de La Rochelle. Il a même remporté en 2005 le Grand Prix du tremplin de la chanson des Hauts-de-Seine, destiné à valoriser les nouveaux talents.

En deuxième position de sa discographie, Assis Là a vu le jour la même année. C’est par la guitare claquante du titre éponyme que s’ouvre le disque. Batlik y décrit, avec le sourire, le désespoir et son cloaque de mélancolie, qui rongent parfois nos instants de solitude. Cheminant à travers un hall de gare, il esquisse ses états d’âmes.

Si au moins quelqu’un m’accompagnait,
je pourrais lui dire : ’faut pas pleurer, je jure, je reviendrai’.
Mais la seule personne qui m’attend sans même le savoir,
c’est le serveur du wagon-bar.

Le genre d’histoires aux détails révélateurs qu’affectionne l’artiste. Et qui font tout son charme. Les Blousons blancs n’échappe pas à la règle. Porté par une ligne de basse chaloupée, le titre égratigne ceux qui trouvent une solution à leurs dispute en recourant aux poings de leurs copains. Plus enjouée musicalement, Ses dépendances reste dans le domaine de la gravité en dressant le portrait d’un joueur pris dans la spirale de son addiction.

Il faut reconnaître que l’album n’est pas avare en sentiments de dépit et d’affliction. Sous son lit, Sa vie et L’Abandon – qui décrit avec maestria une rupture mal assumée – en sont quelques exemples. Dans Remède, le narrateur retrace sa biographie sentimentale et n’y voit qu’un chemin semé d’embûches et de râteaux. Une clarinette badine donne néanmoins un subtil optimisme à la tonalité du titre.

Le ton est bien moins léger sur Aux innocents. Le chanteur y blâme sans détour l’action peu reluisante d’un certain Charles P. (Grassois ayant pris du galon jusqu’à investir le ministère de l’Intérieur à la fin des années 1980), revenant sur son rôle dans la Françafrique et ses implications en matière de trafic d’armes.

Mais Batlik sait aussi voir le rayon de soleil qui redonne du baume au coeur. Ainsi, Les Chiens de prairie met en scène les leçons d’un grand-père à son petit fils, l’engageant à ne pas se laisser gagner par ses craintes et à profiter de la vie. Même lorsqu’on se sent dans l’ombre d’un camarade plus favorisé par la nature et qu’on est gagné par le « complexe du chien de prairie ». Le genre de sentiment que peut éprouver l’apprenti chanteur à l’écoute de ce disque...



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Tracklisting :
 
01. Assis là (3’22’’)
02. Les blousons blancs (3’15’’)
03. Cocubinage (2’51’’)
04. Ses dépendances (3’20’’)
05. Les chiens de prairie (4’00’’)
06. Sous son lit (4’39’’)
07. L’abandon (4’27’’)
08. Aux innocents (4’54’’)
09. L’autoroute (3’11’’)
10. Remède (4’09’’)
11. Son oeil gauche (4’51’’)
12. Sa vie (4’04’’)
13. Discutons (5’04’’)
 
Durée totale : 52’07’’