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Comet Candem

Comet Candem

Trouble Fait’

par one minute in the dream world le 19 janvier 2010

4,5

15 janvier 2010 (Rumors It Way)

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Nous comptons, dans ce pays à la scène bien plus florissante qu’il n’y parait, un nombre conséquent de groupes qui, loin de toute démarche mercantile et du désir de se faire connaitre, et reconnaitre, outre-mesure, sortent ça et là quelques pépites auxquelles seul un public curieux, audacieux et averti a accès ou presque. On regrette à l’écoute que ces combos ne bénéficient pas d’une aura plus étendue et cet album parfait en tous points de Trouble Fait’, principalement consacré aux communautés goth et punk de Londres, et plus particulièrement de Camden, illustre parfaitement cela.

Les collaborations, nombreuses, ne fléchissent aucunement et se veulent le tremplin, efficace, vers un panel diversifié, un album sombre et racé, bien équilibré entre l’inventivité de Jicé Letter et ses acolytes et apports « extérieurs » concluants. A Bridge To Nowhere fait d’emblée le pont entre new-wave au style obscur et distingué et touches cold distillées avec adresse, le quatuor issu à la fois de Paris et du Touquet imposant délibérément et sans plus attendre une trame personnelle, en l’occurence assez posée, de nature à éveiller un intérêt certain. Puis Northland, exhalant des guitares qui évoquent le Killing Joke de Fire Dances, illustre avec allant et vivacité cette aptitude à construire des morceaux aux qualités conséquentes. Acide et vivace, hybride dans sa constitution, Northland reflète joliment le brassage voulu par Trouble Fait’, entre new-wave et cold-wave aux touches rock, et punk, décisives. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on retrouve Fred Willens, bassiste d’un groupe punk nommé Disgrace, sur quatre titres dont ces deux-là, ou celle de Alexis G. aka Necros, batteur de Dead Sexy Inc, sur Boys Of The Rain, excellent dernier morceau de Comet Candem, dense et saccadé, portant lui aussi la patte de ce Killing Joke qui, en son époque et maintenant encore, brasse les styles, sur une étoffe « new/cold-wave » chatoyante, avec panache. Sailor, lui aussi « cogneur » mais chez Brotherhood Of Pagans, formation...compiegnoise, comble de la joie, pour le Picard que je suis, de faire la découverte d’un groupe aussi valeureux, enfonce le clou de ce style à la P.I.L./Killing Joke sur Comet Candem, titre éponyme dont les guitares et le canevas général, de même que les vocaux caractéristiques, égalent Jaz Coleman, Geordie and Co ; c’est dire si le résultat convainc !

Ailleurs, on oscille, comme chez le T21 de Black Label, entre chansons presque aériennes (Nightly Gleams), porteuses d’un fond sonore troublé, plages alertes aux airs de standard new-wave/rock imparable (The Walls Have Ears), et ce She Sleeps In A Pain lancinant, qui voit, lui, Frédéric Iovino, membre de Popoï Sdioh, intervenir derrière les futs et aux backing vocals. Trouble Fait’ associe calme trompeur et énergie débridée, distinction vocale et instrumentale et élans plus emportés, avec une maitrise totale, et signe des mid-tempi au climat Clair Obscur (petit clin d’œil aux frères Demarthe) somptueux (A Voice Speaks From Nowhere). Le texte de ce morceau vient d’ailleurs de Sandra Karuna, modèle d’art et poète, et de son ouvrage Rêve d’Eternité, la qualité textuelle de cet opus flamboyant état à mettre en avant.
Arrivent ensuite ce Thunderstorm percutant, rageur, auquel participe Eddy, chanteur de Disgrace, à l’énergie punk salvatrice bien combinée avec les séquences électro-cold du groupe, puis un Arrogant Culture lui aussi rythmiquement affirmé, moins direct mais drapé dans un enrobage une fois de plus captivant. Trouble Fait’ réinvente et associe des genres liés à une époque, ou plutôt des époques dont la richesse est ici réinvestie de la meilleure des façons, et signe un disque majeur. Saluons-donc la performance du leader Jicé, magistralement épaulé par DJ Neurotic (basse), Babeth H. (claviers, chœurs), et Matt (batterie) et cette ribambelle d’invités bienvenus, et l’avènement d’un groupe dont il serait judicieux d’évoquer les qualités de façon nettement moins confidentielle.

Superbe disque donc, agrémenté en outre d’un bonus track psyché et intriguant, très « free », d’un combo à découvrir sans trainer.



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Tracklisting :

1. A Bridge To Nowhere (4:05)
2. Northland (4:38)
3. Nightly Gleams (3:11)
4. The Wall Have Ears (4:44)
5. She Sleeps In A Pain (4:23)
6. Comet Candem (5:46)
7. A Voice Speaks From Nowhere (4:52)
8. Thunderstorm (3:52)
9. Arrogant Culture (4:38)
10. Boys Of The Rain (10:01)
 
Durée totale (51:11)