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Discopathology

Discopathology

Noise/Girl

par Fino le 29 janvier 2008

4,5

Paru en novembre 2005 (Killer Pimp Records)

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Les adeptes du collage d’étiquettes risquent d’être servis : noisy-heavy-disco-psyche-electro et tant d’autres, retenez simplement de Noise/Girl que c’était électronique côté pile, et que c’était incroyablement puissant côté face. Après avoir massacré tous les amplis sur le passage dans les années 1990, cet étrange hybride londonien-tokyoïte avait disparu en 2000. Le leader Lucifer a refait surface le temps de confier à Brainwashed, puis Killer Pimp Records, un enregistrement de matériau inédit. Là où Air a offert une parfaite version douce de la transition vers le nouveau millénaire, Noise/Girl pulvérisait au karcher un soupçon de culture pop cuisinée à l’outil électronique et étouffé dans un assourdissement industriel.

Ce « Discopathology » orné de sa fantastique pochette se doit d’être écouté avant tout au titre d’une recherche artistique (que l’on aime ou non) qui, comme bien d’autres, reprend le fil lâché par Andy Warhol. Cette fois-ci, la culture industrialisée mélangée à l’esthétique trash se font porter par deux décennies de surenchère de violence. Orange Mécanique, le hardcore et la déshumanisation ont fait leur office. Le rythme est saturé jusqu’au dernier soupir de votre système Hi-Fi, les temps ne sont plus battus mais vous rouent de coups, crachés sans la moindre réserve.

Ce vacarme assourdissant laisse éclater deux chefs d’œuvres. Le morceau éponyme tout d’abord, qui fait montre de talents de DJ dans un style que l’on qualifierait presque de classique au regard du reste de l’expérience. La seringue se remplit d’adrénaline le temps de Before The Carnival, montée en puissance bruitiste et ravageuse qui ouvre le tout, avant de se déverser en plein système sanguin lors d’un rush irrésistible.

D’autre part, après le calvaire sonique Honeyfunk, ce qu’il reste des Bee-Gees se retrouve haché-distordu, puis enfin perforé au marteau-piqueur lors de l’exquis Alive. Ce qu’il y a d’extrêmement joussif chez Noise/Girl, c’est sans conteste la justesse de la retranscription d’une époque et d’un état d’esprit qui y est attaché. L’atmosphère est visible, palpable, elle transporte immédiatement vers un lieu qui n’est certes en soi guère plaisant - mais cette sensation instantanée de voyage et le brio affiché ne peuvent que susciter l’exaltation. Bien avant de se vouloir une musique à plaisir (même malsain), Discopathology se veut une musique à sens.

C’est bien ce qui est admirable ici. Si, à l’exception d’une timide tentative sur Smoke’N’Mirrorz, la seconde moitié de l’album laisse place à un interminable désert sonore apocalyptique - ne vous laissez pas tromper par les intitulés de King Of Pop et Alice In Boogie Wonderland -, la galette est incontournable dans tout parcours socio-musical si l’on veut être pompeux. Ceci pour la simple raison que les quatre premières pistes représentent et cette hypersensibilité que tout amateur d’art passe son temps à rechercher, et cette incroyable coup de poing en pleine tête dont tout secoué de base a besoin.



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Tracklisting :
 
1. Before The Carnival (3’10’’)
2. Discopathology (5’38’’)
3. Honeyfunk (5’48’’)
4. Alive (6’09’’)
5. King Of Pop (3’20’’)
6. Alice In Boogie Wonderland (5’54’’)
7. Smoke’N’Mirrorz (4’22’’)
8. Thru The Boogie Glass (6’07’’)
 
Durée totale : 40’33’’