Sur nos étagères
Diwan 2

Diwan 2

Rachid Taha

par Psymanu le 29 mai 2007

4

paru le 16 octobre 2006 (Universal)

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

De la part du gars Taha, nous étions restés sur l’imparable autant que pertinente reprise du Rock The Casbah, sur Tékitoi. Un souvenir qui donnait des envies de « revenez-y », et du coup, dans la foulée, Mister Rachid nous gratifie d’un second opus de son album hommage à certains classiques de la musique oranique, Diwan.

Diwan 2 se compose de huit reprises, et de cinq compositions de Rachid Taha himself, le tout produit par Steve Hillage, et sublimement appuyé par l’orchestre de cordes du Caire. La première cover est une agréable surprise, Ecoute-Moi Camarade de Mohamed Mazouni, qui par moment rappelle un peu certains tubes sixties, dans la forme comme dans le propos, c’est un peu le Jeff de Brel à la sauce arabe, en poussant le bouchon un peu loin. Directe et accessible, doucement mélancolique sans larmoyer jamais, le genre de morceau qu’on fredonne encore quand le silence se fait à nouveau. Rachid Taha excelle dans l’art du mouvement des hanches provoqué, il le prouve avec Rani, du tandem Abdillah-Houari, ça donne envie de taper dans ses mains et de transpirer, dessus. On continue sur le même tempo avec l’hilarante Agatha, francophone dans le texte, signée Francis Bebey, qui cause tromperie et môme illégitime, ça sent l’Afrique dans l’accent, et le voyage est garanti sur ces huit minutes de dépaysement absolu.

Sur Kifache Rah, Taha montre que si son organe est plutôt limité, il sait lorsqu’il le faut s’adoucir et se drapper d’une sobriété qui le rendent délicieux. Pour ceux qui en doutent encore, et quoi qu’on en dise, il sait chanter, et avec plus de soul que n’en contiendront jamais vingts méga-tubes de ce que la France tolère de langue arabe sur sa bande FM. Oh bien, sûr, ça n’est pas un virtuose des vocalises, ça n’est même pas toujours très juste, mais qui s’en soucie lorsque le choix du répertoire est impeccable et l’exécution propice à l’épanouissement de ce qu’il contient de magie.

Sublime, l’orchestre du Caire, disais-je. Gana El Hawa en tire tout le parti et même au delà. Les choeurs appuient chaleureusement la voix basse de Rachid Taha. Et on se rend compte comme c’est bien, les musiques du monde, lorsque ça ne sonne pas World frelatée. C’est autre chose sur Mataouel Dellil, qui lui va chercher ce qui lui manque du côté des beats électro, mais tellement légèrement que ça passe à l’as et que ça trouve sa place tout naturellement. Maydoum sera-t-il le nouveau Ya Rayah ? Il y a comme un air, quoi qu’en plus doux, mais rien n’est plus logique, puisqu’il est également signé Dahmane Harrachi. Chanson gémie autant que chantée, avec , une nouvelle fois, des choeurs parfaits, Ghanni Li Shwaya conclut de belle manière Diwan 2.

Les deux compositions de Rachid sont Josephine et Ah Mon Amour. La première porte la marque de son auteur, c’est lancinant, c’est un grand maelström de sonorités empruntées d’un peu partout, et c’est, comme souvent, irrésistible, et rock. La seconde ne dépareille pas, c’en est presque la suite francophone.

Une nouvelle réussite que ce Diwan 2. Rachid Taha conforte sa belle réputation d’artiste touche à tout. Il se réapproprie ici des standards sans jamais ni faire ombrage aux originaux, ni faire oublier que c’est lui qui les interprète.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom



Tracklisting :
 
1- Écoute-Moi Camarade (6’45")
2- Rani (5’42")
3- Agatha (8’00")
4- Kifache Rah (4’14")
5- Josephine (5’15")
6- Gana El Hawa (6’41")
7- Ah Mon amour (5’34")
8- Mataouel Dellil (4’42")
9- Maydoum (5’59")
10- Ghanni Li Shwaya (5’31")
 
Durée totale : 58’23"