Concerts
EZ3KIEL

Angers (Le Chabada)

EZ3KIEL

Le 31 mars 2005

par Florent le 4 juin 2005

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Tout commence par la fin d’après-midi de ce jeudi 31 mars, joliment ensoleillé (ce qui est rare pour Angers). Dans l’idée de devenir un grand athlète (et de savoir si je savais encore courir), je décide de faire un match de foot avec mes collègues étudiants (des pseudo-pharmaciens). Après une heure de course effrénée (et un but contre mon équipe), je remarque que mes jambes tiennent relativement bien la course, mais pas mon dos. Cinq minutes plus tard, je décide d’arrêter mes exploits, pour limiter la démarche robotique qui commençait à apparaître. Je rentre chez moi et me masse le dos avec un décontractant musculaire avant d’aller au concert. Et là un petit effet indésirable de la pommade se fait ressentir : mon dos devient rouge vinasse et brûlant...Serait-ce un début d’allergie ? J’essaye de relarguer ma place de concert d’EZ3kiel à mes connaissances (qui ne connaissaient et ne connaissent toujours pas ce groupe) pour aller aux urgences. Etant dans un état super lucide, je choisis de partir au concert et de ne pas donner mon corps à la science.

Arrivé dans la salle, mon regard scrute l’horizon et en deux temps trois mouvements me voila assis dans les tribunes pour assister au concert...(un concert assis : bouh la honte !!!). Face à la douleur, je décidais de perdre mon honneur.
La lumière s’éteint (enfin, ça commence) et cinq huluberlus, sous le nom de DAAU, arrivent sur scène : deux violons, un violoncelle, un accordéon, une clarinette. Et c’est parti pour de la musique acoustique et des passages contemporains (un peu trop à mon goût)pendant 20 minutes. Je me dis : « Tiens, j’étais venu pour de l’électro et pas pour ce truc super inspiré... » Après cette petite prestation, l’un des violonistes nous dit : « Ez3kiel a des problèmes, on continue de jouer un petit peu ». (Pu...c’est pas ma journée !!).

Au bout d’un moment, un silence (un ange passe dans la salle)... puis une ombre, puis deux autres. Des acclamations commencent, Ez3kiel se joint à DAAU. Le début au violon, puis se rajoutent quelques samples, et basse-batterie, et les autres instruments acoustiques. Il fallait oser associer de la musique synthétique et acoustique. Dans ce Versus (Ez3kiel vs DAAU), chaque instrument est à sa place, aucun n’est ignoré. L’électrisation de la salle se fait sentir, le public se met à bouger... Les jeux de lumières et les montages vidéos nous emmènent à travers un univers unique dans lequel on retrouve des sensations de bonheur, de peur, d’angoisse, d’inquiétude... La recherche sonore d’Ez3kiel fait son effet. Les trois membres (un bassiste, un batteur, un arrangeur) d’Ez3kiel se rapprochent du public et lui transmettent leur énergie. Ces sensations perçues s’accumullent et me rappellent des émotions d’enfance : le bien, le mal, la pureté, la colère, la peur non justifiée... Ces émotions associées à des images et des sons vous entraînent dans un brassage cérébral, comme un tambour de machine à laver le linge. Comment a t-on pu faire pour oublier ou ignorer toutes ces découvertes, et ainsi perdre notre innocence et notre cruauté lorsque l’on était enfant ? (olà ! point trop de philo mon brave !)

Puis vient un morceau appelé Barb4ry. Tout commence par quelques mots avec un sample générant un petit suspens. On se dit : « bon là, ça va partir ». Et ça part avec une puissance sonore, des samples saturés et nappes déchaînées, une association basse-batterie irréprochable pour rythmer le tout. Là, une décharge de 220 V s’empare de la salle, dans des jeux de lumières rouges (qui explosent un peu la rétine), grâce aux trois ombres démoniaques qui gesticulent sur scène. Faire de l’électro-dub en live en impliquant autant le public relève d’un exercice périlleux, mais qui se fait ressentir ô combien exaltant.

Après deux bonnes heures de concert, de projos, de fumées, de sueur et de douleurs lombaires, Ez3kiel s’arrête. Non, c’est pas possible ! Après ce feux d’artifice (qui est toujours trop court), il faut un bouquet final mémorable. DAAU et Ez3kiel nous l’offrent en reprenant le thème du film Requiem For A Dream. Tout commence par DAAU, qui permet de s’émouvoir sur les quelques notes qui composent ce thème, laissant place à la rage dégagée par Ez3kiel. Ca devient un véritable tourbillon, où on en prend plein la tête (et plein les oreilles), jusqu’à nous vider totalement (je crois pas qu’il y ait eu d’hypoglycémie).

Après ces deux heures et pour moins de 15 euros, je venais de faire mon quota de sport annuel. Le lendemain a été un peu dur physiquement, mais tellement agréable en comparant les sensations et images enregistrées par rapport aux courbatures.



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