Concerts
La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Saint-Malo (Fort de Saint-Père)

La Route du Rock 2006 (16ème édition )

Les 11, 12 et 13 août 2006

par Giom, Alexx, Milner le 22 août 2006

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  Sommaire  

Certains répondent : « Au fond du labo à gauche », d’autres dans les douves et les derniers disent : « On verra bien ! » En tout cas, d’une manière ou une autre, tous auront raison !

 Vendredi 11 août

Présent depuis quelques jours en qualité de bénévole, je me suis amusé avec mon compère Milner à électrifier le Fort de Saint-Père. Expérience intéressante mais éprouvante au final. Alors que l’ouverture du site des concerts se fait sentir, nous allons chercher le troisième larron pour ce long week-end. Emballé, c’est pesé ! Giom se fait un plaisir de prendre son accréditation. Le temps passe et ce dernier est clément : il ne nous offrira pas d’averses pendant une suite de six concerts débutant par les :

Howling Bells

Ce combo australien nous avait été décrit comme un sacré mélange entre PJ Harvey, The Kills et autres Velvet Underground (sic). Excusez du peu, mais ce genre de comparaison est du genre à poser un certain pressentiment quant à la prestation des cloches hurlantes. Pourtant, la petite Juanita Stein emmène son groupe d’une manière fort intéressante et ne tombe pas dans les clichés d’un rock circonvenu lorsqu’on cite les références susnommées.

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Howling Bells - Juanita Stein
© Hervé LE GALL

Aidé par son frère Joel à la guitare, les morceaux sont travaillés et sonne juste. Mais ici, le rôle d’ouvreur est toujours quelque chose de spécial. On se laisse croire qu’ils peuvent certainement faire encore mieux ... Les gens vaquent à leur distractions favorites après la musique : la bière. Le fort possède en son sein quelques intéressés et encouragent à faire sonner les cloches. Ces derniers nous offriront un concert tout en intensité, nous révélant un nouveau groupe à suivre pour voir se qu’il pourraient nous réserver par la suite.

Il est temps maintenant d’aller se frayer un chemin jusqu’au lieu des conférences de presse pour suivre celles de Islands. Aussitôt arrivé, Nick Diamonds reconnaît Giom (pour connaître toutes l’histoire, voir ici) qui le salut et notre confrère en profite pour nous présenter. Mais ceci vous est déjà compté ici. Ce sera la seule conférence à laquelle Milner et moi ne pourrons pas assister en qualité de bénévoles. Nous retournons donc devant la scène pour voir :

Why ?

J’avais déjà vu ce groupe quelques semaines plus tôt au festival à Scopitone (voir ici) et il ne m’avait pas convaincu. Yoni Wolf et ses deux compagnons débarquent donc pour nous faire (re)découvrir leur pop joyeuse et débridée.

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Why ? - Yoni Wolf
© Hervé LE GALL

Le show n’est pas déplaisant et le public qui a augmenté s’inspire du trio pour faire la fête. Le batteur est déchaîné et n’hésite pas donner de lui-même lorsqu’il doit jouer du xylophone et de la batterie en même temps. Impressionnant ! De l’autre côté, Yoni a l’air de bien s’amuser en jouant de tout, tout le temps. Pourtant, il manque quelque chose. Un petit truc qui fait la différence et qui empêcherait cette lourde impression après trois, quatre morceaux que les chansons se répètent. Dommage ! Le début paraissait bien intéressant. Et le public ne s’y trompe pas. Malgré les aficionados, beaucoup ressortiront avec ce sentiment de répétition dans la tête.

Tandis que le Fort se remplit lentement mais sûrement, Milner et moi allons vite nous sustenter pendant que Giom assiste à une conférence de presse. Nous faisons vite car je ne veux pas manquer une miette du prochain set :

Islands

Les Québécois nous intéressent de plus en plus avec leur scène qui se développe plus vite qu’une culture de champignon hallucinogène ! Et Islands, fraîchement pondus de l’esprit doucement schizophrène de Nick Diamonds, est justement au centre de nos discussions du moment. Les balances de l’après-midi avaient été plus qu’alléchantes et j’attendais le reste du concert avec une impatience infantile.

Les huit mercenaires de la musique arrivent sur scène et vont nous faire partager une bonne humeur de bon aloi. Le temps est frais et bouger un peu n’est pas un luxe. Tout de blanc vêtus pour des raisons œcuméniques, les musiciens s’amusent et affichent un grand sourire au fur et à mesure des chansons de leur premier et unique album.

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Islands - Nick Diamonds
© Hervé LE GALL

Quelques nouveaux morceaux viennent pousser la fête un peu plus loin mais le public ne semble pas accrocher d’une manière très convaincante. Il est vrai que lorsqu’on ne connaît pas le monde de ces Québécois, on peut rester dubitatif. Heureusement, les fans sont là et le montrent. Un peu trop vite, on arrive à la fin de ce concert où les meilleurs morceaux ont été joués sauf le grandiose Where’s There’s A Will There Is A Walebone ! Heureusement pour ma santé mentale (je trépignais d’impatience de l’entendre et ai cru qu’ils ne la joueraient pas !), le rappel sera constitué de cette chanson avec comme « guest » un certain Yoni nous laissant entrevoir son passé hip-hop !

Bon, maintenant, les choses sérieuses vont commencer ! Non pas que les groupes passés soient des amateurs. Mais quand on évoque Calexico ou Mogwaï, on sent une certaine fébrilité dans le public ainsi que chez Giom ...

Calexico

Lorsqu’on écoute le duo de Tucson, on se dit qu’Ennio Morricone a laissé des graines. D’ailleurs, le groupe arrive, se présente et enchaîne aussitôt avec deux chansons qui auraient pu faire pâlir tous amateur de mariachis. La trompette résonne et est bientôt rejoint par un accordéon pour compléter le tableau.

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Calexico - Joey Burns
© Hervé LE GALL

Les Américains jouent des morceaux de tous leurs albums et vont jusqu’à reprendre Alone Again Or, rendant ainsi hommage à Arthur Lee (bien que ce soit Brian McLean l’auteur de cette somptueuse chanson), récemment décédé. La chanson est remaniée avec une certaine originalité que partagera moyennement le public. Le concert continu et l’enchaînement des titres “mariachisant” avec d’autres plus rock plait aux quelques 7000 amateurs recensés ce soir. Mais l’originalité ne s’arrêtera pas là. La Chanson De Prévert de Gainsbourg sera aussi reprise par Calexico avec en « guest » (décidemment) une jeune inconnue quelque peu timide et impressionnée d’être face à nous pour chanter.

Outre ces reprises, Joey Burns et John Convertino nous offrent ce soir un concert riche en émotions, nourrissant de bien belles images qu’Ennio (toujours lui) aurait aimé mettre en musique. Mais place à l’Écosse. Cette édition aura mis la part belle aux Highlands avec une tripotée de groupe venue du nord de la Grande-Bretagne.

Mogwaï

La programmation de cette année était reconnue comme étant très pop. D’ailleurs, pouvait-on lire “Pop is not dead” sur les affiches et autres t-shirts. Mogwaï est l’un des rares groupes qui partira vers les côtés obscurs du rock. Les cinq musiciens arrivent donc et décochent immédiatement leurs guitares pour nous faire décoller dans les affres du post-rock.

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Mogwaï - Stuart Braithwaite
© Hervé LE GALL

Les longues envolées prennent corps rapidement et entraînent le public dans un hypnotisme béa. Ça et là, on observe quelques slams et autres pogos naître. Stuart se permet même une petite réflexion comme quoi, s’adonner à ce genre d’activité peut s’avérer dangereux. Le message passera quasiment inaperçu même si la foule se calme. On connaissait leur réputation de groupe militant et altermondialiste (le groupe boycotte tout les produits Nestlé), mais on ne leur connaissait pas ces élans altruistes ! Les chansons se suivent et durent. On sent le final arriver avec des morceaux de plus en plus “aériens” et longs. C’est ce qui leur sera reproché par la suite, un show trop étendu sur la durée (pas loin d’une heure vingt) et trop répétitifs !? Il faut dire que le post-rock n’est pas un style très facile à appréhender surtout lorsqu’on ne connaît pas le groupe.

Toutefois, les membres de Mogwaï nous ont offert un concert digne de leurs collègues québécois de Godspeed You ! Black Emperor. Le fort se vide et la fatigue emporte mes collègues qui rentreront au campement. Surpris, je décide de rester en attendant patiemment Liars. Cependant, l’attente aura raison de moi et je décide d’aller surveiller sur mon oreiller ce set qui se révèlera des plus braillards ! On se surprends à dire : « Mais qu’est-ce que je fous là au lieu d’être devant la scène ? » mais la fatigue de la semaine rattrape bien vite cette pensée. Qui plus est, on a l’impression que le géant ne fait que répéter les mêmes choses. On ne les regrettera pas !

Belle & Sebastian - Stevie Jakson & Bobby Kildea Cat Power The Pipettes TV On The Radio - Tunde Adebimpe & David Andrew Sitek You Say Party ! We Say Die ! - Krista Loewen Philippe Katerine Band Of Horses - Ben Bridwell El Perro Del Mar Franz Ferdinand - Nick McCarthy & Alex Kapranos Grizzly Bear - Chris Taylor The Spinto Band - Thomas Hughes


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