Concerts
Métal Urbain

Paris (La Maroquinerie)

Métal Urbain

Le 23 octobre 2006

par Arnold le 21 novembre 2006

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Quelques semaines après les avoir ratés pour cause d’annulation, nous voilà devant la Maroquinerie pour voir se produire sur scène une légende du punk français : Métal Urbain. Le groupe est malheureusement peu connu en France. J’en veux pour preuve que sur le chemin de la salle, une jeune fille nous interpelle et nous demande son chemin pour la même destination que nous. La seule différence est qu’elle vient voir la première partie assurée par les Second Sex. Le nom de Métal Urbain lui est parfaitement inconnu et elle l’assimile à un vague groupe metal, d’où une certaine déception.

Alors pourquoi donner à ce groupe un statut de légende s’il est vraiment si peu connu ?

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Eric Débris
© Robert Gil

Un petit retour en arrière s’impose. À la fin des années 70, succombant à la vague punk, une bande de jeunes branleurs montent eux aussi leur groupe. Leur originalité est de ne compter aucune basse et aucune batterie, juste quelques guitares, un synthé et une boite à rythme. Le groupe a du mal à dépasser la scène underground française, mais fait référence (le Bérurier Noir qui deviendra incontournable sur la scène alternative française est très influencé). Par contre, en Angleterre, le groupe se fait rapidement un nom. Il effectue notamment une prestation très remarquée à l’émission de John Peel et est le premier à être signé sur le label Rough Trade. Beaucoup de groupes aujourd’hui mythiques pour beaucoup d’entre nous (Jesus And Mary Chain en tête de file) avoueront avoir été influencés par le son electro-punk de Métal Urbain.

Voila donc la légende que nous allons voir ce soir.

La petite salle de la Maroquinerie est vite remplie. On remarque ça et la quelque crêtes, mais aussi quelque crânes rasés. L’ambiance s’annonce mouvementée. Au milieu de tout ça, quelques petits djeunz’ venus voir les Second Sex issus des fameuses soirées Rock’n’Roll Friday. Le groupe, dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les dix-sept ans, assure une excellente partie. Ils tentent de chauffer une salle pas forcément acquise à leur cause mais ne s’en sortent pas trop mal. Le ton est énergique et quelque peu rafraîchissant.

Bien vite, le jeune groupe laisse place à l’équipe de choc. Métal Urbain déboule sur la petit scène, Hermann Shwartz et sa gueule inoubliable en tête, Éric Débris, chapeau vissé sur le crane, ferme la marche. La machine se met instantanément en branle. Seul, Éric semble ailleurs au milieu de la scène immobile, tenant juste son pied de micro d’une main, et observant son ami guitariste de côté. Puis, il démarre et là... je suis subjugué ! Sous ses airs un peu blasé et impassible, le chanteur cache une puissance à la fois vocale et charismatique que je ne pouvais soupçonner n’ayant jamais vu le groupe auparavant. Je ne peux me détacher de ce bonhomme au visage poupin, les pieds bien ancrés au sol, qui beugle ses paroles rebelles et impertinentes dans le micro, comme ça, l’air de rien. Derrière lui, sur un écran, sont projetés des clips vidéos appuyant le show d’un côté visuel parfois hypnotisant.

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Hermann Shwartz
© Robert Gil

Le public exhulte et réclame à corps et à cris les titres les plus connus de Métal Urbain : Crève Salope, Panik, Anarchie Au Palace... Hermann leur rétorque alors qu’il faudra attendre la fin du set. En effet, le groupe préfère présenter les titres du premier album... Premier album qui sort en 2006, vingt ans après les sommets de leur carrière, ponctuée de singles... Éric Débris entonne tour à tour « Je suis un clown cynique... Sinistre ! », « Change de Chaîne ! Vas-y ! Crie comme une bête !  », ou bien « Quelles vacances formidables !/La dictature ça a du bon !/Clichés sous développés/ Souriez vous êtes filmés ». Toutes guitares dehors, samples de synthés lancinants, boite à rythme entêtante... Les nouveaux titres sont fait du même métal que ceux qui ont forgés la réputation du groupe. Le public vit le concert à plein régime. Il s’agit d’une véritable communion entre la scène et la fosse quand arrive le nouveau tube qui donne son nom à l’album : « J’irai chier dans ton vomi/ Pour t’apprendre la poésie ! »...

Après avoir fait le tour de son album, le groupe entame la tournée des titres réclamés depuis le début du concert par l’assistance maintenant survoltée. L’ambiance monte d’un cran. Éric Débris est impressionant. Toujours impassible, il scande avec son public « Crève Salope ! Ta vie vaut pas cent balles » d’une voix toujours aussi puissante et sûre. Puis le groupe le groupe quitte la scène. Le public, crie, hurle, rappelle la légende. Un fan grimpe sur scène, empoigne un micro et invite ses congénères à scander de nouveau Crève Salope.... Métal Urbain ne se fait pas prier et revient. Hermann lance un cynique « Maintenant on va vous jouer un bon blues » avant d’éxecuter avec toujours autant d’énergie d’autres tubes incontournables du groupe tels que Panik ou 50/50...

Quand le groupe quitte la scène, le public est sur les rotules, lessivé, mais heureux. C’était un putain de bon moment ! Un putain de de vrai concert punk avec de la sueur, des décibels pleins les oreilles et pleins de courbatures le lendemain au réveil. Un de ces concerts qui reste inscrit dans les mémoires. Je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant à ce concert. Maintenant je sais, et j’en redemande...

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Métal Urbain
© Bénédicte Imbert


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