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Lonah

par Giom le 13 décembre 2005

3,5

« Pièces musicales » disponibles sur le site du groupe.

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Mais qui se cache derrière Lonah et ses artworks jouissifs qui parcourent le forum de B-Side depuis quelques semaines ? Et bien, tout simplement, un groupe parisien faisant un travail des plus intéressants et stimulants.

Surtout axé autour du duo Raphaëlle Fortier (chant, charisme...) et Eric Debeir (composition, interprétations instrumentales...), cette formation prétend, avec ses quelques « pièces » , nous proposer des « absurdités musicales », terme qui peut paraître à la fois très modeste et très ambitieux.

Écoutons donc et découvrons un univers varié, porté par la superbe voix de Raphaëlle qui sait adapter son chant aux diverses ambiances musicales créées par son collègue. On ne peut qu’apprécier le délicieusement jazzy Keep Walking, l’une des rares compositions en anglais du groupe et dont la plus grande réussite est de ne pas se prendre trop au sérieux. Le morceau Visage D’Ébène réussit quant à lui le pari de mêler un texte à la fois grave et ambigu et une mélodie guillerette, procédé qui fonctionne plutôt bien, laissant au final les couleurs se mélanger et la composition prendre une belle ampleur. Car le groupe sait faire dans le triste comme avec Les Effacés où la chanteuse se fait la voix des victimes de guerres ou autres génocides et réussit à toucher en répétant à qui veut l’entendre : « Refusons l’oubli » sur un arpège de piano annonciateur d’une guitare explosive qui marque le refrain

Lonah sait aussi réinvestir le patrimoine poétique national puisqu’un des morceaux reprend le poème Crépuscule du plus grand poète français du XXème siècle, celui sans qui la modernité poétique n’aurait pas existé. Tout le monda aura reconnu Apollinaire et il fallait oser tenter de mettre en musique l’une des plus belles pièces (tiens, ça me rappelle quelque chose !) d’Alcools, ce que Eric Debeir réussit assez bien, évitant au poète de se retourner dans sa tombe du Père-Lachaise. Les flics qui gardent bec et ongles celle de Morrison n’ont rien remarqué de suspect du côté des autres poètes gardé par le cimetière, c’est donc bon signe. La déception vient en revanche du morceau Artiste qui, pour une fois, d’un point de vue musical, n’est pas à la hauteur d’un texte intéressant. On retrouve la thématique du meurtre comme œuvre d’art mais les moments d’explosion lors du refrain voient apparaître une voix bidouillée tendance robotique (censée être celle du dénommé tueur, j’imagine) qui tranche avec l’agréable organe de la chanteuse et pousse la chanson vers le kitsch. Dommage...

Enfin, ne faisons pas trop la fine bouche, les compositions de Lonah sont vraiment très agréables et on vous invite vivement à aller écouter ces quelques pièces aussi riches et émouvantes que joyeuses et sans aucune prétention. Car comme ils le disent eux-même : « De la bonne humeur, ah ça oui, c’est important de la bonne humeur ! »



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Tracklisting :
 
1. Keep Walking (3’34”)
2. Visage D’Ébène (5’02”)
3. Les Effacés (4’02”)
4. Crépuscule (4’29”)
5. Artiste (4’45”)
 
Durée totale : 22’19”

Les quelques « pièces » décrites dans cette chronique, ainsi que de nombreuses autres, sont disponibles sur le site du groupe : http://www.lonah.net