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The Bright Lights & What I Should Have Learned

The Bright Lights & What I Should Have Learned

Duels

par Vyvy le 26 septembre 2006

4

paru le 31 juillet 2006 (Nude Records)

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Jon, chanteur, son frère Jim à la guitare et leur cousine Katherine au clavier, avec le soutien d’un autre Jon à la basse et d’un James à la batterie forment Duels, groupe britannique qui depuis 2004 officie dans la région de Leeds, où ils se sont fait une belle réputation de showmen. The Bright Lights & What I Should Have Learned est leur premier album, extrait du recueil des chansons qu’ils ont emmené en tournée au fil des ans. L’invasion britannique de nos disquaires n’est pas prête de s’arrêter, à notre plus grande joie, mais il existe tant de nouveaux groupes qu’un de ceux-là doit avoir en lui quelque chose de particulier pour pouvoir être remarqué, sinon apprécié. Duels n’a ni un nom à rallonge, ni une pochette particulièrement attrayante. Le nom de leur album, s’il étonne, n’est pas non plus transcendant. Tout semble fait ici pour que Duels ne fasse aucune vagues (et ventes), et pourtant, le quintet n’est pas dénué de talent et les écoutes du disque se révèle chacune plus plaisantes que la précédente.

La formation des frères Foulger a mis longtemps a accouché de cet album. Au début, l’idée d’un concept album racontant une histoire de bout en bout les motivaient mais quelques chansons plus tard, ils trouvèrent ce cadre trop restreint. De ces premiers instants restent quelques chansons : Potential Futures notamment, dépeignant la souffrance d’un Jimmy Dalancia, se tuant au travail. Le même personnage réapparaît dans What We Did Wrong.
Que reste-t-il à cet homme ? L’idée que quelque part, l’attend un futur meilleur, et c’est cette idée vague qui le fait continuer à endurer. Mais cette idée qui l’a conduit pendant si longtemps s’effrite, cette attente passionnée d’une révolution minutieusement préparée disparaît, le laissant face à son travail. Seul, irrémédiablement seul.

We believed in you
From a lack of anything else to do
Must be so naïve
To think that everything would work out, everything would work out
So bye-bye wave, its goodbye yes the morning after comes

Ces premiers chants “politiques” ne sont que la trame de l’album. Laissant les grands problèmes du temps de côté, le quintet aborde ensuite le mal-être ambiant, de leurs amis, de leurs voisins. Young Believers illustre bien ce tournant (every solution, is rendered dead before the eyes / we give good fight, with our knees to the ground) tout comme Once In The Night. La ville et tout ses recoins sordides sont quant à eux abordés dans le splendide final qu’est Taxi Song. Après s’être penchés sur leur environnement direct, ils se penchent sur eux-mêmes, sur leurs relations. On a ainsi droit à un Brothers & Sisters théâtral, puis a une invitation pétillante sous la forme d’Animals. Mais le meilleur est encore à venir, à travers deux titres abordant le thème de l’absence de dialogue et de réels liens au sein d’un couple. Avec Things, Jon Foulger malmène le matérialiste somnolant en chacun de nous en assénant : « Look at all the things we own you know these things don’t make a home. » Things écrit l’histoire d’un couple se demandant chacun son tour pourquoi l’autre reste, alors que plus rien ne les unit, chacun des deux étant trop lâche ou désabusé pour faire le premier pas. The Slow Build n’est pas nécessairement plus joyeux, mais il est encore plus réussi. Sans sursaut rythmique, tout en douceur, le désespoir s’installe, les problèmes venant de toute part, la situation niée par les deux protagonistes, se voilant la face.

L’ensemble est bigarré, mais jamais criard. La voix de Foulger, le jeu de ses accolytes faisant le lien entre des morceaux très divers créant peu à peu une dynamique d’album. La musique de Duels n’est pas flamboyante, elle s’insinue dans nos oreilles, notre cerveau s’acclimatant graduellement à sa présence. Le clavier est central dans la création du son final, très aérien. Les mélodies restent simples mais elles se marient à merveille avec les textes. Au final, une harmonie formidable se détache et bercés par la voix de Jon Foulger, on en redemande.



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Tracklisting :
 
1. Brothers And Sisters (3:51)
2. Things (4:15)
3. Potential Futures (3:34)
4. Slow Build (5:15)
5. Monsters Are Loose (4:10)
6. Animals (3:08)
7. What We Did Wrong (4:09)
8. Pressure On You (2:42)
9. Young Believers (5:05)
10. Once In The Night (3:38)
11. Taxi Song (4:04)
 
Durée totale : 43:55