Concerts
The Patriotic Sunday + Encre

Paris (Nouveau Casino)

The Patriotic Sunday + Encre

Le 25 janvier 2006

par Giom, Brrrrr le 7 février 2006

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Le buzz semble avoir fonctionné car, à mon arrivée au Nouveau Casino, au moment ou The Patriotic Sunday investit la scène, la petite salle aux lustres est déjà presque pleine. Il faut dire que même le journal Libération, organe du bon goût culturel parisien, avait annoncé le concert avec l’accroche suivante : « Le noyau de spectateurs qui suit le parcours d’Encre se plaira à investir nuitamment le Nouveau Casino... » [1] Autrement dit, vous qui n’en faîtes pas partie, allez y aussi pour les découvrir.

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The Patriotic Sunday
© Brrr

The Patriotic Sunday, l’un des fleurons de l’excellent label nantais Effervescence, ouvre donc les festivités. Scindé autour du chanteur Eric Pasquereau, qui nous expliquera entre deux morceaux qu’il est à la source du projet, le groupe délivre une musique folk parsemée de sonorités bossa-novas tout à fait agréable. Une ambiance feutrée envahit la salle, ce qui semble convenir à un public attentif, la musique étant illustrée par des photos projetées sur un écran. On remarquera une image récurrente d’une femme nue qui peut rappeler la pochette de l’album du groupe sorti en 2005 : Lay Your Soulbar. Après 40 minutes de prestation convaincante, mêlant nouvelles et anciennes compositions, les autres membres du groupe se retirent et laissent Eric, à l’allure de Capitaine Haddock juvénile et sympathique, interpréter une version acoustique et originale du Billy Jean de Michael Jackson (!) L’expérience est tout à fait réussie et à pour conséquence de transcender deux anglophones postés derrière moi qui accompagnent le chanteur de leur voix peu mélodiques et surtout imbibées de bière. « Billie Jean is not my lover / She’s just a girl who claims that I am the one » Tout le monde à l’air d’accord là-dessus, on dirait. Après un très bon concert, The Patriotic Sunday se retire donc et les lustres se rallument, nous mettant en attente de la tête d’affiche de la soirée : Encre.

Quelques instants plus tard, le temps de commander une bière, Yann Encre et les siens investissent la scène à leur tour sur une musique hypnotique. Dès les premières mesures, le public semble captivé et nous savons que le concert tiendra toutes ses promesses. Entendons-nous bien, Encre peut facilement prétendre à être comparé aux meilleures formations de post-rock anglo-saxonnes. Leur musique, formée de véritables vagues sonores, est captivante et la présence d’un violoncelle apporte une importante force émotive à des compositions étirées comme il le faut. Les musiciens bougent, changent d’instruments, mais l’intensité ne diminue pas d’un poil pendant tout le concert. Les paroles parlées plutôt que chantées forment un véritable contraste avec les parties musicales, plus lyriques grâce notamment au violoncelle, pour donner un résultat passionnant. Les nombreux crescendos sont propices à des envolées sonores qui mettent en valeur l’agilité du poignet du guitariste principal. Tout est vraiment convaincant, même les textes où on trouve quelques belles phrases dont la récurrente, du morceau Foehn : « Moi mes affaires sont au beau fixe, donnant donnant me dit le vent ». La performance d’Encre semble conquérir tous les esprits, « noyau dur » ou pas, et le groupe est chaudement invité à revenir après son départ, même nos deux anglais imbibés ne semble pas contre.

Surprise, c’est finalement Yann Encre qui revient tout seul, accompagné d’un instrument à cordes africain, le kora, qui lui sert de base à la musique qu’il compose sous le nom de Thee Stranded Horses, folk hypnotique et intemporel. Après un seul titre, il se retire à nouveau et revient une ultime fois avec le groupe au complet pour nous propulser encore quelques minutes dans leur univers sonore si intense et passionnant. Puis les lustres se rallument, rappelant tout spectateur à ses réalités quotidiennes. Encre est donc de retour, espérons que le noyau d’intéressés par le groupe, évoqué par Libé, va s’agrandir au plus vite. En attendant, écoutons l’album !

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Encre
© Brrr


[1Libération du 25 janvier 2006

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