Concerts
The Young Gods

La Lune des Pirates (Amiens)

The Young Gods

Le 15 octobre 2009

par one minute in the dream world le 10 novembre 2009

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L’attente était grande autour du groupe de Fribourg, la Lune des Pirates, illustre salle amienoise, ayant déjà eu le privilège de voir la formation de Franz Treichler il y a quelques années sans sa formule « électrique ». Leur set avait alors été d’une grande intensité, puissant, joué fort et de façon très distincte. Le public local, massé et agglutiné devant le groupe, en avait eu pour son argent, tout en ressentant des émotions diverses, entre l’électricité brute de certains titres (Strangel, Kissing The Sun), les planeries intenses d’un Gardez Les Esprits, la violence quasi-hardcore d’ Envoyé ou encore les séquences électro trépidantes de Speed Of Night, sans oublier les interludes amusants aux allures de classique comme Charlotte.

L’album Knock On Wood ayant rassuré les fans sur cette démarche de réinterprétation acoustique, c’est, il faut le dire, avec une certaine confiance que nous investîmes la salle, mis en appétit par l’excellente première partie assurée par H-Burns, aux morceaux folk émotifs et tristounets, seul avec sa guitare et ses ressentis, et s’en sortant ma foi fort bien. Et passé ce bon moment, c’est sous les cris d’une foule constituée d’une grosse majorité de trentenaires, certains visiblement fans de longue... date et non pas Route, que les Jeunes Dieux débarquaient tranquillement sur scène, sûrs d’une expérience n’étant plus à prouver et d’une assurance affirmée, le tout assorti d’une précision toute... helvétique dans la préparation et l’exécution de leurs « nouveaux » titres.

Souriants, enthousiastes devant l’accueil qui leur est réservé, les Gods, renforcés par un Vincent Hänni très à l’aise avec son instrument, débutent avec un morceau de L’Eau Rouge, La Fille De La Mort, surprenant d’emblée par leur relecture, à la fois fine et intense, d’un titre plutôt difficile à appréhender compte tenu de sa structure peu commune au départ. C’est d’ailleurs ce qui fait l’attrait de leur prestation : ces reliftings bien positionnés entre acoustique chaleureuse, effets psychés haut perchés et intensité sonore semblable à celle qui émane des versions originelles. Et si Our House, doté sur TV Sky d’une envolée guitaristique puissante, reste ici calme et très « mental », un morceau comme I’m The Drug voit sa puissance parfaitement restituée par l’énergie des guitares acoustiques de Franz, Al et Vincent, parfaitement épaulés par un Bernard Trontin d’une dextérité ébouriffante, qui joue la plupart du temps de ses « drums » avec les mains, amenant un feeling presque tribal à ce bel ensemble et se montrant aussi performant dans une frappe retenue que dans ses attaques vives et percutantes.

A côté de cela, Charlotte amuse et passionne toujours autant, textuellement et musicalement, et avant cela, Gasoline Man bénéficie de l’intervention à l’harmonica de Franz Treichler. Multi-instrumentistes confirmés et talentueux, les Suisses se permettent même de reprendre Radiohead (Everything In It’s Right Place) avec une finesse et une émotion que Thom Yorke n’aurait pas reniées, le clou, dans le domaine des reprises, étant toutefois le fait de ce Ghost Rider hanté et fortement psyché, d’autant plus que les Young Gods ont eu ce soir la bonne idée de le coupler avec Gardez Les Esprits, morceau planant au possible tiré de Only Heaven. La salle se tait et retient son souffle, et s’envole au fur et à mesure du morceau à l’écoute duquel Rev et Vega auraient applaudi à tout rompre. Intense, céleste et malgré tout puissant, ce medley fait incontestablement partie des temps forts de ce concert magistral, tout comme ce Longue Route sur lequel Franz se sert d’un mégaphone. Ce dernier s’empare même d’un yukulélé sur Did You Miss Me, si mes souvenirs sont bons, parvenant à le faire sonner comme une guitare saturée aux accents Hendrixiens affirmés.
Et si la reprise de Ghost Rider de Suicide met tout le monde d’accord, que dire du Freedom de Ritchie Havens, joué avec une fougue rock et un esprit de liberté, justement, parfaitement communicatifs. Les Young Gods ne se contentent pas de faire honneur aux artistes repris ; ils en perpétuent l’esprit avec un savoir-faire dont ils ont le secret et qui leur permet toutes les audaces. Et ce morceau, dynamique et superbement réinvesti, aiguise notre impatience de les voir dans le cadre de leur fameux The Young Gods play Woodstock, à Paris, début décembre.

On se réjouit également de la relecture des morceaux les plus rock des albums du groupe, dont About Time ou Skinflowers, et de la capacité des adorateurs de Kurt Weill (il fallait entendre, ce soir, la reprise de Speak Low et ses offensives communes de guitare boisées) à faire sonner leurs guitares sèches avec une force et une clarté semblables à celle qui anime leurs concerts « plugged ». Et après le dernier rappel sur le Did You Miss Me évoqué plus haut, on peine à quitter la salle, devant la chaleur, la reconnaissance et la joie du groupe, presque surpris, mais aussi et surtout aux anges, face à ce public conquis et affichant un bonheur intense. Tant et si bien qu’on se retrouve dans un premier temps à échanger sur la parcours des Gods avec Al, descendu deviser avec les fans, puis dans les loges avec le groupe en entier, celui-ci affichant une modestie, une gentillesse naturelle et un sens de l’échange à la hauteur de ses prestations ; magique, au même titre que celle du lendemain à quelques encablures de notre Lune des Pirates favorite.

Superbe concert donc, de ceux qu’on ne peut oublier, l’assistance présente en ce quinze octobre à retenir ayant d’ailleurs toutes les peines du monde à quitter les lieux.



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Setlist
 
La Fille De La Mort
Our House
Everythere
I’m The Drug
Gasoline Man
Speak Low
Charlotte
Gardez Les Esprits
Ghost Rider
Longue Route
She Rains
Freedom
Lointaine
Skinflowers
__
Everything In It’s Right Place
About Time
Did You Miss Me