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Top 10 des dérapages live

Top 10 des dérapages live

par Emmanuel Chirache le 5 avril 2011

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Haaaa, l’expérience de la scène, quoi de plus grisant pour un groupe, pour un chanteur ? Oui, un concert en live, c’est souvent la promesse de rêves devenus réalité, l’accomplissement tant attendue de semaines, de mois de travail, la rencontre magique avec le public, l’adrénaline qu’elle procure, la ferveur de la foule, la communion avec les fans. L’état de grâce. Mais parfois c’est aussi l’inverse. Le ratage, la fausse note, l’accident, l’impondérable. La loose. Voici donc quelques-uns des meilleurs dérapages de l’histoire du rock. Il y en a d’autres, n’hésitez pas à nous donner vos préférés.

1. Tool : Casser la voix.

Maynard James Keenan est connu pour son perfectionnisme maladif et le soin qu’il apporte à chouchouter sa voix. Lors d’un concert, il est prêt à éviscérer de ses propres mains un fan qui fumerait dans la salle et menacerait donc l’état de santé de sa gorge. Nous l’avons d’ailleurs vu à la Maroquinerie lors d’une performance donnée avec A Perfect Circle faire des signes assez peu ambigus à un jeune homme qui avait eu la mauvaise idée de s’en griller une. Alors quand ses cordes vocales le lâchent, autant dire que Maynard n’est pas content. Ici, c’est durant Parabola que sa voix part soudain en sucette et boum la fausse note. Le chanteur essaye de reprendre ses esprits et de continuer le show, mais c’en est trop, il balance son micro et montre qu’il est humain. Tout ça en caleçon. La classe, quoi.

Les commentaires Youtube :
 
« Goddamn puberty. »
« He did it on purpose. Trust me mates. »
« I think something happened to the mic. »

2. Guns N’ Roses : tu t’es vu quand t’as bu ?

Même si d’aucuns prétendent qu’ils jouent mieux bourrés (suivez mon regard... Josh, si tu me lis), il faut avouer qu’au-delà d’un certain degré d’alcoolémie, on a surtout l’impression de mieux jouer. Pas sûr que le public partage le même sentiment, à moins de picoler aussi. Bref, après un speech interminable d’Axl, vous pourrez entendre autour de 3:30 la plus belle intro de Welcome To The Jungle jamais réalisée. Evidemment, une poignée de fans stupides refusent d’admettre que Slash puisse se louper et mettront tout sur le dos du pauvre Matt Sorum, qui certes a du mal à se lancer à l’eau, mais qui peut lui en vouloir honnêtement ? Il faut reconnaître ça aux Guns, spécialistes du dérapage et de l’approximation : on savait quand leurs concerts allaient commencer, mais jamais quand ils allaient finir. Et ça c’est rock.

Les commentaires Youtube :
 
« 8 people didn’t know they were in the jungle. »
« I’m not sure why people think this is Matt’s fault. Listen to Slash’s intro, it is so badly off the beat that Matt couldn’t figure out where to come in. Matt came in late but only because Slash’s rhythm is so bad in this clip that he didn’t know when to come in. »

3. Metallica : Jump In The Fire

A partir de And Justice For All, Metallica commencera à insérer dans ses concerts des effets pyrotechniques. Au départ, ils sont surtout utilisés pour One, un titre pacifiste qui débute par des tirs de mitraillettes et des bruits de guerre, mais ils serviront aussi pour Enter Sandman, Blackened ou encore Creeping Death selon les tournées. Ici, c’est lors de l’intro de Fade To Black que James Hetfield joue avec le feu en passant trop près d’un jet de flammes de 4 mètres de haut ! Le chanteur souffrira de brûlures au troisième degré aux bras, aux mains, au visage et aux jambes. Le concert sera interrompu, les Guns N’ Roses qui partageaient l’affiche avec Metallica sur la tournée quittant également la scène peu après, et Hetfield sera remplacé à la guitare pour les derniers concerts par John Marshall, un technicien. Il assurera toutefois ses parties de chant, les bras revêtus de bandages.

Les commentaires Youtube :
 
« hehe.. lars’s voice is funny »
« larz sound jewish in the last part »
« hqppy bday james ! »

4. Beck : Loser ?

Sur ce hit planétaire joué au festival de Reading en 2003, Beck veut aller plus vite que la musique et oublie le petit break avant le refrain. Oups, il se retourne vers ses musiciens et heureusement son batteur envoie la sauce avec les cymbales pour remettre en selle le chanteur. Comme pour Slash un peu plus haut, certains fans s’en prennent pourtant à celui qui tient les baguettes alors que c’est lui qui remet le morceau sur les bons rails... ironique.

Les commentaires Youtube :
 
« Lets just all agree his bass player is a badass »
« thats what crystal meth does to you kids ! »
« when beck fucks up he only makes fucking up cooler »

5. Nirvana : Smells like fighting spirit

Difficile de démêler le vrai du faux dans cette vidéo qui date de 1991... apparemment, ce soir-là Kurt Cobain aurait détruit la nouvelle console de l’ingénieur du son, un type nommé Creyton, pendant le concert. Furieux de voir son matériel neuf endommagé, ce dernier vient alors se plaindre auprès du videur Turner Van Blarcum et lorsque Kurt se lance dans son stage diving, Turner en profite donc pour l’alpaguer et lui rendre la monnaie de sa pièce en lui tirant les cheveux (ce qu’on peut voir sur la vidéo). De quoi agacer Cobain, qui réplique par un bon coup de guitare dans la tronche. D’après le témoignage de Turner en personne, la violence du choc lui aurait fait perdre un peu conscience, si bien qu’il se souvient juste avoir beaucoup saigné et frappé Kurt. A la suite de quoi, comme on le voit, Dave Grohl et Kris Novoselic mettent fin - temporairement - aux hostilités. Temporairement seulement, car Van Blarcum (c’est quoi ce nom ?) revient à la charge à la fin du set : il se lance alors à la poursuite du taxi qui conduit le groupe, profite d’un arrêt pour briser le pare-brise à mains nues et mord le nez de Kurt Cobain ! Autour de lui, une meute de fans l’empêche de tuer la rock-star et le videur d’un soir retourne chez lui en continuant de perdre des litres de sang. Évidemment, la seule version connue reste pour l’instant celle de Turner, que vous pouvez lire in extenso grâce à son interview par le site anus.com. Je ne déconne pas, c’est la « American Nihilist Underground Society ». De là à dire que Turner est un trou du cul, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Les commentaires Youtube :
 
« Note to self : Don’t hit the bouncer with the guitar... well, only if your bass player is a giant... »
« pullin hair = guitar to the side of the face... basic math »
« Krist + Dave = BEST BANDMATES EVER. »

6. Josh Homme : Feel Good Hit Of The Summer

Sacré Josh, on ne sait pas s’il était ce jour-là sous nicotine, valium, vicodin, marijuana, ecstasy, and alcohol, ou si c’est la fièvre qui le rend irritable, mais le Elvis roux n’aime pas qu’on lui balance des trucs à la figure. Les insultes fusent plus vite que celles du capitaine Haddock : « pussy, fuckin’ fagget, motherfucker, miserable fuckin’ cunt, twelve-year old dickless fuckin’ turd », etc. Et le plus beau pour la fin : « I’m never too sick to fight ! » Finalement, le gamin est montré du doigt, poussé vers la scène par ses potes (?), offert en pâture à Josh, qui lui envoie quelque chose à la tête avant que les molosses de la sécurité n’emmène l’adolescent hors de la fête. Just another day at the office with Josh Homme, guys.

Les commentaires Youtube :
 
« Now maybe it’s because I’m a more laid back guy, but I would’ve handled this differently. »
« It’s a rare thing to find out who actually threw something and THAT DAY it was found out. »
« I would be honored to be kicked in the face by Josh Homme »

7. Henry Rollins : Pris en (Black) Flag’

Le chaton aime jouer avec papa chat. Lui donner des petits coups de patte pour le titiller, rigoler, s’amuser. Papa chat aime bien ça aussi, c’est vrai que c’est rigolo. Mais voilà que chaton pousse le bouchon un peu trop loin et met un mauvais coup. Papa chat se fâche tout rouge, sort les griffes et met une bonne fessée à son petit pour lui apprendre la politesse. Voilà comment on pourrait résumer cette vidéo de Henry Rollins en train de mettre une raclée à un fan. Ce dernier signe son arrêt de mort en voulant tirer sur le fil du micro, c’est clairement l’instant où Rollins n’a plus envie de déconner...

Les commentaires Youtube :
 
« I was at a Justin Beiber concert and Justin punched me just like this ! »
« man, slapping rollins is like sticking your dick in a wasps nest. you’re gonna get fucked up »
« Did any of his punches even land ? »
« That was the calmest fight I’ve ever seen »
« Who knew he was left handed.. »

8. Marilyn Manson : batteur, la place du mort

Sur scène, la star du goth s’est fait une solide réputation de casse-couille patenté à coups de caprices et sautes d’humeur. Il apostrophe la foule, balance des trucs à ses musiciens, quitte la scène parce que son micro n’est pas ouvert, etc. Dans cet extrait pourtant, tout allait bien. C’est en effet sans le faire exprès que Marilyn Manson envoie son pied de micro en pleine figure de son batteur Ginger Fish et l’assomme. Au moins, quand les Who pétaient leur matériel, ils ne le faisaient pas sur Keith Moon, qui n’avait besoin de personne pour s’évanouir tout seul. Bref, vous verrez donc comment un batteur met du temps avant de s’effondrer, puis le silence total. Et les roadies qui viennent chercher Ginger pour le transporter à l’hôpital...

Les commentaires Youtube :
 
« twiggy really helped the situation there. »
« That is why they have two drummers, just in case Manson knocks one out »
« Man those were the days »

9. Keith Moon : Substitute

Voici un épisode fameux de l’histoire des Who. Pendant la tournée de Quadrophenia en 1973, Keith Moon, qui absorbait toutes sortes de drogues et buvait comme un trou, ne tenait vraiment debout qu’un soir sur deux. Ce qui devait arriver arriva donc : un jour, il s’évanouit pour de bon. Peu avant, le batteur fou avait consommé un mélange de brandy et de tranquillisant pour cheval ! Pas étonnant donc s’il s’écroule une première fois, puis une seconde après être revenu sous l’effet d’une bonne douche froide et d’une injection de cortisone, obligeant Townshend à mendier un batteur dans le public avec son célèbre « can anyone play the drums ? » La suite est connue, le jeune Scot Halpin, 19 ans, se proposera et sera conduit par le promoteur Bill Graham sur la scène. Guidé par Townshend, il jouera trois morceaux avec les Who, ce qui lui fera dire avec admiration plus tard : « J’ai joué juste trois chansons avec eux, et j’étais mort ! » Keith Moon mourra cinq ans plus tard à cause d’un autre mélange de médicaments et d’alcool, qui cette fois le laissera dans les vapes éternelles. Scot Halpin, lui, est décédé en 2008.

Les commentaires Youtube :
« I’m surprised none of the commenters asked whether the group played »Substitute« later in the set. »
« Man, talk about a Spinal Tap moment. »

10. Keith Richards : Le riff qui tue

En général, Keith Richards est un plutôt une bonne pâte. Il ne faut juste pas le faire chier. Nous sommes en 1981, et comme le rappelle un internaute, John Lennon s’est fait dézinguer il n’y a pas si longtemps que ça... résultat, les rock stars deviennent parano, plus ou moins à juste titre. Dans son autobiographie, le guitariste prétend qu’en réalité il a surtout eu peur que le fan s’en prenne à Mick Jagger. Voyant que la sécurité était trop loin d’eux, il a décidé d’agir avec sa sainte guitare. Car, tenez-le vous pour dit, Keith fait tout avec sa guitare. Quant au type qui monte sur scène, il voulait son quart d’heure de gloire, il l’a eu.

Les commentaires Youtube :
 
« That guy was just desperately trying to get some satisfaction. »
« In an interview Keith said you’ve got seconds to decide what to do, is he a fan ? is he a nutter ? as he got a knife or a gun, do i sign an autograph or kiss him ? »
« a scar is way better then an autograph.. :) it’s with you for life »

BONUS :

Treponem Pal : Stouquette

Tout simplement l’un des moments cultes de Nulle Part Ailleurs. Invité dans la partie live de l’émission, le groupe de metal indus français Treponem Pal joue son titre Renegade et en profite pour faire une petite surprise aux animateurs, au public et au CSA : un type déguisé en femme se déhanche et se déshabille petit à petit, jusqu’à finir à poil et faire l’hélicoptère avec sa bite. Gildas et Baffie en rigolent bien, mais l’histoire vaudra à Canal + un blâme du CSA, provoquant alors la mythique rengaine des Guignols. Les marionnettes prendront en effet un malin plaisir à jouer avec le personnage d’Alain De Greef en train de craindre une nouvelle « stouquette » en direct... Le groupe de metal sera en revanche un peu embêté de voir leur nom peu à peu associé uniquement à cet événement, alors qu’il ne résume pas vraiment leur univers. Nota : la vanne de Gildas à la fin de la vidéo fait référence au nom du groupe, Treponem Pal, qui vient de tréponème pâle, une bactérie responsable de la syphilis.



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