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Playlist hétéroclite

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par Yuri-G le 15 février 2011

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A Sunny Day In Glasgow
A Mundane Phonecall To Jack Parsons - A Sunny Day In Glasgow (Scribble Mural Comic Journal, 2007)

Revisiter les Cocteau Twins, OK, à travers une reverb hallucinogène et un empilement vertigineux de guitares. De préférence. Pour se sortir de ce merveilleux brouillard, il faudra avoir une volonté de fer.

The Auteurs
Married To A Lazy Lover - The Auteurs (After Murder Park, 1996)

De ce qui pourrait tout aussi bien être un slow lacrymal, Luke Haines tire une chanson franche, voire brutale. Steve Albini est à la production : forcément la batterie tape dur et la guitare crache un solo emporté. Mais pas assez pour freiner l’émotion, firmament romantique que Haines, de sa voix plaintive, tente d’atteindre. Il est en plein dedans.

Étienne Daho
Boulevard Des Capucines - Étienne Daho (L’Invitation, 2007)

Les paroles sont tirées d’une lettre de son père. Un père portant le même nom mais qui lui était presque inconnu. Plus d’un en France en aurait fait une ignominie FM larmoyante. Mais Daho choisit une production crépusculaire, de belles guitares vaporeuses (mince, on pense à Durutti Column) et se confesse avec une voix très claire. Franchement beau.

The Jackson 5
Maybe Tomorrow - The Jackson 5 (Maybe Tomorrow, 1971)

En manque de soul un peu fleur bleue, voici un morceau idéal. Les arrangements sont luxuriants comme il se doit, Michael chante avec tout l’éclat estomaquant de son enfance. Surtout, c’est une remarquable escalade dans l’émotion, impeccablement composée. On s’y laisse piéger à chaque fois.

Curtis Mayfield
The Other Side Of Town - Curtis Mayfield (Curtis, 1970)

Le voilà salement désabusé, Curtis. Sa voix délicate dépeint ici l’ombre des ghettos, l’échec et l’immoralité qui gangrènent les rues, l’indifférence générale. On serait anéanti par ce beau mais défaitiste réquisitoire, s’il n’y avait la sublimation de la musique. Une soul majestueuse, presque orchestrée comme un chant du cygne, avec harpe et cuivres divins. Waouh.

Giorgio Moroder
I’m Left, You’re Right, She’s Gone - Giorgio Moroder (From Here To Eternity, 1977)

Une moustache, un genre (Italo disco), une épopée. Après avoir lancé Donna Summer, Moroder déploie toute sa science des synthétiseurs et autres pulsations robotiques et parties de vocoder datées. On n’en apprécie pas moins l’insidieuse mécanique répétitive. « No Future », tu peux repasser.

Ennio Morricone
Percussivamente - Ennio Morricone (Psycho Morricone, 2001)

À la nuit tombée, une envie subite de m’infliger des sueurs froides. Maintenant, dans les 3 minutes qui suivent. Comment y parvenir ? Je pourrais plonger la tête dans un bac de glace puis aller regarder une tranche de vie de Confessions Intimes. Pourtant la solution la moins coûteuse mais tout aussi efficace sera de pénétrer dans cette petite symphonie menaçante, parfait basculement dans le malaise. Une parmi d’autres, dans cette compilation mettant en lumière les prodiges de Morricone dans le registre.

Paul The Girl
Tea In Autumn - Paul The Girl (Electro-Magnetic Blues, 2003)

Une ligne de guitare lancinante n’en finit pas d’accompagner le récit d’un rencard si horriblement normal qu’il en devient horriblement inquiétant. Paul The Girl chante comme Minnie défoncée à l’oxygène. Peu à peu, elle bascule dans la folie, terrible, avec des cuivres, des cris, un exorcisme. Drôle de moment, parano au dernier degré.

Bobby « Boris » Pickett And The Crypt-Kickers
Blood Bank Blues - Bobby « Boris » Pickett And The Crypt-Kickers (The Original Monster Mash, 1962)

L’instant est solennel : à tous ceux qui rêvaient d’entendre le grand-père Simpson ânonner sur un boogie tout ratatiné, sachez que votre obsession a été entendue.

Polvo
Time Isn’t On My Side - Polvo (Today’s Active Lifestyles, 1993)

Les enfants férus de lo-fi et de distorsions verseront une larme sur cette comptine. Les guitares déraillent sans cesse vers une beauté perturbée, maladive. Étrange petite chose rachitique.

Rollerskate Skinny
Speed To My Side - Rollerskate Skinny (Horsedrawn Wishes, 1996)

Perle de shoegaze-spaghetti. Rollerskate Skinny s’arme de beats traînants, de chœurs morriconiens tremblants et de guitares cramoisies pour embarquer dans le désert. C’est épique et ça finira évidemment très mal (très fort), droit dans un mur de feedback sanglant.

Sebadoh
Drag Down - Sebadoh (The Sebadoh, 1999)

Ce titre absorbe tout de suite par une noirceur entre deux eaux, jusqu’à sa conclusion lapidaire. Un peu hardcore, plutôt écorché, pas non plus exceptionnel, on n’arrive jamais à savoir exactement pourquoi il bouscule autant.

Squeeze
Pulling Mussels (From The Shell) - Squeeze (Argybargy, 1980)

Quelqu’un dira sûrement : ça sent les Beatles à plein nez, cette chanson. Oui oui. À l’époque, les influences n’étaient pas un problème. On savait les magnifier comme s’en détacher, sans arrogance, simplement. Ce titre est un bon exemple. Tout converge vers un songwriting à la McCartney, mais sans s’y sentir prisonnier. Squeeze écrivait de la pop « simplement », mais diable quelle perfection dans leurs guitares, quelle mélodie !

Stereolab
Metronomic Underground - Stereolab (Emperor Tomato Ketchup, 1996)

Une incursion en territoire krautfunk, guidée par une ligne de basse irrésistible. On ne se départit pas facilement de cette méticuleuse montée en puissance. La rythmique est hypnotique, les claviers peu à peu noyés dans des stridences digitales. Plutôt magistral.

The Strokes
Killing Lies - The Strokes (First Impressions Of Earth, 2006)

Constamment rapprochés de Television ou des Feelies, les Strokes ont pris les critiques au mot. Sur leur dernier album, ils produisent ce titre fiévreux, entrelacs de guitares tuantes avec batterie sur le fil (jeu adéquat de Fabrizio Moretti) et complainte enjôleuse de Julian Casablancas. Au top de leur savoir-faire, ils combinent une mélodicité inattaquable avec une anxiété totalement d’époque.

Supergrass
Grace - Supergrass (Life On Other Planets, 2002)

Sous influence (ici, les Who et le glam-rock) mais sans en faire de complexes, Supergrass écrit des chansons riches et enthousiastes, dont celle-ci pourrait être le dernier prototype entêtant. Le refrain est un petit hymne. On aimerait bien qu’une relève se pointe, dans le genre.

The Tammys
Egyptian Shumba - The Tammys (Egyptian Shumba : The Singles And Rare Recordings 1962-1964, 2001)

Dans le monde fabuleux des girls group, les Tammys devaient passer pour des psychopathes. À quoi rimait ce single de folles, avec des saturations, des distorsions non identifiables courant dans le fond, une batterie dégénérée, et où en prime elles poussaient des cris d’animaux, poussées par une violence délurée et stupéfiante ? Elles étaient forcément incontrôlables. Respect pour ces 2mn 30 d’ivresse abrutissante.

Ultramagnetic MC's
Break North - Ultramagnetic MC’s (Critical Beatdown, 1988)

L’âge d’or du hip-hop : un sens de l’épure bluffant. C’était des beats dépouillés mais fracassants, un accompagnement minimum (des crissements en boucle), enfin Kool Keith assurant une scansion morveuse et imparable. Pour finir, on montait d’un ton avec des scratchs ravageurs. Ciblé en un éclair.



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